La Légende de Zorro avec Catherine Zeta-Jones et Antonio Banderas

En 2005, sept ans après avoir été adoubé par Anthony Hopkins dans "Le Masque de Zorro", Antonio Banderas redevient le célèbre justicier aux yeux bandés.

En 1850, via un vote historique, le peuple pauvre et désespéré de la Californie est sur le point de devenir le 31e maillon des Etats Unis d’Amérique. Mais une organisation – Les Chevaliers d’Aragon - dirigée par un aristocrate français (Rufus Sewell) est prête à tout pour faire capoter l’opération. Heureusement, Zorro va reprendre du service et faire triompher la démocratie…

Fairbanks, Power, Delon…

Ce nouveau Zorro de Martin Campbell ( Casino Royale , GoldenEye , Vertical Limit …) est sorti sept ans après le très réjouissant Masque de Zoro (1998) dans lequel Anthony Hopkins jouait le rôle titre avec un panache qui faisait oublier ses prédécesseurs : Douglas Fairbanks (1920), Tyrone Power (1940) et Alain Delon (1974).

Sans oublier celui de la série télé diffusée en France dans les années 60, Guy Williams.

L’Etat de Californie

Dans La Légende de Zorro , le justicier est donc incarné par le gendre de Hopkins, l’époux de la charmante Elena (Catherine Zeta-Jones) qui, dix ans après leur mariage, souhaite que son cher et tendre laisse enfin son masque et sa cape à la cave pour ne plus s’occuper que de sa famille.

Eh oui, le petit Joaquin (Adrian Alonso) ne voit jamais son père !

Ce souhait intervient après la première scène d’action dans laquelle Zorro, plus bondissant que jamais, a sauvé l’urne ayant permis à son village de s’exprimer très majoritairement en faveur du rattachement à l’Oncle Sam.

L’amour du peuple !

Une fois encore, il a fait preuve de bravoure et de maestria tant avec son épée que son fouet, et tant sur le plancher des vaches que sur un pont… Mais, au fait, pourquoi tant de bravoure alors que ses proches ne sont pas inquiétés ? En clair, qu’est-ce qui fait marcher Zorro ?

Le bonheur du peuple, bien sûr ! Une entité que le justicier au visage masqué place au-dessus de tout contrairement à l’écrivain Jacques Chardonne qui, dans Le Bonheur de Barbezieux (1938), se montrait pour le moins sceptique : « J’ai eu le peuple pour voisin, presque toute ma vie, et je crois que les vertus que l’on attribue volontiers au peuple, que ce trésor caché dont certains attendent un renouveau de l’humanité, sont des chimères ou une flatterie. »

Rufus Sewell en aristocrate

Madame de La Vega n’ayant point obtenu de son mari qu’il abandonnât son rôle de justicier, elle quitte le domicile conjugal, demande le divorce et, trois mois plus tard, au cours d’une réception fastueuse dans une propriété sublime, s’affiche aux bras du maître de maison, un aristocrate français qui souhaite la demander en mariage..

Dépité, l’ancien mari s’adonne alors à la boisson et entame un numéro de looser qui agacera ceux qui aiment que Zorro ait de la tenue… De son côté, Joaquin reproche à son père de ne s’être jamais battu !

La nitroglycérine

Mais heureusement pour le spectateur qui ne veut point d’un héros dépressif, Zorro va reprendre le chemin du combat à grand spectacle car il vient de découvrir le plan secret de son rival : faire sauter la région via « un composé treize fois plus puissant que la poudre à canon » : la nitroglycérine…

Et c’est reparti pour d’innombrables cascades qui permettront à chaque membre de la famille de La Vega de se dépenser pour la bonne cause (le rattachement de la Californie aux Etats-Unis, le message est franchement poussif) et, au final, à Madame et à Monsieur de se remarier…

Zorro démasqué pour la première fois !

Souvent rediffusé à la télévision, ce film a pour lui de nombreux atouts : des images superbes (toutes tournées au Mexique : la Californie d’aujourd’hui est par trop différente de celle de 1850 !), des numéros de cascadeurs palpitants (notamment la scène du train, à la fin), un scenario bien conçu (et tenant compte du fait - inhabituel - que Zorro, ayant perdu son masque lors de la première scène d’action, a dévoilé son identité à quelques personnes qui sauront en tirer parti… ).

Un cheval qui a le sens de l’humour

Toutefois, malgré ces qualités et le beau visage de Catherine Zeta-Jones (quel veinard, ce Michael Douglas!), quiconque a apprécié Le Masque de Zorro restera sur sa faim. A moins qu’il n’aime particulièrement les chevaux ayant le sens de l’humour…

Car celui de Zorro en a à revendre! Il fume, boit de l’alcool et refuse d’avancer quand son maître lui parle en américain. Ce dernier devra utiliser l'espagnol, sa langue naturelle ! D’où ce conseil d’Antonio Banderas: «Si tu n’te mets pas aux langues étrangères, tu resteras toute ta vie un paysan !»

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