Jardin luxuriant, l'art de bien utiliser les ressources du milieu

Tirez profit des forces et faiblesses du milieu, créez de micro-situations, offrez le meilleur à vos plantes: les secrets pour créer un magnifique jardin.
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Au jardin, tirer le meilleur parti des micro-milieux est tout un art qui fait appel à trois qualités essentielles: l’observation, la perspicacité, la patience. Tout passionné de plantes veut leur offrir les meilleures conditions de vie. Ces dernières existent peut-être, mais elles peuvent aussi être provoquées par quelques astuces, jusqu’à une certaine limite. Il ne faut jamais oublier que la nature donne le meilleur d’elle-même si l’on sait faire preuve d’un minimum de sagesse.

Les plantes adaptées à chaque milieu

Aller à l’encontre de ce que la nature peut faire est le meilleur moyen de courir à l’échec et de provoquer la souffrance et la mort des végétaux plantés. Bien connaître le milieu est la clé pour réussir un beau jardin . C’est la première étape dans la conception et l’amélioration du jardin. Il n’y a aucun point commun entre les terres argileuses et lourdes du plateau picard et les terres limono-sableuses filtrantes à sous-sol humide du Val-de-Saône, même si le climat y est, dans les deux cas, plutôt venteux, froid à frais et humide l’hiver, doux à chaud et sec l’été. Le premier est le domaine des chênes pédonculés, néfliers, seringats, houx, merisiers des oiseaux et alisiers torminals. Le second est le domaine des frênes, des saules marsault, des érables planes, des cerisiers mahaleb. Le principal secret des plus beaux jardins est de tirer enseignement des constats suivants:

  • Cerisier à fleurs, aubépine rouge, noyer noir d’Amérique, hêtre pourpre ou pleureur, néflier d’Allemagne, houx et seringat horticole sont d’excellents ligneux pour le plateau picard.
  • Chêne rouge d’Amérique, chêne des marais, caryas, érables horticoles, frêne pleureur ou doré, peupliers et saules d’ornements conviennent idéalement en Val-de-Saône.

Tirer profit des variations du milieu

Dans la nature, chaque situation est exploitée au mieux par les plantes. Une lisière exposée plein sud ne comportent pas les mêmes espèces qu’une autre exposée au nord. Un creux de rocher, l’abri ou l’ombre d’un arbre, le talus d’un fossé, etc., chaque micro-milieux permet à des espèces végétales différentes de s’y implanter. A de rares exceptions, un jardin, même petit, n’est jamais vraiment homogène. Il existe des parties plus ventées, des endroits à l’ombre, d’autres plus ensoleillés, des lieux plus frais ou humides… Chacune de ces situations est l’occasion de varier la végétation à implanter. Le petit coin frais humide, à l’ombre, recevra fougères, hostas, anémones vivaces, carex et houttunya, par exemple. Les emplacements dans les courants d’air recevront trembles, touffes de bambous, cannes de Provence ou miscanthus qui bruisseront au vent et joueront leur rôle de brise-vent. Le coin sec, au sol peu profond, accueillera, suivant les climats, des genévriers, des pins et cèdres (il en existe des pleureurs et des nains), des cistes, des oliviers, des chênes verts ou lièges, des agaves… Les meilleures terres seront réservées au potager, au verger, ou aux végétaux exigeants: noisetiers, ormes, symphorines, abélias, cornouillers, platanes, mélias, hêtres, photinias…

Créer les situations qui n’existent pas

En vous inspirant des multiples situations naturelles, vous pouvez créer des micro-milieux pour varier la diversité végétale de votre jardin. Certaines réalisations sont à prévoir dès la création du jardin, d’autres se feront au cours du temps.

  • Pourquoi ne pas modeler une partie du terrain? La réalisation de zones plus creuses permettra de créer des fonds plus frais et humides, surtout si quelques arbres sont plantés autour pour apporter de l’ombre.
  • Avec la terre des creux, il est intéressant de créer un talus, bien exposé, à l’arrière duquel vous planterez des arbustes variés, persistants, et sur la pente duquel vous pourrez réaliser plus tard une belle composition de plantes affectionnant soleil et abri.
  • De beaux rideaux végétaux et des bosquets briseront le vent et serviront, plus tard, d’abri pour d’autres plantations.
  • La construction de murets (40 à 80 cm de haut suffisent) permet de mettre en valeur de multiples vivaces au pied du mur, de belles collection de sédums et joubarbes sur le haut, et d’y poser de belles potées fleuries.

Profiter des opportunités qui se créent avec le temps

Vos plantations ont maintenant quelques années, arbres, arbustes, graminées géantes sont de belle taille. Les talus sont bien stabilisés! C’est le moment de profiter de toutes les nouvelles «niches» qui se sont créées pour apporter de nouvelles espèces.

  • A l’avant d’un beau rideau végétal, plantez à l’abri du vent des plantes au feuillage fragile comme les bananiers, lmusarellas et cannas, lepalmier Sabal minor .
  • Toujours à l’abri des courants d’air froids, devant bambous ou arbres et arbustes persistants, plantez les palmiers, mimosas, eucalyptus…
  • Le talus, maintenant bien protégé par les arbustes, peut accueillir des plantes dont les pieds, protégés ou non, supporteront mieux les rigueur de l’hiver: dalhia arborescent, eucalyptus nains, érythrine, opuntias et nombre de vivaces frileuses.
  • L’abri épais d’un chêne vert protège les plantes délicates de la neige et limite la force du gel (s'il n’y a pas de courant d’air), tandis qu’un bosquet de caduques permet, en mi-ombre, la plantation de rodgersias, fushias, bulbeuses de printemps…

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