Hyper Tension 2, Jason Statham, Amy Start et David Carradine

Avoir un coeur artificiel oblige parfois à vivre à cent à l'heure ! C'est le cas de Chev Chelios dans cette suite fort pêchue mais entachée de vulgarité...
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Dans la série « On ne change pas une équipe qui gagne !», Hyper Tension 2 permet de retrouver le musculeux Jason Statham ( Le Transporteur ) dans le rôle de l’increvable Chev Chelios et sa petite Amy Start ( Eve Lydon ). Sans oublier le très flegmatique docteur Miles (Dwight Yookam) qui, une fois de plus, est mis à contribution car Chelios a de sérieux problème avec le cœur artificiel que des mafieux chinois lui ont installé à la place du vrai…

Deux batteries

Ce cœur artificiel intégral est équipé d’une batterie interne qui prend le relais quand la batterie externe est en rade : «Elle se charge alors à distance par le biais du système de transfert d’énergie transcutanée, explique le «doc» au téléphone. Y’a deux bobines: une interne, une externe, elles transmettent l’énergie magnétique à travers l’épiderme sans en altérer la surface…»

Si, dans le 1er film, la survie de Chev était liée aux sécrétions d’adrénaline, elle dépend cette fois du bon chargement de son cœur artificiel, que notre héros va assurer toutes les dix minutes environ via différents moyens : câble de batterie de voiture (avec pinces sur le téton et la langue, aïe !!!), taser (que la police utilise en pensant le calmer…), collier électrique pour chiens (permettant à Statham de jouer les toutous…), doigt dans l’allume-cigare, etc.

David Carradine

L’explication de ce retrait cardiaque ? Chev ayant survécu au fameux poison – le cocktail de Pékin - qu’elle lui a inoculé dans le 1er épisode, la mafia chinoise en a déduit qu’il s’agissait d’un être d’exception, invincible. C’est pourquoi son vieux chef vénéré, Poon Dong (David Carradine dit Kung Fu , dans l’un de ses derniers rôles), a choisi le corps de Chev pour refaire le sien…

Car les mafieux en blouse blanche qui examinent Chelios n’ont pas l’intention de s’en tenir au cœur: ils veulent aussi ses poumons, son pancréas, sa vessie et… une «commande spéciale» qui ferait de lui un castrat…

Mark Neveldine et Brian Taylor

C’est du reste cette menace qui va faire bondir Chelios de son lit d’hôpital pour tenter de retrouver – et le plus vite possible ! – son vrai cœur (sa « p. de tarte à la fraise », comme il l'appelle), qu’un escroc semble avoir emporté dans une glacière…

Et c’est parti pour 120 minutes de folie qui s’achèvent par une dernière image laissant supposer qu’un Hyper Tension III est déjà programmé…

Mais avant cette supposition, le spectateur a vingt fois constaté que les réalisateurs Mark Neveldine et Brian Taylor ont repris tous les ingrédients qui leur ont permis de cartonner avec Hyper Tension : le corps musclé de leur héros, les formes parfaites de sa petite amie, leur coït devant un public aux anges, les baisses de régime du «malade» et ses retours à la vie, etc.

Le tout filmé à un rythme d’enfer qui évoque les jeux vidéo, le grand dada des californiens Mark et Brian…

Un téléphone portable

Outre cette impression de déjà vu, ce même spectateur ressent une autre déception, une lassitude plutôt, liée aux propos et scènes d’une grande vulgarité qui émaillent ce deuxième épisode qui, il est vrai, ne se déroule ni dans les couloirs de l’Académie française ni dans ceux du Vatican…

Passe encore qu’une Chinoise mature, après avoir examiné Chélios sur son lit de malade, constate que la nature l’a gâté (« Toi belle grosse queue anglaise, ça c’est étalon ! ») avant de lui enfoncer le thermomètre dans le derrière…

Passe encore qu’une danseuse nue, Eve en l’occurrence, sorte son portable de son string vu qu’il s’agit de sa tenue de travail et qu’elle ne saurait se passer d’un téléphone

Péripatéticienne et sodomie

Mais certaines scènes n’élèvent point l’âme, c’est le moins qu’on puisse dire… On pense à celle de la sodomie du gros noir (avec un fusil trempé dans l’huile de vidange, aïe, aïe, aïe !), celle où la péripatéticienne chinoise (Bai Ling) s’acharne à détruire les «petites burnes» de son énorme maquereau, celle où une lesbienne nue commence à lécher Eve dans la voiture et celle, entre autres, où un mafieux soulage sa vessie sur Chelios…

Si l’on ajoute à ces scènes un arrachage de téton, un coude scié et un vocabulaire de charretier particulièrement grossier, le spectateur se dit in petto deux petites choses :

- bien qu’adultes, les auteurs semblent dans l’impossibilité de dépasser le stade anal ;

- bien que mené tambour battant, Hyper Tension n°2 ne saurait avoir sa place dans la vidéothèque où parents et enfants trouvent de quoi les réunir devant le magnétoscope…

Dommage ! nombre de scènes le méritent...

Une question, pour finir : jusqu’où descendra Hyper Tension 3 ?

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