The Dowliners Sect : entrez dans la secte !

Plus sauvages que les Rolling Stones et les Pretty Things en 1964, ça existe ? Oui, The Dowliners sect !

De tous les groupes qui se sont inspirés du rythm 'n' blues américain à la suite des Rolling Stones et des Pretty Things, nul doute que The Dowliners Sect furent l'un des plus radicaux. Ce qui les caractérise avant tout est leur énergie et leurs vocaux puissants même si le tout manque d'originalité et que le groupe a cruellement manqué de compositions originales.

De Dowliners à Dowliners Sect

L'histoire de la secte débute à Twickenham, dans la banlieue de Londres, en 1962. C'est là qu'un certain Mick O'Donnell forme un groupe qu'il nomme les Dowliners d'après le titre de la chanson de Jerry Lee Lewis « Down The Line ». Cette première mouture se sépare fin 1963. Les rescapés, 0'Donnell et le batteur Johnny Sutton passent alors une annonce pour recruter des musiciens. Se présente un certain Keith Evans, batteur de son état. Il est engagé mais comme bassiste. Puis le nom du groupe change, l'ajout de Sect lui donne un consonance plus mystérieuse et disons-le, plus rock'n roll.

Rod Stewart et Steve Marriott veulent entrer dans la secte

La première formation, Don Craine (guitare rythmique, vocaux), Keith Grant (basse, vocaux), Johnny Sutton (batterie), Terry Gibson (guitare solo) se met rapidement à écumer les salles de concert et clubs londoniens. Le groupe devient vite connu pour être un des meilleurs groupes de rhytm 'n' blues comparable aux Rolling Stones et aux Yarbirds. Il joue une musique sans concession mais avec humour. C'est à cette époque que Don Craine commence à porter sa casquette à la Sherlock Holmes sur scène et pour les photos du groupe.

On dit même que Rod Stewart et Steve Marriott auraient demandé à faire partie de la secte. De son coté Van Morrison déclare à l'époque que "The Dowliners Sect ça le fait !". Le premier enregistrement du groupe est composé de « Cadillac » de Bo Diddley et de « Roll Over Beethoven » de Chuck Berry et date de 1963 mais ne sera commercialisé que dans les 80's. De fait, le premier disque connu est un EP enregistré live au Rock Club Studio 51 de Londres, auto-financé et tiré à 400 exemplaires. Un disque qui devient vite très demandé et se retrouve sur la play list de la radio pirate suédoise, Radio Syd. C'est le début de la popularité de la secte en Suède.

Devenez un maniaque de la secte

Mi-64, la secte s'enrichit d'un harmoniciste, Ray Sone. Puis vient le 1er album du groupe pour Columbia, The Sect . Il est composé de 14 titres, des reprises dans leur majorité mais avec deux compositions originales mémorables : « Sect Appeal » et « Be A Sect Maniac » avec sa rythmique imparable à la Bo Diddley. Pendant la même période, The Dowliners sect enregistre le titre qui va assurer leur popularité en Suède : une version du « Little Egypt » des Coasters. Il se classe n° 2 au hit-parade suédois.

Au printemps 1965, l'harmoniciste Ray Sone est viré. Motif : en retard aux concerts. Arrive alors Pip Harvey et une tournée en Suède qui les voit jouer au Ice Stadium de Stockholm devant 10 000 personnes. Ils sont aussi les vedettes d'une émission de la télévision suédoise où ils interprètent 4 titres. A cette période de leur carrière, ils sont en passe de passer du stade d'espoirs à celui d'artistes connus et confirmés mais ils font une erreur stratégique grossière : ils sortent un album composé majoritairement de titres country & western. Avec 5 ans d'avance pourrait-on dire. Évidemment, ça ne marche pas.

Chansons dérangées

C'est aussi en 1965 que paraît le EP The Sect Sing Sick Songs avec notamment « I Want My Baby Back » qui raconte l'histoire d'un jeune couple qui a un accident de voiture après avoir assisté à un concert de Dowliners Sect. La fille décède et le garçon fou de douleur ouvre le cercueil et s'y allonge pour être plus près de sa bien-aimée. Si l'on ajoute à cette morbide histoire, le son des pelles qui creusent le sol et celui du cercueil qui s'ouvre et se ferme, on a toutes les raisons pour lesquelles la BBC a interdit de diffusion le titre.

Où est Pip Harvey ?

Le chant du cygne de la secte se situe pendant l'été 1966 où elle publie son meilleur single « Glendora » (repris par les Slickee Boys). Mais l'harmoniciste Pip Harvey quitte le groupe dans des circonstances qui méritent d'être narrées. Le groupe était sur la route pour un concert et devait prendre Harvey devant chez lui. Ils arrivent. Personne. Ils attendent. Personne. Jusqu'à ce qu'un voisin leur dise qu'Harvey s'était enfui parce que la police le recherchait ! C'est la dernière fois que le groupe entendit parler d'Harvey avant que l'un d'entre eux ne le rencontre 20 ans plus tard...

Amputé de l'harmonica, le son de la secte n'était plus aussi convaincant et malgré un album, The Rock Sect In, elle ne parvint pas à retrouver un second souffle. De plus Terry Gibson et Johnny Sutton quittent le navire. Il y aura une Don Craine's new Dowliners Sect fin 1967 avec un certain Matthew Fisher (futur Procol Harum) au piano électrique. Mais cette adaptation aux temps psychédéliques ne convaincra personne et fin 1968, la secte est dissoute définitivement.

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