Comment rechercher des informations scientifiques sur internet ?

Quelles astuces pour trouver, sur le web, l'information juste sur un sujet scientifique, sans s'égarer ? Conseils utiles pour élèves, auteurs et lecteurs.
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La toile est un merveilleux outil de recherche de connaissances, sous réserve de ne pas trop s’égarer (*) car les moteurs de recherche, comme Google, ne proposent pas spécialement les sites les plus pertinents d’un point de vue scientifique. Trouver une information juste et bien ciblée nécessite un peu d’habitude, quelques « trucs et astuces » et du bon sens.

Non exhaustives, les observations ci-après, sont ouvertes à tout apport complémentaire de la part des lecteurs sur ce sujet, apport qui peut se faire par l’usage de la fenêtre « commenter cet article » en bas de la présente page.

Quelle information scientifique recherche-t-on sur le web ?

Avant toute recherche, une réponse précise à cette question est fondamentale : type d’information souhaitée (simple définition ? connaissance fondamentale, connaissance appliquée ?), degré de précision scientifique ( information générale ? information ciblée ?), destination de cette recherche (apprentissage général ? confrontation d’avis ou de connaissances ? appui en citation d’un travail ? construction d’un document ?). Exemples :

  • « Je recherche des informations sur les glandes salivaires » : le sujet est trop vaste. Il couvre à la fois définition scientifique, pathologie, localisation, anatomie, histologie, cytologie, et cela à des degrés de précision allant de quelques phrases à des thèses complètes sur le sujet.
  • « je recherche des informations sur la qualité des eaux » : encore plus vaste, ce sujet peut concerner les paramètres de la qualité des eaux de baignade, les mesures physico-chimiques ou bactériologiques de cette qualité, des données relatives à un point de prélèvement précis, le pouvoir auto-épurant des eaux fluviales, les indicateurs biologiques de la qualité, les normes de potabilité, etc. Cadrons.

Les mots et locutions clés pour une recherche scientifique sur internet

Le type d’informations recherchées et la précision de ces dernières amènent immédiatement à la nature des mots à inscrire dans le moteur de recherche :

- Rien n’interdit de poser une question précise. Mieux que des mots clés, cette recherche peut offrir de bonnes surprises. Ainsi, « quelle est la qualité des eaux de la Seine à Rouen ? » amène dés les premiers résultats des informations intéressantes.

- Autre méthode, spécifier le domaine scientifique concerné. « Histologie des glandes salivaires humaines » amène immédiatement des résultats sur la connaissance des tissus constitutifs des glandes salivaires. Notons la précision « humaines », qui affine la recherche et pourrait être remplacée par «canine», «féline»… suivant le besoin.

- Pour chaque thème de recherche, il faut donc être très précis, mais pas trop (*), pour ne pas s’interdire des pistes possibles. Exemples :

  • « Inventaire avifaune Camargue » est beaucoup plus précis scientifiquement que «oiseaux Camargue», sans être pourtant une recherche étroite. Dans le premier cas, la recherche élimine l’essentiel des propos amateuristes mais laisse un bon champ de prospection.
  • « Permafrost » est préférable à «sol gelé», puisque ce mot exact amène à une liste de résultats à caractère scientifique sur ce type de sol.

L’emplacement des meilleurs sites, dans une recherche sur le web

Quand la recherche est peu pointue, les premiers résultats affichés correspondent souvent à des sites qui ne sont que des reprises d’informations. Le site wikipedia apparaît ainsi facilement, mais plus qu’à son contenu, l’intérêt de ce type d’encyclopédie réside d’abord dans les « Références » situées en bas de page, quand elles existent, afin de remonter à d’éventuelles sources fiables.

De nombreux sites à caractères commerciaux peuvent aussi apparaître. En entrant le mot « biotope », les premiers résultats sont relatifs à un bureau d’étude portant ce nom. Dans les suivants, il y a aussi un commerce de vente en ligne, des vendeurs de piscines, une BD… « et un raton laveur » (Prévert).

Aussi, quand on ne peut cadrer très précisément la recherche, il est toujours important d’aller au-delà des 20 ou 30 premiers résultats, car des sites malheureusement moins bien référencés s’y trouvent « cachés ».

Dans la liste affichés par le moteur de recherche, l’adresse du lien est presque toujours plus intéressante que le titre, puisque elle indique souvent l’organisme, donnant ainsi une idée de la validité de la source.

Quelques conseils pour améliorer la recherche d’informations sur internet

Procéder en plusieurs étapes peut s’avérer utile.

Commençons par chercher le ou les mots précis et leur(s) synonyme(s). Ainsi, « sol gelé » ou « sol gelé en permanence » donne le mot scientifique « permafrost » ; puis « permafrost synonymes » donne d’autres mots comme « permagel » ou « pergélisol ». En faisant une recherche avec ces deux nouveaux mots, les résultats obtenus offrent des suppléments de sources d’information à ceux de la recherche avec «permafrost».

La recherche de définition d’un mot permet de trouver la science correspondante. Pour « permafrost définition» il peut s’agir de « géologie », « géomorphologie », « pédologie », et aide à cadrer le domaine recherché : « pétrographie », « stratigraphie », « pédogénèse », etc.

Ne pas se contenter des sites francophones, peu nombreux dans les domaines scientifiques, est nécessaire. Les publications se font très souvent en anglais. L’usage des traductions automatiques peut dévoiler des mots clés nouveaux, des liens intéressants.

Constituer une base de sites « favoris » pour des recherches d’informations scientifiques

Quand un site apporte tout ou partie de l’information recherchée, il est indispensable d’aller sur la page «liens» (tous les bons sites en ont), qui est souvent une vraie mine d’or.

Avec un peu d’habitude, on repère vite les très bons sites, souvent les mêmes ; il devient facile de se constituer une bonne base de « favoris ». En voici quelques uns, avec la collaboration de Sébastien Polet que nous remercions :

à lire aussi : La critique historique, un outil pour l'historien

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(*) « s’égarer » peut être utile pour s’ouvrir à d’autres domaines de recherches, d’autres sites sources potentiels !

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