Économie d'eau au jardin : minimisez les effets de la sécheresse

Astuces et solutions pour économiser l'eau dans les jardins, pour moins arroser et pour améliorer le confort de vos plantes, de manière préventive ou curative.
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Éviter que les plantes souffrent de la sécheresse au jardin, et réduire les arrosages est tout à fait possible. Cela se fait essentiellement de deux manières : soit idéalement en amont, en réalisant les bons choix lors de la création de votre jardin, soit pensé en utilisant des gestes appropriés et en effectuant des aménagements adaptés si votre jardin existe déjà (*).

Connaître et associer les plantes pour lutter contre la sécheresse

Pour bien saisir les problèmes et agir en parfaite connaissance de cause, prenez le temps de comprendre ce qu’est la sécheresse et pourquoi les plantes ont soif . C'est très important pour adapter votre comportement et les bons gestes en fonction de la situation et du type de plante.

Il est en effet primordial de savoir que les exigences en eau varient beaucoup selon les plantes : les hydrophytes (espèces qui ont besoin d'eau facilement absorbable) s’opposent ainsi aux xérophytes (plantes qui supportent parfaitement de faibles teneur en eau du sol), avec de très nombreuses plantes variantes entre les deux. 

Il en résulte une PREMIÈRE RÈGLE : il ne faut jamais mélanger des plantes aux exigences différentes car il devient très difficile de les traiter ensuite de manière adaptée. Apprenez vraiment à constiuer des massifs, bosquets, plates-bandes ou jardinières de plantes ayant les mêmes exigences en eau. Exemples : ne plantez pas ensemble des érables ou des frênes avec des chênes verts ou des pins sylvestres ; les seconds résistent très bien à la sécheresse, pas les premiers. N’associez pas dans un même massif des lavandes ou des romarins avec des menthes ou des rosiers, même si le mélange de couleurs peut être très esthétique. Ci-dessous, un exemple très cohérents de plantes ayant les mêmes exigences, avec un résultat très réussi.

Il en résulte une SECONDE RÈGLE : pour tous les achats importants d’arbres ou d’arbustes, et même de fleurs à massif, il est donc utile de bien choisir vos plantes, en vous fournissant non pas à des "supermarchés de plantes" mais à des pépiniéristes professionnels (souvent présents sur les marchés d'ailleurs) en leur décrivant bien votre jardin et votre projet, et en leur demandant un choix d'espèces compatibles au niveau de leurs exigences en eau. Ces gens-là connaissent très bien les contraintes climatiques locales et les variations d’un secteur à un autre, et ils ont une vraie passion pour les plantes, qu'ils respectent vraiment !

Sécheresse : on ne conçoit pas un jardin comme on meuble une maison

Bien connaître le milieu naturel local et les incidences directes sur le jardin est une clé pour réussir votre jardin. 

Soyez bien convaincu que le plus beau des jardins, ne s'obtient pas par chance (la prétendue mains verte !), par l'argent ou par le temps passé, mais bien par une bonne maîtrise de l’ensemble des paramètres naturels qui le caractérisent et la connaissance des végétaux que vous y adapterez en conséquence. C’est l’étape indispensable avant de se précipiter dans une jardinerie ou chez votre pépiniériste. Au jardin les achats coups de cœur sont rarement les biens venus : gaspillage d’argent et nombreux échecs assurés, surtout avec des plantes fragiles et qui craignent la sécheresse.

Il en résulte une TROISIÈME RÈGLE : L'art de bien utiliser au jardin les ressources du milieu , c’est tirer profit des forces et faiblesses de celui-ci. 

Connaître ou créer les micro-situations, permet d’installer confortablement les bonnes plantes tout en leur offrant le meilleur : Exemple : sur les hauts de talus, placez les plantes résistantes au sec ; au pied du talus, plantez les plantes appréciant la fraicheur du sol ; même raisonnement entre une légère « bosse » et un léger « creux ». Utiliser les ombres portées des grands arbres est un autre exemple pour implanter des végétaux supportant le moins la sécheresse de l'air. Par contre, un pied de mur sur une façade exposée plein soleil ne peut que recevoir des plantes capables de résister à une forte insolation (risque de brûlure du feuillage, sinon) et une forte sécheresse, surtout de l'air (plantes xérophytes).

À une époque où nous parlons de plus en plus d’écologie et d’économie des ressources naturelles, partout ou le climat est propice à des périodes de sécheresse et où le sol est pauvre, il faut sérieusement envisager l’idée de concevoir un jardin sec, où les arrosages sont rares ou nuls . La photo ci-contre montre  un exemple cohérent d'assemblage de plantes, avec un jardin sec en son centre. 

Quand le jardin est conçu, il faut savoir optimiser les arrosages

Arroser n’est pas un automatisme. Planter en se disant que l’on va installer un arrosage automatique est dénué de sens si les étapes précédentes n’ont pas été réfléchies. C’est du gaspillage d’eau et d’argent. Fini l’époque où les arroseurs arrosaient tout et n’importe quelles plantes (pour ne pas dire aussi les graviers des allées !).

Il en résulte une QUATRIÈME RÈGLE - Pour arroser, il faut savoir que :

  • de jeunes plantations nécessitent plus d’eau que des plantes installées
  • mais à condition de réaliser de petits arrosages fréquents plutôt que de gros arrosages plus rares
  • un sol apparemment sec en surface ne l'est pas forcément en profondeur (d'où l'intérêt de gratter un peu la terre pour s'en assurer)
  • de grandes plantes ou des plantes bien installées nécessitent de rares arrosages copieux
  • pour un sol très filtrant (sableux ou graveleux), les arrosages abondants sont inutiles (l'eau disparâit en profondeur sans être utilisée
  • plus les plantes sont regroupées, plus l’arrosage est durable et procure de l’humidité de l’air.

Toutes les consignes pour bien arroser et réaliser un arrosage efficace et économique sont à connaître.

Protéger les plantes de la sécheresse et de la chaleur

Il est facilement admis que l’hiver, les végétaux sensibles doivent être protégés du froid. Mais curieusement, peu de gens pensent à protéger leurs plantes des fortes insolations et du sec. Pourtant, chaleur et sécheresse excessives méritent tout autant d’attention.

  • Plus une plante est exposée à la force des rayons chauds du soleil, plus elle dépense de l’énergie pour se protéger des brûlures et « gaspille » la précieuse eau. Un pare soleil sera bienvenue les journées les plus chaudes. Les plantes en pot peuvent être mises à l’ombre.
  • Plus il y a de vent, plus l’air s’assèche et l’eau transpirée par les plantes se trouve gaspillée. Par temps chaud et sec, une protection contre le vent, autour des plantes sensibles au sec, est utile.
  • Plus le sol est tassé ou trop finement travaillé et plus l’évaporation de l’eau du sol est forte. Il est souvent question de paillage de sol pour protéger la terre des pluies battantes ou du rayonnement direct du soleil.

Il  en résulte une CINQUIÈME RÈGLE : protéger vos plantes contre la sécheresse. Pour cela, si les écorces broyées peuvent donner de bons résultats, tout autant qu’un bon « matelas » d’herbe sèche non tassée (ou de paille), une belle idée consiste, dans les massifs ombragés (pour les plantes aimant les sols frais) ou dans des massifs de plantes xérophiles, à réaliser un paillage minéral, en recouvrant la terre de tuiles ou d’ardoises concassées, de petits galets ou de graviers , sur une dizaine de centimètres d'épaisseur, voire plus. Un tel « paillage » est indestructible, totalement neutre sur le milieu, et efficace. Il peut être l’occasion de réaliser des mariages de couleurs en jouant avec les types de matériaux. Mais comme tout paillage, il ne faut pas qu’il soit tassé par le piétinement ou le roulage.

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(*) Sources :

1 Laboratoire « Ecologie & Evolution » Paris – Jussieu

2 Université de Picardie Jules Verne

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