La Machine à coudre : rock machine à Marseille

Oui, le rock existe à Marseille. A la Machine à Coudre. Où l'on peut écouter et voir les Irritones et la Keith Richards Overdose et bien d'autres encore...

La Machine à coudre est l'un des lieux essentiels du rock à Marseille depuis 1995. Il est géré par l'association Le Coton Tige créée au début des 90's par Phillipe Jazzarin. Cette association ouvre alors un lieu de concert au nom éponyme où se retrouvent rue Saint Antoine, dans le quartier du Panier, les amateurs de rock, de world music, de reggae, de musique brésilienne. S'y produisent le guitariste de flamenco Antonio Negro, des groupes rock comme Sepher, Akim Ammadouche, futur musicien de Rachid Taha, Jagdish, compagnon de route du Massilia Sound System. Dans la même rue s'installe Le Labyrinthe , géré par le photographe Jean De Pascal, plus rock.

Déménagement

En 1994, Le Coton Tige émigre rue Jean Roque dans le haut de la rue d'Aubagne. Phillipe Jazzarin et son associée Béatrice Rossinière nomment le nouveau lieu La Machine à Coudre . La programmation plutôt reggae, world, évolue avec l'arrivée dans l'équipe de Jean De Pascal qui a quitté les platines de l'Unic Bar où il officiait. En 2007, Phillipe Jazarin rejoint le paradis des rockers mais l'aventure continue grâce, notamment, à Claire qui s'est employée à ce que la machine continue à coudre...

Dans cette petite salle constituée d'un bar et d'une scène qui peut accueillir de 100 à 150 personnes se produisent des pointures comme Marky Ramone, rescapé des Ramones originaux, Denis Tek ex Radio Birdman, , Shultz ex Parrabelum, Porte Menteaux.

Programmation ouverte

Lorsque l'on se rend à La Machine à Coudre pour y boire un verre et s'asseoir à l'une des tables ornées de machines à coudre, on peut y voir et entendre des groupes punks de toutes obédiences et nationalités tels que le punk sixties de Thee Hamstrz, la power-pop des suisses The Rebels of Tijuana, le rock garage de Shiva and the Dead Men, le punk hardcore des P 38. Bon, on ne peut pas dire que tous ces groupes squattent le haut des hit-parades mais il est important qu'un tel lieu où des découvertes sont possibles existe.

Rock à Marseille

Outre le rock garage et punk international, s'y produisent aussi des groupes français et marseillais. Le rock à Marseille n'a jamais eu l'importance ni les effectifs du rock lyonnais, bordelais, toulousain ou parisien mais il existe bel et bien. Et la Machine est l'endroit où il existe à Marseille. On en veut pour preuve les concerts de groupes tels que les Irritones et Keith Richards Overdose.

Irritones

Les Irritones fondés sur les cendres encore chaudes des Hatepinks, Holy Curse, Aggravations ne sont pas exactement des petits nouveaux dans le paysage musical punk rock français. Les Irritones proposent un show brulant, rageur, excitant. Ils jouent un rock très 77 dans l'esprit mais qui se démarque de la reproduction pure et simple par des influences Radio Birdman, MC5, Stooges. Les morceaux sont courts, enlevés et enchaînés à un train d'enfer. Lors de la même soirée du 29 avril se produisaient les punks américains Neon Maniacs qui avaient, certes, de bonnes intentions mais en sont resté là. Scéniquement et musicalement parlant, les Irritones ont enterré la concurrence ce soir là. En première partie, il y avait The Calvities qui contrairement à ce que leur nom pourrait suggérer ne sont ni cinquantenaires dégarnis, ni anglais ou américains mais marseillais. Ce trio est mené par un guitariste d'à peine 18 ans, habité, qui mêle habilement rythmes à la Buzzcocks, stridences pychédéliques, twang guitare à la Ivy Rosarch (Cramps). Leur marge de progression est grande et s'ils arrivent à se forger une identité musicale propre, nul doute qu'ils feront parler d'eux dans un avenir proche.

Keith Richards Overdose

Les Keith Richards Overdose, outre leur patronyme provocateur (Keith Richards n'a jamais – officiellement – fait d'overdose), sont issus de la même mouture que les Irritones, en l’occurrence les Hatepinks auxquels il faut ajouter un ex Neurotic Swingers au chant. Sur son site internet , le groupe se réclame du rockabilly déjanté de Charlie Feathers, des Sonics, du rock garage en général. Sur scène, le son du groupe évoque parfois les Heartbreakers de Johnny Thunder. Leur rock garage joué à 100 à l'heure par des musiciens expérimentés emporte l'adhésion. On pense à frénésie de la Jim Jones Revue, à la noirceur des Lords Of Altamont. Bref que du bon. Le groupe vient de sortir son premier album disponible à Marseille dans l'un des seuls magasins de disques indépendant à n'avoir pas été écrasé par le rouleau compresseur Fnac, Virgin, Lollipop.

Lors de la même soirée du 7 mai se produisaient les Italiens de Movie Star Junkies qui proposaient une musique que l'on peut rapprocher du Pere Ubu du 1er album, de Captain Beefheart et même de Can pour le coté drone. Ceci est la preuve de l'éclectisme de la programmation de la Machine à Coudre et aussi que c'est un lieu qui mérite le détour.

Il faudrait encore citer d'autres groupes marseillais comme Electrolux, les Cows Boys From Outerspace, qui se produisent régulièrement à la Machine,et bien d'autres encore qui pourraient constituer une scène marseillaise. Toujours est-il que la Machine à Coudre est l'endroit où vous pouvez les apprécier et pour pas cher (7 € l'entrée en moyenne). Si vous aimez votre rock brulant et original et passez par Marseille, n'hésitez pas à vous rendre rue Jean Roque, vous ne serez pas déçus.

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