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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Potager, verger, haies, massifs, arbres, comment faire un beau jardin

Pincer les plantes ! Le pincement permet d'avoir plus de fleurs

En pinçant les extrémités de certaines espèces vous obtenez des plantes plus touffues, fournies et robustes, plus de fleurs, de branches et de feuilles. Comment faire ?

Comment avoir une jolie touffe de basilic ? Comment obtenir des plantes vivaces couvertes de fleurs ? Comment faire pour que les arbrisseaux ou les arbustes soient bien fournis dès la base, près du sol, avec beaucoup de branche ? Voici une réponse, en image, après une petite définition et quelques recommandations importantes. 

Le pincement… une taille de précision ! 

Pincer, tailler, brouter… trois opérations qui reviennent au même. En effet, pincer une plante revient à la tailler, à la main, avec deux doigts. À la différence de la taille que l’on pratique à la cisaille ou au taille-haie et qui coupe indifféremment petits rameaux et feuilles, le pincement est une opération précise, sur les très jeunes pousses, un peu à la manière de l’herbivore qui broute en ne prélevant (abroutissement) que les parties les plus tendres des plantes (cerf, chevreuil, lapin). Ci-après, la photo d'un olivier sévèrement abrouti par l'action répétée des chevreuils.

 

Bien mieux qu’avec un sécateur, plus rapide et plus sûr, le pincement a pour objectif de supprimer une pousse terminale ou un bourgeon apical afin de provoquer le développement des pousses secondaires ou bourgeons axillaires. Ce pincement se fait sur des tissus très tendres, raison pour laquelle agir en taillant la jeune pousse entre l’ongle du pouce et la partie intérieure de l’extrémité de l’index est idéal. 

Quel est l’intérêt de pincer les plantes ? 

Pincer a plusieurs objectifs. 

Sur une très jeune plante, cela permet de freiner la pousse en hauteur donc de permettre un renforcement des tissus très près du sol, tout en développant de nouveaux rameaux ou nouvelles branches dès la base. Telles plantes sont ainsi beaucoup plus résistantes au vent et plus fournies. L’opération est à renouveler plusieurs fois au fur et à mesure de la croissance. Exemple avec le basilic. De croissance rapide, le basilic tend à s’écraser avec le vent ou sous l’effet d’une pluie si on le laisse monter. Le mieux est donc de le pincer rapidement (à 5 cm du sol, par exemple) afin de favoriser le développement de nouveaux rameaux et de permettre le renforcement du pied. Chaque fois que vous avez besoin de basilic, prélevez ainsi les pousses terminales ce qui favorisera une meilleure croissance (laissez quand même au moins deux nouveaux niveaux de feuilles entre chaque pincement). 

Sur des plantes à fleurs, le pincement est idéal pour accroître la floraison. C’est typiquement la technique utilisée par les producteurs pour obtenir ces énormes touffes de chrysanthèmes couvertes de fleurs à l’automne. En effet, chaque fleur apparaissant à l’extrémité d’une tige, plus il y a de tiges plus il y a de fleurs ! Donc plus vous pincez, plus la plante développe de bourgeons floraux et plus le résultat est spectaculaire. 

Pour les plantes poussant surtout en grande tige unique (comme la sauge guarani présentée dans les images ci-après), le pincement a pour but de les obliger à ramifier et à devenir moins hautes, et du même coup faire aussi plus de fleurs. 

Toutes les plantes ne peuvent pas être pincées 

Très utile, la technique du pincement ne se pratique pas avec la même énergie sur toutes les plantes. Si les sauges, le romarin, les chrysanthèmes, le basilic, les impatiens, par exemple, supportent bien les pincements successifs rapprochés (toutes les 3 semaines), d’autres plantes ne l’acceptent qu’occasionnellement, comme les géraniums et les pélargoniums.   

D’autre part, si une grande majorité de plantes supportent bien les pincements et en tirent même profit, il y a des espèces qui ne sont absolument pas adaptées pour cela. Ce sont surtout les très jeunes résineux (pins, sapins, cèdres, mélèze…) et monocotylédones arbustives (cordylines, yuccas…). Plus grandes, ces espèces réagissent mieux, mais… très lentement ! 

À l’inverse, il y a des plantes qui n’ont nullement besoin d’être pincées, car naturellement elles développent de grosses touffes bien denses. C’est le cas avec les variétés de Pittosporum tenuifolium ou les Euryops, par exemple (photo ci-dessus)

Le pincement par l’exemple

Voici quelques photos qui montrent explicitement le geste à accomplir, à quel endroit et sur quels types de tissus. Photo de gauche : le pincement sur la pousse terminale: notez la préexistence des deux bourgeons latéraux juste en dessous. Photo de droite, la même tige 5 jours après le pincement: les deux petits bourgeons prennent déjà le relais. 

   

Nouvel exemple ci-dessous - Photo de gauche : avant le pincement. Photo de droite le pincement de l'extrémité. Dernière photo en bas : le résultat 21 jours plus tard, juste avant de renouveler l'opération sur toutes les nouvelles pousses. 

 

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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