Reverend Beat-Man à la Machine à Coudre

Dans l'enfer du rock n' roll avec un drôle de révérend dont la mission est de vous faire danser !

Ils ne sont pas si nombreux les artistes suisses à pouvoir voir leur nom inscrit sur les tablettes de l'excellence rock. Pourtant, c'est la très protestante et prude Suisse qui a produit ce monstre : un révérend dégénéré dont les prêches s'abreuvent à la source du blues le plus rugueux comme celui de Howlin' Wolf ou du rythm 'n blues dérangé d'un Screamin ' Jay Hawkins.

Un sermon d'enfer

Ce vendredi soir 03/06/2011 à Marseille, à la Machine à Coudre, ils étaient nombreux à être venus voir et écouter les prêches incendiaires du révérend. Dans leur grande majorité, les fans de psychobilly et de rock garage-punk étaient de sortie. Autant dire qu'ils ne sont pas venus pour rien. Le révérend apparaît vers 11 h et c'est un miracle : l'homme tout de noir vêtu tel un pasteur, le crane rasé à l'exception d'une longue mèche blonde qui lui bat le visage s’assoit derrière un kit de batterie rudimentaire puis se saisit d'une guitare électrique Gibson demi-caisse. Et c'est parti pour plus d'une heure de blues près de l'os, frénétique, saturé, déjanté.

Transe mystique

Le Révérend n'a aucun mal à mettre le public dans sa poche malgré les limites de la formule one-man band, homme orchestre. D'une part, il y la voix, une voix à la Howlin ' Wolf, grave, râpeuse, graveleuse, puissante, une voix dont il se sert comme d'un instrument. D'autre part, il y le jeu de guitare, simple, boogie, exalté qui rappelle parfois ce que faisait George Thorogood mais avec une bonne dose de punkitude ajoutée pour faire bonne mesure. On peut aussi rapprocher le Révérend d'un John Lee Hooker du coté de l'économie de moyens utilisés pour une excitation maximum. Rapidement, le prêcheur met le public dans sa poche avec des tueries telles que « Jesus Christ Twist » ou « I See The Light », un talking blues où le Révérend raconte l'histoire très particulière de sa famille. Citons encore « The Beat Man Way » où la voix passée au papier verre du Révérend fait merveille. Le public a répondu avec ferveur et foi aux prêches du Révérend avec un pogo d'enfer. Après le rappel, la salle sentait encore la chaleur et la transpiration de cette transe mystique si particulière.

Qui est-il ?

Mais qui est ce révérend si étrange ? Eh bien, il est né en 1967 en Suisse. Il fonde son 1er groupe à l'âge de 13 ans, Taeb Zerfall. En 1984, il commence à se produire sous le nom de Lightning Beat- Man. En 1986, il a son propre groupe : The Monsters. En 1999, le Lightning Beat-Man devient le Reverend Beat-man. N'oublions pas le label qu'il a créé en 1992, Voodoo Rythm, où il fait paraître ses sermons mais aussi les œuvres d'artistes comme The Giants Robots, The Dead Brothers, King Automatic et même des groupes connus internationalement tels que King Khan And His Shrines ou The Del Gators. Sur son site internet , le Révérend se définit comme non seulement un homme-orchestre mais, et surtout, comme une Mission, la Mission de l'église du Blues Trash.

Si vous désirez en savoir plus et découvrir ce pasteur qui reprend les choses là où les avaient laissées les Cramps du 1er album, vous devez courir chez votre disquaire préféré et faire l'acquisition en urgence de ses deux derniers opus qui datent de 2007 : Surreal Folk Blues Gospel Trash vol 1 et Surreal Folk Blues Gospel Trash vol 2. Ensuite, il ne vous reste plus qu'à danser jusqu'à épuisement sur le « Jesus Christ Twist ».

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