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JEAN-LUC MERCIER

Publié dans : Chauffage au bois, comprendre pour bien choisir, ce qu'il faut savoir

Transformer ou reconvertir une cheminée à foyer ouvert : les solutions

Que faire de ma cheminée ? Pourquoi la supprimer quand vous pouvez en faire un autre décor ou un vrai chauffage avec eau chaude... Conseils et idées

Premier mode de chauffe et de cuisson de l’Humanité, le feu direct, en foyer ouvert, est aujourd’hui désigné comme source de biens des maux et est de plus en plus soumis à des obligations et réglementations contraignantes. La question "Que faire de ma cheminée à foyer ouvert, comment la transformer ?" est donc très pertinente.

En ville, le problème de reconversion des foyers ouverts est une priorité 

Plus qu’ailleurs encore, en ville les problèmes posés par les foyers ouverts sont : 

  • des risques accrus d’accidents liés à la vétusté croissante d’un habitat dense, 
  • des retombées directes de fumées et poussières sur les populations et les monuments, 
  • la difficulté en approvisionnement et stockage de bois sous forme de bûches. 

La très grande majorité des propriétaires de cheminées en milieu urbain les ont d’ailleurs délaissées au profit d’autres modes de chauffage plus pratiques ; en plus, nos modes de vie évoluant, les contraintes liées aux foyers ouverts ne sont plus acceptées. Pourtant, avec l’arrivée de nouveaux appareils de chauffage à la biomasse et de nouveaux conditionnements des combustibles, l’envie de se faire à nouveau une flambée renaît, et c’est bien compréhensible. 

Les constructeurs et designers ont compris tout l’intérêt de proposer des systèmes de chauffage performant, pouvant pour certains utiliser les vielles cheminées, tout en offrant le spectacle du feu. 

Toute votre attention doit d’abord se porter sur le conduit de fumée 

La transformation éventuelle de votre cheminée passe prioritairement par l’état du conduit de cheminée et de l’arrivée d’air au foyer. Un diagnostic réalisé par un professionnel est impératif (et obligatoire pour votre assureur), surtout si votre cheminée ne sert plus depuis longtemps. Le conduit de fumée joue un rôle essentiel pour un bon fonctionnement sécurisé. Une fois expertisé, parfaitement ramoné (débarrassé de tous les goudrons et salissures), et traité au niveau de toutes les éventuelles fissures, le chauffagiste vous proposera vraisemblablement de le tuber, conformément aux règles imposées par la loi, notamment par le DTU (Document Technique Unifié) n° 24-2. 

Parmi vos obligations, notons : 

  • le tubage se fait sur toute la longueur du conduit de cheminée 
  • le tubage ne doit en aucun cas s’arrêter au niveau du plafond, mais doit s’encastrer totalement dans le nouvel appareil de chauffe 
  • une ventilation doit être installée entre conduit et tubage pour éliminer les pièges à calories 
  • une plaque d’étanchéité et un chapeau sont indispensables pour éviter toute entrée d’eau dans le conduit de cheminée 
  • le tubage s’effectue toujours de haut en bas à partir du toit le conduit ne doit pas se trouver à moins de 16 cm de certains matériaux inflammables et à moins de 7 cm des huisseries
  • pour en savoir plus, lire la suite ici 

Tout cela est bien affaire de spécialiste, mais après… vous voilà tranquille. 

Selon l'état de votre conduit, voici résumées les solutions que nous développons ensuite


L’insert, le moyen de fermer simplement l’âtre sans casser sa cheminée 

Comme son nom le laisse supposer, l’insert de cheminée est prévu pour s’encastrer dans le foyer d’une cheminée ouverte. C’est la différence avec l’appellation "foyer fermé" que l’on réserve plutôt à l’installation d’une cheminée neuve incluant de manière solidaire un insert. 

Partout où le feu de biomasse en foyer fermé ou en foyer mixte (qui peut s’ouvrir et se fermer) est autorisé, l’insert est un moyen pratique et facile pour transformer sa cheminée. De nombreuses marques vous proposent toutes les solutions pour adapter parfaitement l’insert à votre foyer. 

Les concepteurs d’inserts vont très loin dans les innovations technologiques pour en faire des appareils performants, faciles à vivre et beaux à voir (ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans !). Par exemple : le système vitre propre qui garde la vitre impeccable sans intervention de votre part. 

Équipée d’un insert, votre cheminée peut devenir un véritable appareil pouvant chauffer toute la maison, notamment s’il y a couplage avec un système de récupération de chaleur. Équipé d’une arrivée d’air modulable située sous l’âtre (ou issu d’un système de double tubage), l’insert permet une bien meilleure combustion, beaucoup mieux contrôlée, que dans le foyer ouvert. D’ailleurs, les modèles équipés d’un "foyer à postcombustion" améliorent de façon non négligeable le rendement de l’appareil (80 à 90 %), concurrençant ainsi les meilleurs poêles. Cette technologie force les gaz et poussières des fumées à effectuer plusieurs cycles de combustion avant de quitter le foyer, grâce à des arrivées d’air secondaires. L’intérêt réside aussi dans la réduction de la quantité de cendres ainsi que des suies dans le conduit d’évacuation. 

Au final, c’est plus économique, moins polluant et plus sain. 

Passer de la cheminée au poêle ou même… à la cuisinière ou à la chaudière 

Toujours avec l’idée que votre conduit de cheminée peut être mis aux normes, pourquoi ne pas envisager d’installer un poêle ou une cuisinière, surtout si votre cheminée est en mauvais état peu esthétique. La diversité des poêles proposés est immense ; il y en a dans tous les styles, et c’est une belle occasion de "relooker" votre intérieur en changeant de décor. Les modèles très contemporains ou les poêles "régionaux" sont beaux et affichent de hautes performances. 

Autre idée : selon l’emplacement de votre conduit de cheminée, si vous êtes passionné de convivialité et de cuisson à l’ancienne, laissez-vous tenter par une cuisinière à bois (cuisson, four, tournebroche, four à pain…) issue des technologies derniers cris. 

Troisième idée, l’installation d’un poêle fourneau, poêle bouilleur, poêle hydro ou poêle chaudière selon les modèles et fabricants. Inspirés également des concepts d’autrefois, ces appareils de très haute technologie chauffent la maison et l’eau sanitaire, selon divers degrés et principes. Les modèles à granulés et bûches (ou granulés seuls) sont fréquents, et leurs performances redoutables. Beaucoup de ces appareils chauffent de l’eau. Celle-ci est destinée à alimenter un chauffage central ou l’eau chaude sanitaire ou les deux. De multiples formules existent avec ou sans couplage à d’autres énergies. 

La cheminée au bioéthanol, le plaisir de la flamme 

Si votre conduit de fumée n’est pas en bon état ou demande un fort investissement pour être tubé, il existe encore une possibilité qui n’utilisera justement pas ce conduit. Solution originale, sûre et très réglementée, les cheminées au bioéthanol proposent tous les avantages du spectacle de la flamme et du feu sans les inconvénients d’un foyer traditionnel. 

La norme NF 35-386 cadre avec rigueur la conception de ces appareils pour votre sécurité. Si elle n’est pas obligatoire, il est pourtant vivement conseillé de choisir des cheminées qui y répondent et qui sont estampillées NF avec un certificat de conformité. L’éthanol, réputé inodore, est un carburant d’origine végétale (d’où le préfixe bio, la vie), appelé aussi alcool éthylique, produit à partir de l’agriculture (betterave, canne à sucre, blé, maïs, colza, soja…), ou des déchets de l’industrie forestière. Il fait partie des énergies renouvelables. Liquide, il est conditionné le plus souvent en bidons de 20 l, maniables et peu encombrants. 

Dans la cheminée (ou le poêle), il est contenu dans un petit réservoir qui alimente le foyer et donc la flamme de diverses manières selon les fabricants. Un bidon peut permettre de se faire plaisir durant 7 jours à raison de 3 heures par jour. Trois heures, c’est la durée d’usage prévue sur la plupart des modèles fiables avant que la cheminée ne s’éteigne automatiquement (raisons de sécurité, car l’usage doit rester temporaire). 

Pour le plaisir de l’œil essentiellement, une telle cheminée ne peut au mieux élever la température que de 3°C (5 °C au grand maximum). Plusieurs fabricants proposent des modèles étudiés pour s’encastrer dans ces anciens foyers, et faire revivre autrement votre cheminée.

À propos de l'auteur

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JEAN-LUC MERCIER

Forestier, écologue, botaniste, conseiller en aménagement du territoire, paysagisme, écotourisme solidaire. Enseignement supérieur et journalisme maison, art et jardin.
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