Changer de vie pour se reconstruire, et la nécessité de partir !

Tout quitter, partir vivre ailleurs ? Fuir les soucis du quotidien, les mauvais souvenirs, prendre un nouveau départ... OUI, mais préparez-vous bien.
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Il est fréquent d'entendre dire que partir pour refaire sa vie ailleurs n'efface pas les problèmes ni les souvenirs ou les blessures, que l'on ne déplace que son corps sans pouvoir vider son esprit. FAUX bien sûr, pour beaucoup d'entre nous, car ce n'est pas la bonne manière d'aborder le problème.

Tout est question d'état d'esprit : partir sans s'être préalablement posé les bonnes questions peut aboutir effectivement à ce constat. Par contre, bien se préparer ne pourra qu'aider à réduire cette affirmation à néant :

  • Quelles sont les raisons exactes qui nous poussent à vouloir changer de vie ?
  • Quels sont tous les aspects les plus négatifs de notre situation présente ?
  • Quels sont tous les points les plus positifs de la vie que nous menons actuellement ?

Un tel bilan, réalisé avec rigueur et honnêteté permet de mesurer ce que l'on est à même d'attendre d'un nouveau départ, d'une nouvelle vie, ce que l'on est prêt à quitter de celle que l'on mène actuellement.

Refaire sa vie, ne doit pas être un rêve, mais un choix ! Les rêves pourraient être dangereux.

Se reconstruire ou changer de vie, c'est vouloir s'ouvrir des horizons

On ne part pas ailleurs pour y vivre les mêmes choses qu'avant ni pour y reproduire le même mode de vie. Partir, c'est pour se reconstruire, donc pour vivre autrement. Mettre de la distance entre les problèmes et soi est un apprentissage, et partir est un moyen pour favoriser celui-ci, pas une solution miracle qui se suffit à elle-même. On ne quitte pas un lieu pour emporter avec soi tout ce qu'il représente de négatif. Par ailleurs, tous ceux qui partent ne le font pas pour les mêmes raisons et certaines raisons sont plus profondes que d'autres. Tout quitter sur un coup de tête pour des motifs peu douloureux présente le risque de regretter assez vite la décision.

Mais, quand partir devient un moyen pour se reconstruire et retrouver un équilibre, il ne peut y avoir de regret : changer de cadre, de mode de vie, d'environnement social sont des chocs suffisamment forts pour que l'esprit y soit totalement mobilisé. Cette « diversion de l'esprit» ne peut que soulager les souffrances et nous reposer, même de manière temporaire.

On ne ressort pas identique à ce que l'on était d'une telle expérience. Il y a fort à parier que l'on s'en trouve grandi. Une nouvelle vie, c'est aussi une nouvelle manière de penser à ses souvenirs, de regarder les problèmes, avec plus de distance, de relativiser aussi, car sous d'autres cultures les gens peuvent avoir une manière différente de percevoir les mêmes problèmes !

Tout quitter n'est pas synonyme d'adieux et rien n'interdit de penser que l'on puisse revenir un jour. C'est aller vers de nouveaux défis, de nouvelles rencontres, capables de nous remettre un peu de baume au cœur. 

Mais il y a ceux aussi qui partent non pour « échapper » à la souffrance, mais pour trouver plus d'harmonie avec leurs conceptions de la vie. Nous n'évoquons pas spécialement cette situation ici car elle relève d'une certaine "normalité" pour ceux qui le font.

En tout cas, choisir de vivre ailleurs, c'est aussi choisir de vivre autrement


Il n'y a pas que le décor qui change, il y a aussi les hommes qui y vivent avec leur Histoire, leur culture, leur mode de pensées, toutes choses qui ne sont pas nôtres.

Croire qu'il est possible de vivre ailleurs sans intégrer cela, c'est, au mieux, s'exposer à une quasi marginalité (intégration difficile, relations humaines superficielles); au pire, de plonger dans l'incompréhension, la déprime et l'échec. Par contre, le bonheur que l'on peut en retirer lorsque l'on accepte de s'ouvrir est vraiment très grand. 

Il est primordial, lorsque l'on ne vit pas seul, de bien réfléchir, individuellement et collectivement à ces aspects, et ne pas « imposer » à ceux qui nous aiment de nous suivre sur un chemin dont ils ne ressentent pas le tracé. Le mal être de l'un dans le lieu initial peut devenir le mal être de l'autre dans le nouveau lieu.

Changer sa vie : s'intégrer, trouver ses marques, seul, à deux...

La plus mauvaise situation est celle où l'un des proches qui a suivi dans cet ailleurs, se sent rapidement déraciné, trop exogène, totalement étranger.

Il n'est pas nécessaire de partir loin pour cela. Entre régions de France, c'est tout à fait possible.

Nous avons l'exemple de cette famille de l'Oise qui, voulant suivre leur fille installée près de Toulouse, est repartie deux ans plus tard, déprimée, perturbée de son incapacité à supporter la vie en Midi-Pyrénées, s'y sentant... étrangers.

Nous citerons aussi ces médecins de Guadeloupe qui vous disent combien de couples se déchirent lorsque, au bout de quelques mois, les deux partenaires ne se comprennent plus, l'un appréciant sa nouvelle vie, l'autre l'exécrant. Ils vous disent combien de métropolitains dépriment jusqu'à devenir agressifs face à leur incapacité d'adaptation à cette vie différente en tous points. Leur seul salut restant de repartir. Ce ne sont pas des cas isolés.

Citons aussi l'exemple de ces Français qui, contraints par les mutations de l'un des leurs vers la Guyane, forment des clans fermés entre "Blancs" de même origine sociale ou professionnelle, afin d'échapper à leur peur viscérale des cultures et populations locales.

Alors, que penser d'une destination lointaine, où même la langue est nouvelle ? Une très bonne idée, bien sûr, mais pour tous ceux qui souhaitent partir, voici le meilleur enseignement à retenir : il faut être certain que le "jardin d'Éden" n'existe pas. Admettre que le paradis n'est nul part sur Terre, c'est admettre que là où l'on va s'installer, il y aura des efforts à fournir, des passages à vide, des doutes. Peu à peu, la magie de l'ailleurs se ternira et laissera place à la vision, plus objective d'un lieu différent, certes, mais pas forcément meilleur (ni forcément pire). Peut-être, espérons-le, plus facile ou agréable à vivre, ce qui n'est déjà pas si mal.

poursuivre la réflexion avec la suite : Vivre autrement, ailleurs : quelques conseils 

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