Comment trouver les moyens de financer sa croissance ?

Pour prendre le train de la relance économique, les entreprises doivent disposer de CASH, car la croissance est très fortement consommatrice de trésorerie.
9

La reprise économique est un facteur de croissance pour les entreprises.

La reprise économique est annoncée pour les mois à venir –ou du moins est-elle fortement espérée. Les entreprises doivent se préparer à profiter pleinement de ce nouvel élan et à faire la différence par rapport à leurs concurrents, en France comme à l’étranger. De nouvelles opportunités économiques pourront être saisies si elles disposent de capacités financières suffisantes. Comment doivent-elles en interne optimiser leurs trésoreries pour être présentes le moment venu ?

L’optimisation de la trésorerie est un préalable pour que la progression du chiffre d’affaires soit durable.

Pour répondre à la question de l’optimisation permanente de la trésorerie, il faut se rappeler quelques principes de base de la mécanique financière. Trois notions sont fondamentales :

· le fonds de roulement (FDR)

· le besoin en fonds de roulement (BFR)

· la trésorerie au sens large, qui est la différence entre le fonds de roulement (FDR) et le besoin en fonds de roulement (BFR).

La structure financière de l’entreprise doit être stable.

Le fonds de roulement (FDR) se définit comme étant la masse financière laissée dans l’entreprise pour financer l’exploitation. Lorsqu’une entreprise investit dans ses immobilisations (terrains, bâtiments, machines, gros matériels, matériels de transport…) elle recourt au financement des banques et elle complète par des apports personnels sur ses propres deniers, les établissements financiers ne prêtant jamais 100% des sommes demandées. La différence entre l’ensemble de ces financements (capitaux propres + capitaux empruntés) et les immobilisations, est le FDR. On voit bien que cette notion est structurante et qu’elle est stable dans le temps. Les variations qu’elle connait sont celles liées à la variation de valeur des immobilisations nettes ou à la variation des capitaux permanents (capitaux propres + capitaux empruntés) du fait de remboursement des emprunts par exemple, ou de la progression des résultats de l’entreprise lorsqu’ils ne sont pas distribués.

L’exploitation de l’entreprise doit être financée.

Le besoin en fonds de roulement (BFR) se définit comme étant le besoin financier que nécessite le modèle économique de l’entreprise et son exploitation. Dans son fonctionnement quotidien, l’entreprise réalise des ventes ou des prestations de services, qui ne seront payées qu’ultérieurement (délais de paiement). Pour ce faire, elle doit acheter des biens ou des services (en bénéficiant d’un délai de paiement ) qui seront stockés un certain temps jusqu’à ce que la vente ou la prestation soit réalisée. Le BFR d’exploitation se calcule ainsi en ajoutant, le total des créances non encore encaissées au montant des stocks, diminués du total des factures fournisseurs non encore payées. On voit bien que le BFR est très volatile puisqu’il peut considérablement varier si les créances clients progressent de façon importante, tout comme les stocks, ou si les fournisseurs ne veulent plus accorder de délais de paiement à l’entreprise. On voit bien aussi que cette notion est totalement liée au secteur d’activité : une entreprise industrielle connaîtra un besoin en fonds de roulement plus ou moins important selon son cycle de production; une entreprise du négoce devra être particulièrement attentive à ses stocks ; une entreprise de services n’aura pas les mêmes préoccupations car son BFR ne reposera que sur ses créances clients.

La trésorerie de l’entreprise représente son degré d’indépendance par rapport aux banques.

La trésorerie de l’entreprise est ainsi structurellement liée aux variations de l’exploitation. Optimiser la trésorerie c’est optimiser de façon durable le BFR. Le levier d’optimisation du BFR le plus important et le plus efficace est celui des paiements clients. Tout retard de paiement se traduit par une augmentation du BFR, donc une diminution de la trésorerie. Rechercher la performance financière passe bien par la parfaite maîtrise du cycle d’encaissement des créances clients ( La LME est d’ailleurs un facteur d’amélioration durable sur ce thème)

La croissance du chiffre d’affaires fait naître un besoin en trésorerie.

Dans le calcul du BFR on a vu que le poids du portefeuille de créances clients est considérable et le chef d’entreprise doit disposer de ratios (indicateurs sous forme de rapport entre deux grandeurs ) pour suivre l’évolution des indicateurs clés afin de garder la maîtrise de sa gestion.

Si l’entreprise connait une croissance de 20%, on comprend bien que le BFR va lui aussi progresser de 20%, toutes choses étant égales par ailleurs.

Prenons un exemple : Soit une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 360 000

Son BFR est de 10 jours de chiffre d’affaires soit 10 000 soit (360 000/360 jours par an =1 000*10=10 000)

Son FDR est par exemple de 11 000

Sa trésorerie sera donc de 1 000 (FDR 11 000 – BFR 10 000 = 1 000)

L’entreprise se développe de 20% : quelles sont les conséquences ?

Chiffre d’affaires 360 000 *20% = 432 000

BFR 10 jours soit 12 000 (432 000/360 = 1200 * 10= 12000)

Son FDR ne variera pas en fonction de la croissance

Sa nouvelle trésorerie sera donc de -1 000 (FDR 11 000- BFR 12 000 = - 1 000)

Ainsi on ne peut parler de croissance du chiffre d’affaires qu’en traitant le financement de la croissance.

Les banques et établissements financiers proposent des produits pour financer ce développement (par exemple grâce à l’affacturage ). Mais en tout état de cause, l’entreprise doit conserver une qualité de gestion irréprochable, pour que son BFR ne connaisse pas dans le même temps une détérioration, ce qui pourrait alors compromettre la croissance et mettre l’entreprise en danger.

Sur le même sujet