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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Science - conscience de la nature, de la connaissance à la philosophie

Étonnant arbuste, l'arbre aux faisans, Leycesteria formosana

Tiges creuses, fleurs bizarres, forme inhabituelle, le « chèvrefeuille de l'Himalaya » est tout à la fois beau, original, sans chichi et facile à cultiver !

Leycesteria formosa ou Leycesteria formosana, est un arbuste de la même famille que les chèvrefeuilles (Caprifoliacées), sans pourtant leur ressembler. Il est originaire d’Asie, de la chaine himalayenne et n’est pas très abondant dans nos jardins. Pourtant, il ne demande pas grand-chose et convient à ceux qui n’aiment pas trop jardiner !

Leycesteria formosa : arbuste rustique à croissance rapide, un atout !

Pouvant atteindre jusqu’à 2 m de haut, il se trouve couramment à des hauteurs comprises entre 1 min 40 s et 1 m 80. Peu encombrant en volume, il fait partie des meilleurs arbustes qui soient pour décorer un coin de jardin un peu « naturel » ou « sauvage ». Et il ne s’appelle pas arbre aux faisans pour rien : ses fruits, des baies noires dans une enveloppe pourpre, font le régal de beaucoup d’oiseaux notamment les faisans qui semblent attirés par le parfum et le goût de caramel. Et en plus, les fruits sont beaux !

Leycesteria possède un feuillage très particulier d’un très beau vert qui peut présenter des nuances grisâtres ou bleuâtres suivant l’exposition et la nature du sol.

Bien que très résistant au gel (-20 °C, voire moins), plus l’hiver est froid, plus il est à feuillage caduc. Par grands gels, une partie des tiges peuvent geler, mais la plante repart abondamment du pied, et les tiges sèches se taillent facilement. Par hiver doux, il garde la plupart de ses feuilles. Un peu bambou, un peu plante vivace, un peu arbuste, son aspect et sa croissance autant que son port restent étonnants ! Et sa croissance est rapide si les conditions lui conviennent.

L’arbre aux faisans… une culture facile

Un sol fertile, bien drainé à pH acide, neutre ou même calcaire ; une exposition plein soleil en climat océanique, ou dans les deux tiers nord de la France, à mi-ombre dans le Midi, son implantation ne pose aucun souci particulier. Curieusement, il convient mieux dans un massif de grandes vivaces que parmi d’autres arbustes. Seul il est aussi parfait.

Il se plante de l’automne au début du printemps, mais il apprécie toujours un bon paillage au pied. En effet, sa seule exigence est vraiment d’avoir une terre à la fois légère et fertile, mais bien pourvue en matière organique et fraiche. Dans ces conditions, les semis spontanés ne sont pas rares, de quoi ravir les amis jardiniers. Mais attention toutefois : dans certaines conditions (assez rares en France) il se ressème très facilement, trop même. Dans ces conditions, pour le respect de l’environnement, évitez d’en donner des pieds, car la propagation de l’espèce pourrait être peu contrôlable ensuite s’il se dissémine en milieu naturel. Ailleurs, on peut en multiplier des pieds en semant les graines au printemps ou en éclatant la touffe en plusieurs morceaux à l’automne.

Une petite taille, au pied, des tiges les moins vigoureuses au printemps, et c’est tout !

Leycesteria, une floraison estivale majestueuse

En août — septembre, l’arbuste se couvre d’une grande quantité de grappes de fleurs blanches à forme d’entonnoir ! Puis les bractées des fleurs tombées vont se colorer progressivement en mauve à pourpre suivant les variétés, tandis que les fruits apparaissent d’un noir intense et recouvert d’une enveloppe aux teintes prune à pourpre. Cet étonnant et superbe spectacle dure jusqu’en décembre.

Si le genre comprend 6 espèces, Leycesteria formosa est intéressant dans sa forme naturelle ou dans les deux variétés « Golden Lanterns » — feuillage doré) et « Purple Rain » (baies rouges brillantes).

En associant l’arbuste à des feuillages graciles de fougères, de filipendules ou d’astilbes, par exemple, et en le mariant avec quelques touffes d’hostas au feuillage bronze ou acier bleuté… vous créerez une scène inoubliable.

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(*) avec l’appui de la célèbre encyclopédie Le Bon Jardinier, volumes I, II et III, Ed. La Maison Rustique – 1992

et le site www.aujardin.info/

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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