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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Chauffage au bois, comprendre pour bien choisir, ce qu'il faut savoir

Différences entre bûches, plaquettes, granulés et bûches compressées

Le combustible bois est vendu sous différentes formes. Apprenez à les connaître pour faire le bon choix de chauffage aux niveaux économique, pratique, énergétique

La biomasse bois est historiquement exploitée sous forme de bûches en rondins ou quartiers pour le chauffage. Elle a connu une vraie diversification dans sa préparation et son conditionnement pour nos appareils de chauffage, ces derniers évoluant en parallèle pour offrir la meilleure adéquation possible entre combustion et production d’énergie calorifique. 

Bûches bois brut, bûches bois compressé, plaquettes de bois, granulés de bois 

Les critères les plus cruciaux pour la qualité d’un combustible bois sont sa densité et son taux d’humidité. Certains bois sont naturellement très denses (charme, chêne, frêne…) et, bien séchés dans les règles de l’art, sont naturellement d’excellents combustibles. Ils sont utilisables tels quels en quartiers de refente et très énergétiques sans aucune transformation. Exploités et utilisés là où ils sont présents dans les bois, ils représentent le combustible le plus économique qui soit, pour peu que vous faisiez vous-même votre bois de chauffage où que vous le fassiez livrer fraichement coupé et en grande dimension (1 ou 2 m), que vous débiterez et ferez sécher chez vous.

Mais l’industrie du bois (scieries, fabriques de parquets ou de meubles, etc.) fournit énormément de déchets qui ont longtemps été ignorés. L’idée de déchiqueter les résidus grossiers a fait naître le produit « plaquettes de bois », un produit grossièrement calibré et assez fluide pour être utilisé en silo et permettre une combustion automatisée. Cet avantage notable (puisqu’il n’y a plus besoin de recharger manuellement chaudières et poêles) fut une grande avancée pour le chauffage au bois dans les logements collectifs, les entreprises et autres grands locaux notamment. C’est toujours un produit économique (le plus économique de tous dans bien des régions) et intéressant pour peu que l’essence de bois soit de bonne qualité.


Pour les bois moins denses, le procédé de compression des déchets permet artificiellement de créer des bûches compressées, ce qui en accroît notablement le pouvoir calorifique. C’est un produit très propre, très maniable, très calibré, bien sec, qui vient enrichir la gamme des bûches naturelles. Comme ces dernières, elles doivent être chargées manuellement, mais s’utilisent par contre telles quelles, dès la livraison, sans temps de séchage. Leur prix élevé doit être mis en corrélation avec leur pouvoir calorifique d'une part, et prendre en compte leur propreté (bien utile dans le cas de manutention et transport passant dans des lieux collectifs (hall, cage d'escalier...). Ce type de bûche s'utilise dans des contextes différents de ceux des bûches naturelles. 

Un autre procédé est né de l’utilisation des sciures : le granulé de bois (ou pellet). La compression des particules fines de bois est une véritable révolution pour l’utilisation de tous les bois, puisque cette compression densifie et assèche les matériaux, les transformant alors en combustible performant. Ainsi, tous les déchets résineux jusque-là délaissés ont trouvé un excellent débouché. Comme les plaquettes, les granulés permettent une automatisation totale du chauffage. Très calibré et fluide, ce produit se comporte bien en silo trémie ou à vis. Performant s’il est sec, il est plus économique acheté en vrac (parfait pour les chaudières) que lorsqu'il est vendu en sacs (à n'utiliser que pour des poêles d'appoints, par exemple). 

Bois énergie, les équivalences 

Prenons un exemple pour comparer les trois principaux combustibles bois (granulés, plaquette, bûches) en quantité nécessaire, coût moyen annuel et émission de CO2. 

Dans le tableau ci-après, Les chiffres valent pour une maison de 150 m2 chauffés, normalement isolée selon RT en vigueur, située en climat moyen de la France continental et pour environ 15.000 kWh de chaleur fournie (chiffre correspondant en moyenne aux besoins annuels. Les combustibles sont considérés secs et de bonne qualité. Les données relatives aux émissions de CO2 sont des valeurs calculées de manière globale en intégrant l’intégralité de la filière, depuis l’exploitation du combustible jusqu’à sa combustion, via sa transformation, son transport, etc. 

À titre de comparaison nous indiquons les valeurs moyennes pour le fioul domestique. Même en 2020, ce comparatif reste une base utile puisque les données sont relatives. Seule la fluctuation du prix du fioul peut changer la donne, mais le fioul n’est pas sans poser de problèmes ! 


Naturellement, ces chiffres sont inadaptés aux Bâtiments Basse Consommation, par exemple, et doivent être modulés aussi selon les habitudes de chacun et surtout selon les régions : à augmenter en zone froide ou de montagne, à diminuer en zone à climat hivernal doux. 

Le combustible bois le moins cher n’est pas forcément celui qui a le prix le plus bas ! 

Cette apparente aberration est pourtant une réalité. Vous l’aurez compris, beaucoup de variables entrent en ligne de compte pour que le combustible soit idéal sur tous les plans. Outre le fait des contraintes éventuelles (rechargement manuel ou pas, stockage en silo ou pas, accessibilité pour les livraisons…) qui sont propres à chaque lieu de chauffage et perçues différemment selon les personnes, il y a des données plus palpables de manière globale. 

Ainsi, un granulé à bas prix est généralement insuffisamment sec. C’est un mauvais combustible, peu performant, tout autant que peut l’être un bois « vert ». Il en faut plus pour chauffer aussi efficacement qu’avec un produit de qualité un peu plus cher. De plus, il est primordial de se souvenir que le prix du bois (et de ses divers conditionnements) varie très notablement d’une région à l’autre en France, et selon les saisons (moins cher au printemps et fraichement coupé). Le prix de livraison est aussi très variable selon le conditionnement, l’accessibilité et les distances.

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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