Abbaye cistercienne de Fontenay, XIIe siècle, trésor d'art roman

Joyau médiéval niché dans un écrin de verdure vallonné, l'abbaye de Fontenay, d'architecture romane, a connu prospérité et déclin à Montbard, en Bourgogne.
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Entre Auxerre et Dijon, sur la Route des Ducs de Bourgogne, à mi chemin entre Paris et Lyon (240 km), bientôt 900 ans d’histoire se dévoilent aux visiteurs du monde entier, comme un des plus beaux modèles d’église et de monastère cisterciens romans d’Europe (*).

Fontenay, un cadre d’exception pour un lieu hautement préservé

Un reposant vallon verdoyant, au fond duquel coule un ruisseau, à l'intersection de deux combes bordées de forêts… voici le merveilleux écrin préservé dans lequel se tapie l’Abbaye de Fontenay, toute d'art roman, faite d'équilibre et d'harmonie et protégée par une enceinte.

Parfaitement entretenu, le chef d’œuvre est embellie par ce cadre, lui-même classé, qui invite le passant à une paisible promenade. Cette nature généreuse et intacte donne une magie certaine aux lieux, et s’élever sur les coteaux par les nombreux sentiers balisés, permet, avec des vues plongeantes, d’avoir une vision d’exception sur le plus ancien complexe cistercien moyenâgeux. Guides et auteurs reconnaissent à l’unanimité la grande beauté de ce site.

Bienvenue dans l’ensemble architectural unique de l’abbaye de Fontenay

Approcher Fontenay par la petite route sinueuse et enchanteresse du vallon sauvage, c’est déjà entrer dans l’ambiance monacale du lieu, du moins de la comprendre. Situé en pleine nature, le site est une invite au repos et à la méditation. Lorsque l’on franchit la porterie, ce n’est pas l’ancienne niche du chien du frère portier que l’on remarque, mais la vue saisissante sur le vaste ensemble architectural et ses beaux jardins.

Étonnamment, depuis ce lieu, le visiteur se trouve face à un espace libéré par le seul grand élément manquant de ce riche patrimoine : le réfectoire des moines. De cette belle construction gothique, il ne reste plus qu’un pignon percé de quatre fenêtres. Le réfectoire fut démoli en 1745 compte tenu de son état de délabrement de l’époque. Il menaçait de s’effondrer.

À cette exception près, le bâti est complet et parfaitement conservé, raison de sa présence sur la liste du Patrimoine Mondial Culturel et Naturel.

Fontenay reconnaissable à son dépouillement extrême et l'absence d'ornement, offre une vision exacte, parfaite et magnifique d’un monastère cistercien du 12ème siècle, témoignant de la volonté à se consacrer à la recherche de Dieu et non aux fastes et extravagances. Elle illustre bien l'idéal d'autarcie des premières communautés de moines cisterciens.

600 ans de vocation monacale : la prospérité de l’abbaye de Fontenay

Vingt ans après la fondation de l’Abbaye Notre Dame de Cîteaux (en 1098), Bernard de Clairvaux - qui est devenu, très vite après sa mort en 1153, Saint Bernard - fonde l’Abbaye de Fontenay. En effet, en 1119, il envoie des moines dans un vallon près de Montbard ou son oncle, Raynard de Monbard, lui offre, onze ans plus tard, le terrain marécageux sur lequel fut construite l’actuelle abbaye. Compte tenu de l’abondance des eaux et des sources du lieu, cette dernière reçoit logiquement le nom de Fontenay.

La magnifique abbatiale, en particulier, doit son existence au legs des biens d’un évêque exilé de Norwich, qui trouva refuge à Fontenay, legs qui permit ainsi de financer son chantier. L’évêque donateur y est enterré en son chœur. L’édifice est consacré en 1147 par le Pape Eugène III, et l’abbaye connaît dés lors une période très prospère, grâce à ses activités métallurgiques et sidérurgiques.

En 1269, Fontenay devient abbaye royale et bénéficie à ce titre d'importantes largesses de la royauté, comme l'exemption de taxes fiscales. Si le XIVe siècle lui est plus néfaste, puisqu’elle souffrit, comme beaucoup d'abbayes, de la Guerre de Cent Ans et ne put échapper aux pillages durant les troubles en Bourgogne, son influence est de plus en plus importante jusqu'au XVIe siècle.

600 ans de vocation monacale : le déclin de l’abbaye de Fontenay

Fragilisée par un siècle d’instabilité, l'abbaye entre en déclin : elle passe sous « le régime de la commende » en 1557. Ce régime implique, pour une abbaye, de perdre une partie de son autonomie puisque son abbé est choisi, par le Roi (et non plus même par le Pape), parmi les membres du clergé séculier.

Si le pouvoir spirituel reste aux prieurs, l’instauration de la commende royale laisse à son commendataire la perception des revenus de l’abbaye et sa gestion. Ce pouvoir attribué permet en réalité à ce dernier de se soucier plus de son propre profit que de celui de l’abbaye. Et de fait, le passage à ce régime marqua le début de la décadence des mœurs, et de Fontenay dans son ensemble, qui souffrit alors d’un manque chronique d’entretien.

À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, l'ensemble abbatial, trop longtemps délaissé est devenu trop couteux à maintenir et l'abbaye voit certains de ses bâtiments abandonnés, et même détruits (le réfectoire). Pourtant, le logis des abbés fut construit au XVIIIe siècle, comme résidence des abbés commendataires nommés par le roi.

Son histoire monacale s’arrête en 1790, après l’expulsion des 8 derniers moines, suite à la Révolution Française.

L’abbaye de Fontenay est un trésor d’art roman, aujourd’hui entièrement restauré, et qui se visite .

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(*) L’ensemble des informations est issu de la synthèse des éléments recueillis sur les sites web:

Abbaye de Fontenay , Unesco , Citizeum , Trivago , Fédération des Moulins de France ,

ainsi que du Guide Michelin Bourgogne , édition 2006,

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