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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Voyage et évasion, ici et là-bas... l'insolite et le pratique

Découvrir Marrakech, regard culturel et poétique sur la cité ocre

Marrakech est peut-être la plus intemporelle et envoûtante destination qui soit, aux portes de l'Atlas et du désert, promesse de fabuleuses découvertes.

Terre de dieu, terre de parcours, terre de rencontre, carrefour culturel et religieux, carrefour économique d’hier et d’aujourd’hui, la Ville rouge ouvre ses portes vers un sud mystérieux que l’imposant Atlas semble rendre inaccessible. Marrakech se rêve et s’imagine, Marrakech vous imprègne de ses légendes, hypnotise de ses effluves épicées, de ses bruissements de vie, de cris et de prières. Marrakech vous habite, prégnance des grands de ce monde qui y ont laissé leur ombre. Marrakech vous appelle bien avant, vous hante bien après… jusqu’au « reviens », inévitable !

Non, Marrakech ne se vit pas. Marrakech est une ogresse délicieuse qui offre bien plus que cela. Il suffit juste, une fois, de se laisser porter par elle, sans à priori, sans crainte, sans programme ; ainsi la séductrice vous touche à jamais. Voilà le vrai secret de la cité du sud. (*)

Marrakech… Que dire sur elle qui n’aurait déjà été dit ?

Tout, bien sûr. Et c’est à chacun de l’écrire, de le peindre, de le chanter. Car après tout… si tant d’artistes, d’écrivains, de stars du showbiz et d’hommes d’Etat viennent comme ils sont venus et reviennent comme ils reviendront, c’est que peut-être chacun sait devoir y percer le mystère de son envoûtement certain, sans jamais y parvenir.

Tout de l’histoire des lieux, tout des promesses d’avenir laisse croire qu’ici rien ne changera, rien ne sera jamais pareil… que tout peut arriver, que des larmes de joies peuvent se mêler à celle de la mélancolie.

Bien sûr, des images surgissent qui nous emportent comme dans un film d’Orson Welles, ou un Lawrence d'Arabie façon David Lean ; et, quelques rues plus loin, que s’imposent des ambiances étranges, en clair obscur, à la Pedro Almodovar… illusions. Ici, personne n’est conquérant, personne n’ai vaincu, et chacun peut tour à tour pousser ses états d’âme jusqu’à sentir le pinceau vibrer dans sa main, à la manière Winston Churchill, ou se laisser charmer, badaud ordinaire, sur une extraordinaire Jemaa el-Fna.

Partout la magie opère pour qui sait la saisir, au bon moment, au bon endroit

À l’heure où les ombres furtives glissent au-delà de la cour inondée de lumière, la medersa Ben Youssef offre sa splendeur de joyau architectural arabo-andalou. Mieux, plus que cela, des dentelles de plâtre sculpté, des portes somptueusement décorées, sourde la ferveur de tous ceux qui, ici, on élever leur esprit. Plus loin aussi, la Qoubba Almoravide, dernier vestige des Almoravides, résonne encore de quelques bruits d’eau, des ablutions de croyants se rendant à la mosquée.

Alors les pas nous mènent, bien sûr, vers la Koutoubia, aux 17 nefs, dont le minaret au décor différent sur ces quatre faces s’impose en majesté au dessus des frondes des palmiers.

Les palmiers, bien sûr… plus surement ceux de la palmeraie, Phoenix aux silhouettes étranges, morts ou vivants témoins des sables omniprésents… qui jouent à l’infini, graphiques, des ombres de leurs palmes.

Plus tard, c’est au coucher de soleil que se reflète les cimes enneigées de l’Atlas dans le bassin de la Menara, paisiblement, loin du tumulte de la médina, au milieu des oliviers… par milliers.

Les couleurs changeantes d’une aube nouvelle se savourent dans les jardins de l’Agdal, parmi les généreux grenadiers et orangers, en fruits, en fleurs parfumées… là, si près du Palais royal.

De souks en Palace… le fantastique opère

Souk des babouches, souk des tapis, souk El Khemis et plus étrangement, plus déroutant pour l’occidental, la place Rahba Kedima pour découvrir quelques vendeurs de scorpions secs, ou de sangsues ! Mais on peut aussi chercher les mausolées des marabouts vénérés, les tombeaux Saadiens, d’autres sanctuaires aussi.

Et puis, et puis… la légende est aussi dans cette oasis luxuriante, l’incontournable palace ; la Mamounia. À deux pas du cœur battant de la cité, lové à l'intérieur des remparts, ce fleuron de l’hôtellerie internationale contribue largement à sa manière à la magie de Marrakech. Là, comme dans la Médina où ils ont déambulé, le souvenir est omniprésent d’un Charlie Chaplin, d’un Jacques Brel ou d’un Charlton Heston. De Barbara Hendricks à Elton John, de Yves Saint-Laurent à Jean-Paul Gauthier, de Franklin Roosevelt ou du général de Gaulle à Nelson Mandela, Jacques Chirac ou Hillary Clinton, le gotha planétaire s’enivre de la magie des lieux. Et le mystère s’épaissit, paroxysmique, pour qui part en quête des soupirs d’Albert Hitchcock tournant ici certaines scènes de L'homme qui en savait trop.

Ainsi, Marrakech ne se définit pas, et qu’importe que les lieux soient connus ou pas, que les gens soient célèbres ou pas… partout des odeurs, des sons, des couleurs, Marrakech est sensorielle. Et les ocres des murailles, se laissent rythmer de claquements quand glottorent les cigognes. Alors, la citadelle s’ouvre au fantastique, à l’histoire, au plein de plénitude. Ici, il y a des vérités qui vous font aimer les hommes ; Il y a des nourritures de l’esprit.

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(*) article rédigé avec l'appui du site officiel de Marrakech et le site de La Mamounia

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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