Écologie, la science qui apprend aux hommes à sauver la Terre ?

Science de synthèse, pluridisciplinaire, l'écologie donne à l'homme les clés pour comprendre la complexité de la nature et l'impact de ses actes sur elle.

Récente, l’écologie fait partie de ces sciences les plus utiles à l’homme. Avec l’économie, la psychologie, la sociologie, la cosmologie et l’étude des religions, elle lui permettra peut-être de mieux se connaître, comprendre sa place sur la planète et d’acquérir la sagesse suffisante pour ne pas détruire toutes les ressources et la complexité de cette Terre qui l’a enfantée et dont il ne peut s’émanciper. L'écologie peut servir à ce titre l'écologisme .

Certainement aussi une des disciplines les plus passionnantes à enseigner tant elle suscite l’émerveillement et ouvre l’esprit de ceux qui la découvre, elle fait appel à la capacité de réflexion, de mobilisation des savoirs multiples, d’analyse et de synthèse. Elle laisse la place au questionnement et à une part d’inconnu, répondant à de multiples interrogations relatives à notre environnement quotidien autant qu’au fonctionnement des grands systèmes naturels planétaires.

De la science de l’habitat aux interactions

Le terme d’écologie fut proposé pour la première fois par le scientifique Ernst Haeckel en 1866, pour désigner la science de l’habitat, avec comme objectif d’étudier les êtres vivants dans leur milieu naturel.

Les balbutiements de cette nouvelle science se traduisaient par des tentatives d’explication de la répartition des espèces prises séparément, en fonction de leur réponse aux caractéristiques des «facteurs inertes» du milieu.

Cette vision plutôt statique (l’autoécologie), bien qu’utile, a vite montré ses limites laissant apparaître l’indispensable nécessité d’introduire les phénomènes de relations entre espèces, avec toute la complexité qui y est liée (la synécologie).

Partie de l’espèce, l’écologie est devenue, surtout depuis les années 1960 puis 1980, une science constituant une approche globale des processus complexes liant la vie aux milieux, dans des phénomènes d’interdépendances avec de nombreuses actions et rétroactions, le tout traversé par des flux d’énergie.

Écologie et économie indissociables, déjà par leur racine commune

Le choix du mot écologie est judicieux eu égard à l’usage du mot économie, beaucoup plus ancien.

« Le mot « économie » vient d’un ouvrage écrit par Xénophon (au 4ème siècle av. J.-C.) et intitulé l’Économique, ce qui signifie « administration domestique » en grec. Il traite principalement de l’administration d’une propriété agricole (…) L’économie est ainsi conçue comme un art qui a pour but la connaissance et la formulation des règles permettant d’optimiser l’utilisation des biens d’un domaine » peut-on lire sur le site Mazerolle.fr .

Au 18e siècle, l’économie devient la « science de la production et des échanges » telle que nous la connaissons actuellement, et même si plusieurs définitions existent relatives à cette discipline.

Éco- est un préfixe qui vient du grec oikos , désignant la maison, l’habitat. Ainsi, l’économie, qui traite initialement de la gestion de l’habitat puis, actuellement, de la gestion des ressources, est-elle indissociable de la compréhension scientifique des milieux et des interactions qui y sont inhérentes, à savoir l’écologie.

Les tentatives consistant à opposer économie à écologie sont infondées prises dans ce sens. L’écologie doit ou devrait pouvoir influer sur l’économie autant que l’économie doit être intégrée dans la compréhension des phénomènes écologiques au moins dans ses dimensions historique et actuelle, dimensions effectives irréversibles.

L’émergence tardive de formation à l’écologie

L’écologie, comme matière enseignée dans les écoles, est apparue tardivement et seulement dans certaines formations. La création même de diplômes sur la gestion des espaces naturels fondée sur les connaissances en écologie scientifique est tout à fait récente.

L'association des Journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE) écrit : « Après la secousse de mai 1968, la protection de la nature fait une percée en France. Les associations se fédèrent en 1969 et, avec l'aide de l'ancêtre des JNE, réclament une politique de protection digne de ce nom. Le gouvernement crée donc en 1970 une Direction de la protection de la nature au ministère de l'agriculture. Puis, grâce à une intervention de Lucien Chabason, sous-préfet d'Ussel, auprès de Jacques Chirac, député de Corrèze, un BTS "protection de la nature" est créé au lycée agricole de Neuvic, alors menacé de fermeture. »

Pour avoir à l’époque (1975-1977) intégré cette toute nouvelle formation , nous savons toute la difficulté que pouvait rencontrer étudiants et nouveaux titulaires de ce diplôme alors largement décrié par l’ensemble des acteurs de l’espace rural (agriculteurs, chasseurs, pêcheurs, forestiers) puis, plus tard quand naîtra le concept d’écologie urbaine, des gestionnaires et concepteurs des espaces urbains et péri urbains.

De la nécessité d’être formé à l’écologie

Certes, les mentalités ont très largement évolué en 30 ans, et les changements profonds de modes de vie et de perception de l’espace ont entraîné de profondes mutations dans les représentations et les usages de ces espaces, notre environnement.

Il n’en reste pas moins que cet éveil tardif des consciences, et la précipitation qui s’ensuivit eu égard aux graves problèmes planétaires que nous avouons enfin connaître, ne s’accompagnent pas pour autant de l’enseignement de l’écologie pour tous. Ce constat est preuve, s’il le faut, de la difficulté que nos sociétés ont à conditionner leurs actions aux filtres des règles prioritaires du respect des processus naturel.

Physique, chimie, mathématiques, biologie, économie, histoire apparaissent comme des enseignements fondamentaux pour nos jeunes ; mais la matière la plus passionnante en terme de synthèse, celle qui pourrait permettre à chaque individu de se construire une conscience face au monde qui l’entoure et l’aiderait à comprendre et positionner l’impact de ses actes sur son environnement, reste encore bien marginale. Elle est tout au plus annexée aux premières années de scolarité ou considérée comme relevant d’un enseignement supérieur choisi.

Si la première loi française sur la protection de la nature, celle du 10 juillet 1976, pose enfin le principe que cette protection est d’intérêt général, et établit les premiers outils nécessaires à sa mise en œuvre (études d’impact, réserves naturelles volontaires et arrêtés de protection de biotope), l’écologie scientifique qui semblait devoir guider sa mise en application n’a pas obtenu la place qui lui revenait, pas encore du moins .

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