Astérix et Obélix contre César : Depardieu, Clavier, Claude Zidi

Dans ce film de 1999, Depardieu, Clavier et les autres font honneur aux personnages de Goscinny et Uderzo mais sans jamais faire oublier le charme de la BD

Tourné avec un budget de 42 millions d’euros, le premier film d’acteurs relatant les aventures du plus célèbre héros gaulois a réuni Claude Berri (producteur), Claude Zidi (réalisateur), Gérard Lauzier (scénariste), Jean-Jacques Goldman ( Elle ne me voit pas )…. Et une pléiade d’acteurs connus et enthousiastes de se retrouver en l’an 50 avant Jésus-Christ !

L’empereur Jules César

Réalisé par Claude Zidi ( L’Aile ou la cuisse , Les Sous-doués , Les Ripoux …) Astérix et Obélix contre César s’ouvre par une présentation de l’envahisseur romain incarné par trois chefs : le «grand», Jules César (Gottfried John, un acteur shakespearien) ; le «moyen», Détritus (Roberto Benigni, auteur de La Vie est belle ) et le «petit», Caius Bonus (Jean-Pierre Castaldi, le père de l’animateur).

Cet envahisseur tient la Gaule sous sa coupe à l’exception d’un petit village d’irréductibles moustachus dans lequel le spectateur pénètre avec une excitation proche de celle de l’enfant qui découvre ses cadeaux de Noël…

D’abord parce qu’il le connaît ce village, pour l’avoir vu cent fois en page 4 de sa BD favorite. Ensuite parce qu’il le trouve magnifiquement reconstitué en studio, dans l’Essonne, à La Ferté-Alais. Enfin parce qu’il est peuplé de personnages qu’il est aussi agréable de reconnaître que le nom de leur interprète…

Palmade, Sim, Laetitia Casta…

Et c’est ainsi qu’on découvre :

  • Pierre Palmade en Assurancetourix, le barde qu’on bâillonne dès qu’il chante ;
  • Le narrateur des Shadoks Claude Pieplu en Panoramix (le druide) ;
  • L’adjudant-chef de Saint-Tropez Michel Galabru dans le rôle du chef Abraracourcix ;
  • La femme dudit chef, l’interprète principale de Bagdad Café , Marianne Sägebrecht ;
  • L’auteur d' Elle est chouette ma gueule , l'inénarrable Sim (Agecanonix) ;
  • et sa jeune et adorable épouse, Arielle Dombasle (Mme BHL à la ville)…

Un piège dans la forêt

Toutefois, quand il apparaît à l’écran dans la forêt avec son meilleur ami, Obélix n’est point touché par Cupidon… Seuls les sangliers rôtis et les Romains à castagner l’intéressent. D’ailleurs concernant ces derniers, il se plaint de ne pas en avoir vus depuis 15 jours…

Il va être servi car, lassés d’être régulièrement rossés, quelques soldats ont préparé un piège qui, au moyen d’immenses rochers, doit enterrer vivant les deux énergumènes qui leur donnent tant de fil à retordre…

Daniel Prévost en faux devin

Bien sûr, tous ces Gaulois se disputent pour des peccadilles : la fraîcheur des poissons, par exemple, un sujet récurent ! Ou l’attitude à adopter concernant le stock d’or qu’ils ont dérobé au collecteur romain via un coup tordu conçu par un faux devin mais vrai roublard, le sieur Prolix (Daniel Prévost, dans son élément).

Bien isolé dans cette affaire, Astérix s’oppose à ce que cet or reste au village car il pense qu’il va y attirer le malheur. Mais ses concitoyens n’ont point cette hauteur de vue… Abraracourcix non plus, qui s’imagine pouvoir lever grâce à lui une armée et vaincre César.

Quand la démocratie choisit l’argent

Evidemment, sentant ses troupes prêtes à le suivre, le chef décide de passer au vote… et Astérix, seul à refuser l’argent, doit s’incliner…

Ceux qui aiment à tirer des lois de ce qu’ils observent – et qui s’intéressent aux sciences politiques - en concluront que la démocratie – pouvoir du plus grand nombre – peut entériner des idées moralement mauvaises (l’or a été volé à l’Etat !) et trompeuses pour le peuple (Prolix, évidemment, récupérera «son» bien).

Quant à ceux qui prennent pour argent comptant les paroles d’Abraracourcix, ils classeront Astérix à gauche puisque c’est de ce côté que le chef gaulois a placé ceux qui souhaitaient rendre l’argent…

Neuf millions d'entrées !

Plein de rebondissements, le scénario de Claude Zidi va conduire les Romains à kidnapper Panoramix, obligeant ainsi Astérix et Obélix à infiltrer le camp de César pour libérer leur druide préféré.

Si les acteurs sont excellents, les effets spéciaux le sont également et les Romains s’envolent bien dans les airs à chaque fois qu’Obélix et Astérix leur envoient un coup de poing !

En 1999, ravi de voir ses personnages de BD préférés incarnés par les acteurs les plus populaires du pays, le public français a répondu présent à l’appel : neuf millions d’entrées ! Et chaque (re)diffusion à la télévision attire du monde !

Enfin, signalons que deux autres Astérix ont suivi dans les salles obscures, avec des budgets colossaux: Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002, 50 millions d’euros) et Astérix aux jeux Olympiques (2008, 78 millions d’euros de budget).

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