Je Suis Une Légende, avec Will Smith en docteur Robert Neville

Signée Francis Lawrence, cette troisième version du roman SF culte de Richard Matheson bénéficie de nombreux effets techniques impressionnants...
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C’est à New York et non à Los Angeles que celui qui se croit le dernier homme normal sur terre, le docteur Robert Neville (Will Smith), tente de trouver, dans son laboratoire personnel, le vaccin qui sauvera l’espèce humaine du virus ayant tué 90% de la population (5,4 milliards de personnes) et transformé le reste du troupeau en zombies qui se sont empressés de mordre le 1% de personnes miraculeusement immunisées. Question : Robert réussira-t-il la grande œuvre de sa vie ?

Emma Thomson

Les premières images de la version de Francis Lawrence nous présentent une interview télévisée du docteur Alice Krippin – Emma Thompson (criante de vérité, comme toujours) - toute fiérote d’annoncer au monde entier qu’elle a vaincu le cancer grâce à une recette miracle puisée dans le virus de la rougeole…

Mais trois ans plus tard, aïe ! dès les premières images de New York, le spectateur comprend qu’il y a eu un sérieux problème quelque part et que l’existence avait du bon avant la découverte du docteur Kippin…

Des vues de New York uniques

Dans Le Voyage au bout de la nuit , Céline décrit New York comme «une ville debout» ; en contemplant les vues de la Grosse Pomme dans Je Suis Une Légende , le spectateur parlera, lui, d’une ville déserte ; une ville sans vie où la végétation prend ses aises au milieu de la chaussée, sur les trottoirs… Une ville avec un pont de Brooklyn détruit !

C’est du jamais vu au cinéma : la 5e Avenue sans âme qui vive ! Mais soudain une voiture déboule à toute allure au milieu des oiseaux. Will Smith est au volant avec, à ses côtés, un berger allemand dénommé Samantha, et un flingue…

Les zombies ne sortent que la nuit !

Le conducteur poursuit des gazelles en appuyant sur le champignon… Puis il descend dans la rue où il prend le soin de viser une proie jusqu’à ce qu’une lionne s’en empare férocement pour la dévorer sous les yeux d'un témoin qui fait froid dans le dos, son compagnon, le roi des animaux…

Mais le pire reste à venir, qui ne sort que la nuit : des zombies allergiques à la lumière, des milliers de zombies qui doivent ce triste sort au «virus Krippin»… C’est pourquoi, chaque fin d’après-midi, à la tombée de la nuit, Robert Neville ferme avec le plus grand soin les fenêtres de sa maison et veille à ce que personne ne sache qu’il habite à Washington Square…

Will Smith joue avec sa propre fille Willow

Bien sûr, quelques flash back permettent de comprendre le pourquoi du carnage et de cette solitude voulue par le scientifique – miraculeusement immunisé - qui a préféré rester à New York pour trouver le vaccin («Je ne vais pas laisser cette saleté se répandre ! ») et laisser sa femme Zoe (Sally Richardson) et sa fille Marley quitter la ville en hélicoptère, lequel se fracassera quelques minutes après…

A propos de Marley, signalons que Will Smith qui, cette même année 2007, avait déjà donné la réplique à son fils Jaden dans A la Recherche du Bonheur joue cette fois avec sa propre fille, Willow…Quelle famille d'artistes !

Rendez-vous à South Street Seaport !

Depuis ce départ définitif, trois ans déjà, Robert vit avec son chien et chaque jour lance une bouteille à la mer ainsi formulée : «Je m’appelle Robert Neville. Je suis un survivant. Je vis à New York. J’émets sur toutes les ondes courtes. Je serai à South Street Seaport tous les jours à midi, quand le soleil est au plus haut dans le ciel. Si vous m’entendez, si quelqu’un m’entend, j’ai de la nourriture, j’ai un refuge, vous serez à l’abri. Si quelqu’un m’entend, n’importe qui ! je vous en supplie, vous n’êtes pas seul…»

La seule chose qu’on puisse dire, c’est qu’une femme l’entendra, une certaine Anna (Alice Braga) qui, par la grâce de Dieu (elle en est convaincue !), arrivera au bon moment : le soir où, devenu suicidaire après la mort de Samantha, Robert affronte les zombies avec sa voiture…

Vincent Price et Charlton Heston

Elle le sauvera mais… silence radio pour ceux qui n’ont point encore vu cette troisième adaptation qui vient après The last man on earth avec Vincent Price (1964) et The omega man avec Charlton Heston (1970).

Digne de ce ses prestigieux prédécesseurs, Will Smith joue de manière crédible le rôle de Bob Neville, un homme seul et qui, le jour de son anniversaire, donne un drôle de conseil à son chien : «Ecoute, si tu as prévu une fête ou une surprise, dis-le moi maintenant, parce que tu sais que j’aime pas les surprises ! »

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