Mauvaise terre de jardin, que planter en sol pauvre ou caillouteux ?

Terrain de mauvaise qualité ou pierreux... quelles plantes choisir ? Des conseils et une sélection des meilleures végétaux adaptés à ces milieux difficiles
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Bonne nouvelle ! Dans la nature il n’y a pas de milieu « pauvre » et très rares sont les lieux, sous nos latitudes en particulier, où la végétation ne trouve aucune condition propice à son développement. Contrairement à une idée fréquemment véhiculée, c'est bien moins la "pauvreté" du sol où le fait qu'il y ait des cailloux qui est un problème, mais le manque d'eau dans ce type de milieu. Certaines plantes apprécient tout particulièrement les endroits où le sol nous apparaît comme peu fertile. 

De même, ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup de pierres et cailloux dans la terre ou sur le sol  que le milieu n’est pas propice à la culture de nombreuses plantes. Les pierres peuvent même présenter des avantages comme le fait de conserver la chaleur du jour pour la restituer le soir et la nuit aux racines, ou d'améliorer le drainage de la terre, etc (un facteur très favorable pour les gazanias, photo ci-contre, par exemple). 

Le premier vrai conseil est d’apprendre à tirer parti du milieu existant, au moins pour tout ce qui est ornemental, plutôt que de vouloir modifier lourdement le sol existant. Par contre, pour réaliser un potager en milieu "pauvre", la meilleure solution reste le jardin en carré ou en planches surélevées, avec une terre apportée et enrichie exactement là où il faut.

Jardin pauvre et caillouteux : plusieurs situations sont à distinguer

Pour des raisons naturelles ou du fait d’interventions humaines, un terrain peut avoir l’aspect d’un milieu pauvre sur lequel peu de plantes semblent vouloir pousser:

Les milieux sableux : en bord de mer notamment, ou dans les Landes, mais il existe pas mal de plantes pour réaliser un jardin sableux .

Les zones rocailleuses ou caillouteuses de montagne : si la forte présence de pierres, cailloux et roches semblent un frein, en réalité, les sols sont rarement pauvres car le climat humide et frais une bonne partie de l’année favorise la pédogénèse (formation et évolution du sol). A moyenne et basse altitude, ces zones de montagne sont d’ailleurs très riches en flore. Au jardin on peut tout à fait choisir des plantes pour exposition froide, voire même à l’ombre .

Les zones rocailleuses ou caillouteuses du pourtour méditerranéen : à la difficulté du sol s’ajoute celle du climat, particulièrement sec une bonne partie de l’année. Cela ne gène nullement certaines plantes comme la lavande stoechas ou lavande papillon, photo ci-contre, par exemple). Dans un jardin méditerranéen, roche et climat conditionnent fondamentalement la végétation, alors que sous la plupart des autres tendances climatiques en France, la roche est en profondeur et c'est surtout le sol qui influe. Mais dans ces régions on peut se faire plaisir en créant un jardin sec , comme sur la photo ci-dessous, par exemple .

Si vous avez vraiment besoin d'améliorer votre terre, l'article Sol très compact, dur et pauvre au jardin... comment l'améliorer ? peut vous apporter des réponses.


Reste deux situations qui méritent une attention particulière quant au choix des plantes : Les collines, talus et pentes marneuses d’une part, et les remblais et friches d’autre part.

Ces plantes qui poussent sur des terrains pauvres et caillouteux

Les sablons de la Touraine et les terres calcaires pauvres de certains secteurs de la Champagne sont de bons exemples des sols considérés comme difficiles par de nombreux jardiniers. Quand ces terres contiennent un peu d’argile, la qualité n’est pas trop mauvaise. Mais dés lors qu’elles sont caillouteuses et peu argileuses la sécheresse devient un élément défavorisant supplémentaire. Pourtant, ce sont d’excellentes terres à vignes, et voilà déjà une première plante dont il ne faut pas se priver sur ces sols, surtout qu'il y a les variétés à fruits , mais aussi des variétés ornementales ( Vitis coignetae par exemple).

Naturellement, certains ligneux se plaisent dans ces milieux et peuvent être utilisés au jardin : les pins, et plus particulièrement le pin sylvestre et le pin noir d’Autriche, et donc toutes leurs variétés horticoles ; les genévriers ( Juniperus sp.) dont il existe une multitude de variétés et cultivars souvent vendus comme conifères « nains », se déclinent dans toutes les formes ou presque (rampant, colonnaire, pyramidal, horizontal…) et dans de nombreux coloris de feuillage (vert sombre, dorés, vert tendre, gris cendré, bleuté…) ; le chêne pubescent et le chêne tauzin y poussent lentement mais bien. Les cornouillers ( Cornus sp.), notamment le cornouiller sanguin, et l’amélanchier fournissent en plus de leur beau feuillage des fruits comestibles.

Les genêts, les viornes ( Viburnum sp.), le prunellier, le robinier faux acacia, les chèvrefeuilles, poussent très bien dans ce sols, de même que les potentilles, hellébores, euphorbes, thyms, sarriettes, romarins, teucrium, cistes… Parmi les plantes herbacées notons les carex, cardères, agrostides, bromes et fétuques, les lins, matricaires, bourraches, ainsi que beaucoup d’orchidées et le magnifique chardon bleu ( Echinops ritro ).

Les plantes succulentes telles que sédums et joubarbes ( Sempervivum ) permettent de tapisser le sol entre les pierres, en formant des massifs très originaux vue la multitude de variétés présentées par les pépiniéristes et jardineries.

Terres de remblais et friches : que planter ?

Ces « sols » sont souvent problématiques puisqu’ils correspondent généralement à un mélange de matériaux d’origines variées ne formant justement pas un vrai sol. Suivant la nature et l’origine des remblais, le type de végétation à planter peut considérablement varier.

Pour éviter trop d’échec, il vaut mieux :

  • planter petit dans une poche de bonne terre, car les plants reprennent mieux, s'arrosent plus facilement et coûtent moins cher en cas d’échec; ils vont rapidement plonger leurs racines dans les parties de sol les moins favorables ensuite,
  • planter à l’automne (en région méditerranéenne surtout) ou au printemps (dans les secteurs froids et en montagne notamment) pour éviter les excès de chaleur et la déshydratation, ou le froid et la sécheresse due au gel,
  • se concentrer sur des plantes « increvables » ou presque que l’on peut choisir parmi  les plantes couvre sol robustes , les arbustes très résistants ou les meilleures et plus robustes plantes à massif .

En règle générale, les plantes dites « pionnières » sont intéressantes car elles sont frugales et adaptées à coloniser les espaces nouveaux : pins, bouleaux, genêts, genévriers, ajonc, euphorbes (photo ci-dessus)… Si les buddleia (arbre aux papillons), gynérium (herbe de la pampa) et sumac, par exemple, sont très adaptés pour s’implanter dans les remblais, ces plantes sont localement de véritables envahisseurs capables de devenir des pestes végétales. Les implanter mérite prudence et contrôle, car à la différence des « mauvaises herbes » , elles ont des impacts souvent lourds sur l’environnement.

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