Bassin d'agrément : la filtration de l'eau et les poissons

Les bassins doivent avoir une eau filtrée pour conserver leurs qualités et nécessitent quelques précautions pour la vie des poissons, surtout en cas de gel.
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Naturel, exotique, minéral, contemporain… l’espace aquatique est affaire de goût en terme d’apparence ; pourtant, quel qu’il soit, il devient toujours le lieu de vie privilégié auprès duquel on aime se reposer. Mais, avec ou sans plantes, avec ou sans poissons, la qualité de l’eau, l’équilibre et la pérennité du bassin sont conditionnés à des règles qu’il ne faut jamais négliger, sous peine d’échec. Ainsi l’intérêt porté à la manière de filtrer l’eau est un point fondamental pour la pérennité de la vie aquatique, et donc des poissons, et pour l’aspect général de l’eau (*). Les points très importants relatifs à l’emplacement pour le bassin et les mouvements de l’eau sont abordés dans l’article Bassin d’agrément : choisir le bon emplacement et maitriser l’eau , du même auteur.

La filtration doit être une vraie préoccupation

Le rôle des mouvements d’eau dans le bassin est fondamental, comme dit précédemment. Mais les plus beaux lavoirs, fontaines, bassins et chemins d’eau au jardin ou dans une cour sont aussi ceux dont la filtration a été la mieux pensée. Celle-ci se conçoit selon deux directions complémentaires, identiquement au principe de base du fonctionnement des baignades écologiques (ou piscines naturelles) : filtration mécanique et filtration biologique.

Un maximum d’impuretés doit être éliminé par un filtre mécanique : feuilles, pétales de fleurs, insectes morts, petits débris de tout genre et jusqu’aux pollens et poussières. Ce filtre doit être très facile d’accès, pour être nettoyé fréquemment

Partout ou l’eau s’échauffe les jours ensoleillée et l’été, le filtre mécanique est à compléter par une filtration biologique , sous peine de provoquer de graves dysfonctionnements du système aquatique et d’induire des causes de maladie et de mortalité chez les poissons, car l'ammoniaque présent ne se transformera pas ou mal en nitrite puis en nitrate. L’apparition d’ammoniaque dans l’eau est un phénomène naturel lié aux débris organiques de toutes sortes qui inexorablement tombent dans l’eau. La présence de plantes et de poissons augmente considérablement le processus (excréments, feuilles pourrissantes, granulés alimentaires non consommés par les poissons… ).

Les systèmes de filtration sont nombreux et plus ou moins sophistiqués. Il est donc essentiel de s’informer auprès d’un professionnel de la qualité des eaux pour choisir celui qui sera le plus adapté à la configuration de votre bassin, au volume d’eau à épurer, et ceux en fonction de l’usage que vous faites de votre bassin dans une région donnée : lagunage, filtres sous pression, filtres tonneaux, filtre ‘Nexus’ pour bassin à forte densité de poisson, filtre multichambre…

Particularités concernant les eaux froides ou de zones en montagne

En climat de montagne, ou chaque fois que l’eau du bassin reste fraiche toute l’année, ou dans les cas de bassins conçus pour l’esthétique seule (sans animaux donc), la combinaison d’une filtration mécanique d’avec un mouvement d’eau type cascade de bac en bac suffit généralement à obtenir et conserver une excellente qualité d’eau. En effet, l’eau en cascadant suis un processus similaire à celui d’un petit torrent, avec un enrichissement perpétuel, qui permet d'amener au bassin une eau chimiquement propre et riche en O2, donc bénéfique aux poissons et aux plantes le cas échéant. C’est le principe d’autoépuration naturel.

Par contre, si vous installez un système de filtration il est important de se rappeler qu’il est déconseillé de positionner le point de pompage sur le fond, s’il s’agit d’un bassin à poisson. Mi profondeur ou deux tiers de profondeur sont préférables pour des bassins de taille petite à moyenne dans ces régions à risque de gels forts. En effet, placé au fond du bassin, le point de pompage va remuer l'eau moins froide des couches inférieures et déranger les poissons dans leur repos hivernal.

Relativement au gel, il est indispensable que la profondeur du bassin soit suffisante pour que la glace ne puisse gagner toute la colonne d’eau : 1m ou plus. Un bassin plus profond que large est de loin préférable à la proportion inverse. Conserver une zone même de petit diamètre d’eau sans glace est nécessaire, ce qui peut se faire notamment par un mouvement d’eau localisé en surface. Mais si toute la glace vient à gagner la surface le temps d’une nuit par exemple, le réflexe qui consiste à vouloir la casser est fortement déconseillé si vous avez des poissons. Les ondes sonores vont non seulement provoquer leur affolement général, ce qui est inutile dans ces périodes hivernales difficiles, mais très certainement provoquer des traumatismes et blessures. Préférez la casserole d’eau bouillante tenue sur la surface qui fera fondre sous elle la glace (ne versez pas cette eau dans le bassin !)

Quels poissons mettre dans un bassin d’ornement ?

Les poissons ont besoin d'un certain espace pour s'épanouir correctement, ci-après indiqué par surface minimum (S), volume minimum (V) et volume d’eau par poisson (Q). Il n’y a pas vraiment d’incompatibilité entre les espèces ornementales. Parmi les meilleurs choix il y a :

toutes les variétés de poissons rouges (shubunkin, sarasa, voiles de Chine...) : S 1m2/V 0,5m3/Q 0,1m3 - carpes koï : S 6m2/V 3m3/Q 1m3 – esturgeon : S 30m2/V 15m3/Q 15m3 - ides mélanotes (par 5 minimum) : S 25m2/V 12m3/Q 1m3 - tanches de Mongolie : S 5m2/V 3m3/Q 1m3 - vairons (par 10 au minimum) : S 4m2/V 2m3/Q 0,1m3. À éviter : les carpes herbivores Ctenopharyngodon idella qui consomment toutes les plantes, nénuphars compris, et deviennent énormes (1m et plus)!

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(*) avec les informations collectées notamment sur : guidemaisonecologique.com et passionbassin.com

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