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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Chauffage au bois, comprendre pour bien choisir, ce qu'il faut savoir

Conduit de fumée, tubage, poêle étanche : la sécurité, les économies

Conduit coaxial, prise d'air, double tubage, étanchéité : la sureté pour vous et la performance pour votre chauffage. Règlementation, obligations, normes...

De la flamme au ciel, ce qui se passe entre votre appareil de combustion (votre chauffage) et l’extérieur de votre maison n’est pas ce qui vous intéresse le plus, et c'est vrai que ça n'est pas très passionnant. Pourtant, si vous changez d'appareil de chauffe, ou si vous vous équipez d’un appareil de chauffage au bois, cette question va obligatoirement se poser, avec des obligations auxquelles vous serez tenus. C'est que les risques liés à la mauvaise qualité des conduits sont souvent lourds de conséquence : incendies, intoxication au monoxyde de carbone… Donc, mieux vaut bien s’informer ! Décryptage de ce que vous devez comprendre et savoir, avec comme exemple les poêles et cheminées à foyer fermé.

Restauration ou construction neuve et circulation d’air 

Sans air, pas de flamme ni de chauffage ! À mauvaise circulation d’air mauvais chauffage et… risques accrus de problèmes, notamment pour la santé. 

Pour garantir une bonne combustion, un fort apport d’air est indispensable, avec des débits allant de 15 à 30 m3/h pour les poêles à granulés et jusqu’à 100 m3/h pour les poêles à bûches. Depuis des siècles, l'air qui alimente le foyer provient de l’intérieur même de l’habitat et se trouve renouvelé par les « fuites » d’air aux portes et fenêtres ou par l’aération volontaire du logement. Cette situation n’a plus de sens aujourd’hui car les menuiseries des ouvertures sont de plus en plus étanches (et doivent l’être !), et que les risques liés à cette absence contrôlée d’air frais sont dangereux pour la santé, et néfastes au bon tirage dans le conduit de fumée (donc perte d’efficacité). 

Pour les habitats pourvus de grille(s) d’aération, une arrivée d’air libre proche de l’appareil de chauffe reste possible, mais ces systèmes sont « énergivores ».

La solution en rénovation d’installation de chauffage consiste alors à réaliser dans le mur adjacent une entrée d’air dédiée qui alimente un poêle à configuration étanche ou à arrivée d’air spécifique. Elle permet de contrôler les débits d’air et de limiter les pertes thermiques. L’air n’est ainsi plus puisé dans l’habitat, ce qui améliore nettement le confort (fi des courants d’air et des nombreuses zones froides dans vos pièces). Si la restauration du conduit de fumée est conseillée, faites plutôt réaliser un tubage de conduit avec un conduit coaxial (voir ci-après).


En construction neuve (y compris en extension d’habitat), la situation est plus simple. Il vous sera naturellement proposé l’installation de conduits adaptés aux nouvelles règlementations avec les arrivées d’air adaptées.

Pourquoi les installateurs et chauffagistes pratiquent le tubage de tout le conduit de fumée ? 

En théorie, si votre conduit de fumées déjà en place est parfaitement étanche, il n’est pas nécessaire de le tuber. Mais il est le plus souvent difficile de vérifier cette étanchéité, surtout dans les maisons anciennes. Pour éviter tout risque de fuite et d’asphyxie, votre installateur va vivement vous conseiller de tuber votre conduit. Cette opération est bien sûr obligatoire en cas de conduit l'absence d'étanchéité est certaine, et se fait systématiquement aussi dans le cas de réalisation d’un conduit neuf (restauration/rénovation de bâti existant, nouvelle construction, extension d’habitat). Notons que le tubage assure une continuité de section du conduit, de l’appareil à la sortie de toit, donc améliore le tirage.

Ce que doit être un conduit de fumée 

Il ne faut pas confondre conduit de fumée et conduit de raccordement. Le conduit de fumée est le conduit vertical qui permet d’évacuer les produits de combustion depuis l’étage où se trouve l’appareil de chauffage jusqu'à l’extérieur du bâtiment. Le conduit de raccordement relie l’appareil de chauffage au conduit de fumée. 

Un conduit de fumée peut être conçu pour assurer l’entrée d’air indispensable à la combustion (nécessaire pour les poêles étanches). On parle alors de conduit coaxial qui comprend dans un même ensemble deux circulations indépendantes (du bas vers le haut pour les fumées et l’inverse pour l’arrivée d’air). L’atout de ce système est que l’air extérieur « neuf » (frais) est réchauffé au contact de la canalisation de fumée (chaude), ce qui augmente de près de 10 % le rendement des poêles à granulés, par exemple. 

Les obligations relatives aux conduits sont clairement fixées : 

  1. les conduits de fumée doivent être d’allure verticale et tolère un seul dévoiement (changement de direction d’un conduit de fumée réalisé par 2 coudes et 1 partie oblique), de 5 m maximum, et dont l’angle ne doit pas excéder 45 ° avec la verticale 
  2. le conduit de raccordement d’un appareil à un conduit de fumée doit être le plus court et le plus simple possible ; sa longueur horizontale ne peut excéder 3 m (pour un conduit individuel) et ne doit pas comporter plus de 2 coudes à 90 ° sur sa longueur. 
  3. Il est vivement conseillé d’éviter les changements de section (perte de rendement). 

Bon à savoir : Les prescriptions à retenir pour les conduits de fumées sont essentiellement contenues dans le DTU 24.1 (24.2 pour un insert). 

Notez que le choix des combustibles influent sur les conduits ; ces derniers sont donc différents en matériaux et exigences pour un poêle à bûches et un poêle à granulés (la qualité du bois n'est pas identique, donc les fumées ne contiennent pas les mêmes éléments dans les mêmes quantités). 

L’évacuation des fumées et la règlementation

Évacuation des fumées par le toit, évacuation des fumées en façade, la règlementation française précise toutes les obligations à ce sujet, avec des distances à respecter. Le présent sujet peut aussi être mis en relation avec l'article : Sorties de toit, cheminées de toiture, style régional ou contemporain

Pour une sortie de toit, la règlementation impose que les appareils à combustible solide aient une sortie en toiture dépassant le faîtage de 40 cm (c’est la zone 1). 

Pour une sortie sur une autre partie de toiture ou toiture-terrasse (zone 2), ainsi que pour une sortie en façade (zone 3), elles ne sont possibles que pour les appareils disposant d’un circuit de combustion étanche, ce qui impose que le poêle ET la prise d’air comburant soient aussi étanches, au même titre que le terminal d’évacuation des fumées (qui peut être associé ou non à la prise d’air). 

Ces trois postes (poêle, prise et terminal) doivent répondre à des exigences validées par des avis techniques (homologués), ce qui n’est pas le cas pour toutes les marques de poêles ni de conduits, d’où l’importance de se rapprocher des seuls fabricants qui en disposent. 

In fine, dans ces avis techniques, les distances à respecter vis-à-vis du voisinage, des portes et fenêtres, des clôtures, murs sans ouvertures et haies, des rebords de toit, du sol… sont donc clairement fixées avec des données chiffrées. Le respect de ces consignes de pose est ainsi une réelle nécessité pour : 

  • assurer la sécurité des occupants du ou des logements, 
  • être couvert par les assurances en cas de problèmes, 
  • optimiser le rendement de l’appareil de chauffe installé.


À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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