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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Chauffage au bois, comprendre pour bien choisir, ce qu'il faut savoir

Poêle à bois et chauffage de qualité, le lien étroit au combustible

Comment bien choisir un poêle à bois ? Et si vous vous intéressiez d'abord à la relation entre l'appreil de chauffage et le bois que vous allez mettre dedans !

Le lien étroit qui existe entre le poêle à bois et son combustible est si vrai qu'il doit vous amener à y réfléchir avant de vous décider pour un poêle (ou une chaudière). S’il est vrai que la place du design a fait un bond spectaculaire dans la création des poêles (le design recherchant la meilleure corrélation possible entre fonction, usage et esthétique), la beauté d’un appareil cache presque toujours des technologies avancées. 

Cette branche de l’industrie fait appel à des compétences scientifiques et techniques pointues, ce que vous ne soupçonnez peut-être pas. Même si quelques appareils « rustiques » ont leur place parce qu’ils continuent à faire leurs preuves, la quête de la performance énergétique à moindre coût amène bien des nouveautés. 

L’adéquation entre l’appareil de chauffage et son combustible est indispensable pour atteindre les meilleures performances énergétiques. S’il n’est pas permis de se tromper de carburant pour faire fonctionner correctement un véhicule, il en est de même pour un équipement telle qu'une chaudière ou un poêle. Conçu et présenté dans des conditions idéales pour un combustible précis aux qualités précises, chaque appareil de chauffe qui vous est présenté doit être utilisé en se rapprochant autant que possible de ces conditions pour que vous obteniez les performances annoncées. Voiture ou poêle... il est absurde d’utiliser un mauvais combustible (bas de gamme, bon marché) pour faire fonctionner un appareil de pointe !

Voir aussi : Se chauffer au bois : 6 bonnes questions à se poser avant de choisir

À poêle à granulés de haute qualité, granulés de haute qualité ! 

Dans le cas des poêles à granulés de bois (ou pellets), le granulé doit être de qualité. Choisissez-le sans poussière, certifié NF ou DIN+. Un bon granulé est nécessairement dur, le plus dur possible, et à fort pouvoir calorifique. Le plus souvent, sa couleur sera claire. N’utilisez que des granulés sans composant chimique et fabriqué exclusivement à partir de bois non traité. Enfin, le taux d’humidité doit être le plus faible possible. Avant de faire votre choix, questionnez le vendeur, ou mieux… le fabricant. Si l’un ou l’autre n’est pas à même de vous apporter des réponses concluantes, mieux vaut chercher d’autres sources d’approvisionnement. 

Ces remarques valent aussi bien pour un poêle à granulés (ou une chaudière) destiné à chauffer d’abord l’habitat que pour un poêle à vocation plus ludique de plaisir du feu. 

Reste une inconnue pour l’avenir, une question qui va peut-être fâcher un jour : aujourd’hui, le granulé de bois est un combustible plutôt économique parce qu’il utilise des sciures et particules issues des pratiques de l’industrie du bois. Mais il y a une limite : si la demande continue à s’accroître comme elle le fait, il faudra nécessairement trouver d’autres sources d’approvisionnement en sciures. Soit celles-ci viendront de plus en plus loin (et la part de sciures venues de l'étranger va s'accroître, ce qui rend absurde le procédé !), soit il faudra les réaliser à partir de bois entier, ce qui augmentera nécessairement les coûts. Dans les deux cas, l’aspect strictement environnemental va perdre de sa crédibilité un jour avec les poêles à granulés. 

Un poêle à bûches n’est pas un poêle qui brûle "n’importe quoi" 

Comme pour les poêles à granulés, les poêles à bûches performants sont conçus pour un combustible de qualité. Certes, ces appareils sont souvent moins sophistiqués d’un point de vue technologique (encore que l'écart s'amenuise), ce qui ne les empêche pas d’être à haut rendement. Si l’objectif premier de votre poêle est bien de chauffer, mettez du bois capable de bien chauffer

  1. attention avec les bois de récupération. La plupart de ceux issus de la construction (planchers, charpente, meuble, volets…) sont des bois traités, peints, ou ayant été imprégnés de produits nettoyants de toutes sortes. Les brûler s’est s’exposer à l’émanation de substances toxiques et à l’encrassement de votre poêle. 
  2. attention aussi avec les bois issus des parcs et jardins. Les arbres d’ornement ne sont pas nécessairement de bons bois, et même si tous les bois brûlent, tous ne chauffent pas (le platane par exemple) et certains encrassent fortement votre installation (le thuya, le leyland, le cyprès…). En brûlant ces bois, vous perdez votre temps et votre argent. 
  3. attention enfin au bois vert. Un bois sec à 15 % d’humidité dégage 2 fois plus de chaleur qu’un bois vert à 50 % d’humidité. Un bois vert est aussi très encrassant et accroît les émissions de polluants atmosphériques. 

Comme pour les granulés, si vous achetez vos bûches de bois, exigez les produits labellisés « NF bois de chauffage », sauf si vous avez toute confiance dans la personne qui vous vend le bois ; à moins que vous ne fassiez vous-même votre bois de chauffage !

Quel poêle à bois choisir ? 

Tout dépend de l’usage que vous en attendez. Un poêle d’ambiance, sélectionné d’abord pour son esthétique exceptionnelle et pour sa capacité à apporter un vrai spectacle, par sa présence et par sa flamme, est généralement d’un usage occasionnel. En ce sens, son rendement (exprimé en %) et sa puissance (exprimée en kW) ne sont pas les principales qualités auxquelles on s’attache (encore que rien ne l’interdise !). Par contre, pour un poêle de chauffage (que vous pourrez comparer aussi à une chaudière à bois), mieux vaut investir dans les dernières technologies (sauf si c’est pour un éventuel complément de chauffage, en appoint). Les poêles à bois à haute température et à double combustion (appelée aussi post combustion) sont plus économes en combustible, plus efficaces en rendement et moins polluants puisqu’ils brûlent une partie de ceux-ci en chauffant jusqu’à 800-900 °C. Notons à quel point une bonne alimentation en air (donc en oxygène) est cruciale pour une bonne combustion. Ceci est affaire de professionnel, d’où l’intérêt d’évaluer ces points avant achat, puis de passer par un installateur professionnel après achat. L’air primaire lors de l’allumage du poêle, puis l’air secondaire durant la phase de combustion, garantissent un feu nettement moins nocif. Pour un usage de chauffage, donc intensif, utilisez des poêles fermés parmi les meilleurs du label Flamme verte. Ce label atteste d’un faible niveau de consommation de bois et d’émission de particules, c’est une vraie garantie de sérieux qu’il ne faut pas négliger et la seule en 2016 qui permet de prétendre à des aides et crédits d’impôt.

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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