Holy Curse et Cow Boys From Outerspace à Marseille

C'est la dernière tournée des Holy Curse, une tournée qui passait par la Machine à Coudre à Marseille en compagnie des Cow Boys From Outerspace.

Ce jeudi 26 mai à la Machine à Coudre à Marseille était un jeudi rock'n roll. S'y produisaient en effet les Holy Curse, représentants d'un genre que l'on croyait disparu, le rock High Energy à la MC5, Radio Birdman, Saints mais aussi les Cow Boys From Outerspace qui invoquent les démons du rockabilly, les Cramps, la transe psychédélique.

Cow Boys From Outerspace

Les Cow Boys From Outerspace existent depuis 12 ans maintenant. Ils sont enregistré pas moins de 6 albums et joué près de 600 concerts. Autant dire qu'ils sont expérimentés. Pourtant, ils ne font pas la une des magazines spécialisés. Il faut dire que leur musique n'est pas spécialement du « easy-listening » mais lorgne plutôt du coté hanté du rock. On en veut pour preuve leur dernier album ( Super Wight Dark, Wight ) produit par le Vietnam Veterans, Lucas Trouble, avec l'hommage au guitariste disparu des Stooges, Ron Asheton : « Ray Ban & Maltese Cross », référence à la croix de Malte et aux Ray Ban arborées par Asheton sur la pochette du second album des Stooges et après. Sur scène, on pense parfois aux Cramps, à Link Wray, le mythique guitariste indien (cf.« Rumble ») mais aussi aux Sonic Youth et même aux plus sauvages délires hallucinés. Petite précision, ce groupe n'est pas un groupe anglais ou américain mais marseillais.

Holy Curse

Le deuxième groupe de la soirée, les Holy Curse est composé de Éric,chant, Sonic Polo,guitare, Vinz, basse,Gooloo, batterie. Le groupe existe depuis 1993. Vinz et Éric en sont les fondateurs. Ils ont été rejoint, il y a 12 ans, par Gooloo et Sonic Polo. C'est la dernière tournée du groupe avant leur séparation. Elle se termine mi-juin à Paris. La première raison de cette séparation c'est une raison géographique, les uns vivent à Paris (Eric, Vinz), les autres à Marseille (Polo), Orléans (Gooloo). Éric avoue aussi un certain découragement après 18 ans d'existence : « il est difficile de se renouveler musicalement après autant de temps et puis il y a aussi le problème des circuits, des réseaux de salles susceptibles de programmer des groupes tels qu'Holy Curse. Ceux-ci n'ont pas accès aux salles de capacité moyenne, de 300 à 500 personnes. Peut-être parce que ces salles sont subventionnées et pratiquent une programmation consensuelle. Dans ce cadre, la musique des Holy Curse est trop radicale, pas assez à la mode, trop rock'n roll. C'est la même chose pour les Cow Boys From Outerspace". Pourtant, constate Eric « il existe une scène rock vivace. Beaucoup de groupes partagent un esprit commun ».

High Energy

Coté influences, les membres du groupe ont des goûts divers. Éric, le chanteur, écoute beaucoup de soul 60's en ce moment, le batteur est encore plus éclectique, le bassiste est dingue des groupes australiens des 80's, quant à Sonic Polo, il avoue une grosse influence Radio Birdman. Ils citent aussi les Stooges, le MC5, les Ruts, la scène australienne, les Flamin' Groovies et le Sonic Rendez Vous Band dont ils reprennent régulièrement des titres. Ce sont Vinz et Éric qui écrivent les morceaux, des morceaux qu'ils définissent comme des vignettes de la vie quotidienne. Cependant tous insistent sur le fait que leur musique se construit ensemble et qu'après un certain temps personne ne sait qui a fait quoi sur tel morceau. Leur cinquième et dernier album s'intitule : Take It As It Comes . Il est sortit sur le label de Caen, Turbo rock et est disponible en CD et vinyle. On peut aussi le trouver chez Lollipop à Marseille. Il a été produit par le légendaire Rob Younger (Radio Birdman, New Christs) qui a longtemps officié pour le label Citadel Records et pour les Died Pretty. Le groupe a aussi une stature internationale : ils ont tourné en Italie, au Japon, aux USA. Pas mal pour ces représentants de la High Energy à la française.

Live

Sur scène, les Holy Curse ne font pas de quartier et délivrent un show sauvage et engagé. Bien sur les influences pré-citées sont assumées mais aussi dépassées. La guitare de « Sonic Polo » est à la fête et délivre des soli tranchants comme des lames de rasoir, la voix d’Éric se pose naturellement sur la rythmique sans faille de la basse de Vinz et de la batterie de Gooloo. On pense bien sur au rock australien des Saints et autres New Christs, Lipstick Killers, Celibate Rifles, Hoodoo Gurus mais aussi parfois aux Doors pour les titres mid-tempos envoutants.

En conclusion, on dira que cette soirée était excitante et que l'on souhaite en revivre d'autres de ce calibre. On ne peut que se féliciter de l'existence d'endroits tels que La Machine A Coudre où il est possible de constater que le rock'n roll dans toutes ses variantes est vivant et bien vivant.

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