Paillage minéral: pour un jardin contemporain, beau et durable

Pailler au pied des plantes et dans les massifs pour protéger le sol peut se faire avec pierres et galets ou débris solides pour un résultat exceptionnel.
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La mode est au retour de la simplicité, de la nature, des aménagements durables et écologiques. Le paysagisme n’y échappe pas et les jardins deviennent plus minimalistes, plus fonctionnels aussi. Nouveau, beau et plein d’avantages, le paillage minéral fait une entrée remarquée dans les lieux de vie contemporains, ou épurés… A découvrir (*), avant de l’adopter.

Qu’est-ce que le paillage ?

Au jardin, toute couverture du sol à l’aide de matériaux solides en morceaux plus ou moins gros, sous forme d’une couche plus ou moins épaisse, mais uniforme pour une surface donnée, porte le nom de paillage.

Le terme est issu d’une pratique culturale ancienne, et toujours très utilisée, qui consiste à déposer au sol une couche épaisse de paille, autour des plantes.

Les rôles essentiels sont :

  • maintenir une bonne fraîcheur du sol,
  • éviter le tassement et la battance de la terre par le martellement des pluies,
  • préserver une certaine aération du sol,
  • favoriser le maintien d’une bonne activité biologique,
  • lutter contre l’encroûtement par dessèchement de la surface,
  • limiter voire empêcher le gel du sol,
  • freiner fortement le développement des « mauvaises » herbes.

Les limites du paillage organique, les forces du paillage minéral

La matière organique sent facilement. Paillage organique avec paille, feuilles ou écorces, présente deux inconvénients, notamment :

  1. attaqué par l’eau, les champignons et moisissures, le pourrissement du paillage peut entraîner le pourrissement des plantes à préserver. Certains paillage d’écorces s’avèrent en plus acidifiant pour le sol.
  2. l’aspect esthétique du paillage est d’assez courte durée, de 6 mois à 3 ans environ, après quoi il faut le renouveler .

Le paillage minéral est une autre illustration de la nature, et ressemble beaucoup à ce que l’on peut observer de-ci de-là dans les Causses, dans les éboulis, sur certaines arrières plages, dans les lits de débordement de quelques rivières, dans diverses savanes sub-désertiques ou dans les garrigues et maquis. Imputrescible, pérenne, stable, il est parfaitement adapté aux milieux secs et aux plantes méditerranéennes, montagnardes ou littorales. Les pierres stockent en plus la chaleur le jour et la restituent progressivement le soir et la nuit.

Pailler avec des galets, des pierres, des cailloux et graviers

L’utilisation de matériaux issus directement de l’environnement apportent une dimension nouvelle au jardin.

Les galets blancs ou clairs, près des rivières, fleuves et bords de mer, prolongent l’identité locale. Ils s’utilisent aussi pour créer des « zones humides contemporaines » s’associant à merveille avec prêles, typha, iris d’eau, joncs.

Les pierres de carrière très durables également donnent aussi un prolongement de la nature locale : grés, granit, calcaire, plaquettes de schistes en cailloux de diverses tailles sont intemporels et ne nécessitent aucun entretien.

Les graviers sont plus « modernes » mais, mis en couche épaisse, offrent une excellente efficacité pour la protection du sol à la condition de ne pas être piétinés ou tassés par roulement.

Pailler avec des briques, de l’ardoise, des tuiles et autres débris de construction

Des paysagistes ont osé et le résultat est magnifique : utiliser, en mariant les aspects et les couleurs, des débris de matériaux du bâtiment. Ainsi, des tuiles broyées, des morceaux de briques, des ardoises pilées, mais aussi des céramiques et terres cuites concassées offrent des possibilités très décoratives, notamment dans des contextes urbains ou ultra contemporains. Associés à quelques matériaux plus « sauvages », comme des bois flottés ou des roches, ou des poteries et pots géants , le résultat est très réussi. Des plantes graphiques conviennent parfaitement à ces décors, comme des buis taillés , des palmiers , des bambous , des cordylines , des phormiums, des bananiers ou des cactées , et l’usage en est fait tout particulièrement avec l’idée de créer des jardins secs très économes en eau .

Réussir un paillage minéral

Pour obtenir un paillage durable et sans entretien, la pose d’une sous-couche en géotextile de type BIDIM spécial anti mauvaise herbe est particulièrement recommandé, surtout si la couche de matériaux de recouvrement est faible. Le géotextile se déroule sur les sols préalablement désherbés.

Pour un paillage avec de plus grosses pierres, une technique sans géotextile consiste à déposer une première couche de cailloux calibrés 60/80mm, épaisse de 10cm, puis une couche de cailloux plus petits 15/20mm, épaisse également de 10cm, et de recouvrir le tout par des pierres (ou galets) plus grosses disposées selon les goûts ; il ne faut pas hésiter à utiliser les bonnes quantités en évitant de déposer simplement une fine couche de gravier ou cailloux.

Par contre, le paillage minéral est inadapté pour des sols très humides et instables ou dans les espaces trop boisés ou trops ombreux (sauf à vouloir créer un espace de mousses).

Les galets et graviers se vendent en big bag d’une tonne, mais aussi en vrac par camion, la solution la plus économique, surtout en s’adressant directement à un négociant en matériaux ou à un carriériste, sans passer par des jardineries et autres intermédiaires.

Il existe également des résines non polluantes qui donnent une finition mate aux graviers et matériaux dont on souhaite garder durablement une couleur précise. De quoi faire de superbes motifs de cailloux et galets, au sol.

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(*) À partir des informations collectées au salon Jardins et aménagements extérieurs de la foire de Bordeaux 2011 et de l’entreprise Moussier Négoces, spécialisée dans le négoce de matériaux pour l'aménagement intérieur et extérieur, et la création de jardins de charme, située à Pertuis (84, Vaucluse).

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