Radio Birdman : attaque sonique sur l'Autralie

Radio Birdman fût l'un des précurseurs avec les Saints et les Missing Links de la fertile scène australienne indépendante des 80's.
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Guitares incandescentes, rythmes furieux, look sulfureux, vocaux à la fois mélodiques et puissants, normalement Radio Birdman avait tout pour plaire mais... Mais comme tous les précurseurs, il était en avance sur son temps ce qui, en matière de vente de disques, n'est pas la meilleure option. Mais, on est en droit de penser que ce n'était pas la première préoccupation de Denis Tek (guitare) et de Rob Younger (chant) lorsqu'ils forment le groupe mi 1974.

Les débuts.

Younger et Tek recrutent alors Pip Hoyle au piano, un musicien classique, le bassiste Carl Rorke vite remplacé par Warwick Gilbert et le batteur Ron Keeley, n'oublions pas le guitariste Chris Masuak qui succède à Pip Hoyle. Le groupe tire son nom d'un passage de « 1970 » des Stooges. De fait, Younger et Tek veulent jouer une musique anti-commerciale. Ils s'inspirent pour cela principalement du MC5 et des Stooges mais aussi du Blue Oyster Cult auquel ils reprennent l'idée du logo. Ils vont plus loin que BOC en portant des brassards ornés de leur sigle ce qui ne manquera pas de les faire accuser de tendances fascistes comme BOC.

Le culte

Très rapidement, le culte du groupe se propage dans l'underground australien. Les gens commencent à s'habiller différemment, arborent le symbole de Radio Birdman et fréquent le pub de Taylor Square à Sydney : The Oxford Funhouse. C'est le début de la scène punk de Sydney. Les shows furieux du groupe ne sont pas pour rien dans cet engouement auquel il faut ajouter le fait qu'ils jouent une musique que l'on n'entend nulle part ailleurs à l'époque.

Radios Appears

A partir de la Funhouse comme base d'opérations, le groupe enregistre un EP Burn My Eye (1976) et son 1er album Radios Appears (1977). A sa sortie le disque est plébiscité par la critique : l'édition australienne de Rolling Stone lui attribue cinq étoiles. Cet album est un joyau où se télescopent influences sixties (cf. La reprise de « You're Gonna Miss Me » du 13th Floor Elevators), influences Stooges (reprise de « TV Eyes »), et même surf (eh oui, on surfe en Australie, cf. « Aloha, Steve & Danno »). Il y est aussi question d'une nouvelle race « New Race », de la main de la loi « Hand Of Law » ou de meurtrières nuits urbaines, « Murder City Nights ». Le son est un mélange heureux du Blue Oyster Cult des deux premiers albums avec une large louche de Stooges et de MC5 époque High Time , le tout dominé par les guitares chauffées à blanc de Denis Tek et de Chris Masuak. Un album fondateur. Un album qui ne marche pas. A cela plusieurs raisons :

  • il est ignoré par les radios commerciales
  • il paraît sur un petit label : Trafalgar Records
  • même après que Trafalgar Records ait cédé les droits à WEA pour une plus large distribution, la promotion ne suit pas
  • il est aussi possible que les fans n'aient pas retrouvé la férocité et la spontanéité des concerts du groupe

L'envers de la médaille

Après la sortie de l'album, la scène punk commence à attirer des éléments troubles, en clair des Hells Angels. Et qui dit Hells Angels dit bagarres dont une en 1977 qui vaut au groupe d'être blâmé pour les violent incidents qui se produisent alors. Radio Birdman décide de faire un break et ne revient sur scène qu'un an et demi après. Vient ensuite une tournée européenne qui fait long feu car leur compagnie de disque de l'époque, Sire Records, a des difficultés financières et les vire du label.

Radio Birdman enregistre son second album, Living Eyes , en 1978 puis se sépare peu après. Il ne paraitra qu'en 1980 après la disparition du groupe. Pourtant même s'il n'a existé que pendant 4 ans Radio Birdman a marqué au fer rouge le rock australien.

L'après Birdman

Chacun des anciens membres a joué ensuite dans d'autres gangs : Younger a formé les New Christs, Tek, Hoyle et Keeley The Visitors, Chris Masuak et Warwick Gilbert, The Hitmen. Il faut aussi citer New Race avec Younger et Gilbert qui comportait aussi dans ses rangs Dennis Thompson, ex batteur du MC5 et Ron Asheton, le légendaire guitariste des Stooges. Radio Birdman s'est reformé brièvement en 1996 et 1997 puis en 2006, a enregistré un dernier album Zeno Beach avant de tirer un trait définitif sur l'aventure en 2008.

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