Ces entreprises qui ne répondent pas aux candidatures !

Elles recherchent du personnel mais elles ne respectent pas les codes élémentaires de bonne conduite.
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Trouver un job ou le boulot de sa vie, c'est le quotidien de millions de français, aujourd'hui, jeunes, moins jeunes et séniors. Nous sommes en 2011. La crise est passée par là, le fossé des différences s'est un peu plus creusé entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas de travail. La pression est forte, la concurrence rude et l'avenir incertain.

Face à cette situation, les demandeurs d'emploi s'organisent, plus qu'ils ne se mobilisent encore, et la recherche d'emploi est souvent synonyme de solitude, de parcours du combattant et de "chacun pour soi". Internet, pourtant supposé être un rempart contre la solitude, ouvrant ses fenêtres sur le monde de l'emploi et sur ces innombrables jobboards, sur lesquels il est possible de configurer des alertes correspondant à l'emploi recherché sur un secteur défini (Monster.fr, RhôneAlpesjob.com, jobrapido.fr, indeed.com, keljob.com...), enferme souvent et paradoxalement les "offreurs de compétences" dans une logique de découragement et d'incompréhension, voire de grave dépression. Les offres sont bel et bien là et les demandeurs d'emploi postulent mais force est de constater que les réponses aux candidats se font attendre.

Une entreprise qui reçoit 300 cv ne peut pas répondre à tout le monde !

C'est une fin de non recevoir à laquelle ces demandeurs d'emploi sont habitués. Pourtant, de nombreux outils de gestion de recrutement existent sur le marché et, d'un clic, rien de plus simple que d'envoyer un mail type à toutes les candidatures non retenues, qui ont été stockées dans le logiciel magique qui a permis de les trier au préalable, de les évaluer et d'en dénicher la perle rare. Or, si les entreprises ne sont pas toutes équipées de ces logiciels de pointe ou que leurs collaborateurs ne sont pas assez formés en matière de recrutement efficace, elles ne se rendent pas toujours compte qu'en plus du gain de temps et d'argent, donc de contraintes limitées dont elles pourraient tirer profit, elles ont aussi une responsabilité morale à se conformer aux règles d'éthique vis-à-vis des postulants. Dans une société de l'image et des chartes de bonne conduite, qui ne sont pas seulement un effet de mode mais bien un ensemble de réponses à des problématiques sociétales, elles courent le risque de se voir, tôt ou tard, mal cotées et décriées sur la place publique. France Télécom, Renault, BNP Paribas, "autant d’entreprises touchées et dénoncées pour leurs méthodes « particulières »". Certes, il s'agit là de "méthodes montrées du doigt parmi les grandes entreprises du CAC 40, c’est-à-dire celles qui réalisent toujours plus de profits" comme l'indique Aurélie Gaspard, Master Marque et Management de l'Innovation Iscom. Mais, les PME, qui recrutent à une échelle plus locale ne sont pas à l’abri d’un retour de bâton.

Celles qui passent en boucle

Quoi de plus décourageant que de répondre à une annonce et que d’attendre sans écho, pour finalement constater que l’emploi sollicité n’a pas été pourvu et que le poste refait surface ? Les entreprises se plaignent de ne pas trouver de personnel mais quel est le pourcentage de candidats contactés pour un entretien ? On peut toujours argumenter que certains profils ne sont pas convaincants, ce qui dans une certaine mesure peut se vérifier, mais les recruteurs ne devraient-ils pas être eux aussi plus organisés ? Quand un chef d’atelier qui cherche un job de chef d’atelier répond à une annonce correspondant au profil de chef d’atelier, on est en droit de se demander pourquoi il n’est pas contacté et pourquoi l’annonce repasse sur les écrans quelques semaines plus tard. Invoquer un certain nombre de raisons tangibles à ce curieux phénomène est toujours possible, s’il n’était pas récurrent dans les propos de nombreux chercheurs d'emploi.

Un autre phénomène dans l’air du temps : les annonces bidon ! Pur produit du marketing ?

Quel moyen de communication pourrais-je mettre en œuvre, à coût réduit, si j’étais responsable du marketing ou dirigeant d’entreprise, pour mettre en avant ma boite ? Et bien, je pourrais par exemple créer et diffuser sur le net une série d’annonces d’emploi, fausses, avec tout ce que je propose en terme d’avantages et de confort dans ma société, et ainsi me faire ma pub à l’œil, rendre visible mon nom, mon logo et épater mon ou mes concurrents qui se diraient : « dis donc, ça marche bien chez machin, t’as vu ils recrutent plein pot ! ». Info ou intox ? Difficile d’avoir des certitudes mais des doutes subsistent... Il n’y aurait alors que le demandeur d’emploi qui pensait avoir trouvé un espace en bonne santé qui finirait par en tomber malade.

Toutes les entreprises ne se comportent pas ainsi, heureusement. Et certaines font de leur mieux pour coller au programme d’un management global de qualité, ayant une vision presque écologique du recrutement en cela qu’elles organisent un tri méthodique, ne laissant rien au hasard et en prenant soin de cultiver leur image jusqu'au bout.

Au pays du "vivre ensemble", ceux qui cherchent un emploi et qui le font consciencieusement, ont le sentiment d’être les seuls à devoir se remettre en question en permanence : obtenir une réponse à sa candidature, comprendre pourquoi l'on n'a pas été retenu après un entretien...De là à imaginer qu’un jour, on leur expliquera réellement en quoi leur profil n’était pas en adéquation avec le poste, il faudra sans doute encore attendre.

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