Plantes gelées… comment le savoir, faut-il intervenir, que faire?

Est-ce que mes plantes ont gelé ? Peut-être, mais pas de précipitation ; Avant et après diagnostic, certains gestes faits au bon moments peuvent les sauver. Explications.
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Grand froid, fort gel, neige… autant d’inquiétudes justifiées à avoir pour les plantes les moins résistantes, sur la terrasse, au balcon ou au jardin. Si tout dépend bien sûr du type de plantes concernées, l’article « La résistance des plantes au froid, au gel, les bonnes questions » permet d’avoir un aperçu très clair sur l’ensemble des facteurs qui entrent en jeu dans le processus de dépérissement des plantes, car froid et gel n’expliquent pas tout.

Par exemple : si le laurier rose que l'on vous avait présenté comme résistant jusqu'à -10°C a gelé à -6°C, le problème est maintenant de savoir que faire.

L’effet létal du froid sur la plante n’est souvent visible que plusieurs jours à plusieurs semaines après 

À quel moment sait-on si une plante a vraiment gelé ou non ? Difficile de répondre à cette complexe question. Pour certaines, le "drâme" se constate instantanément : les plantes à grandes feuilles vertes (brugmansia, ricin, iochroma...), par exemple, montre immédiatement les effets du gel par leurs feuilles subitement molles, gris-brun et pendantes. C'est le cas pour cette rose trémière, ci-contre. Mais pour la plupart, il y a l’apparence et la réalité ; il y a ce qui se voit deux jours après et ce qui se passe quatre mois après. Un cactus en coussin, gelé, pourrit en quelques jours. Une cordyline peut donner l’apparence d’avoir tenu le choc et finalement pourrir lentement jusqu’à mourir plusieurs mois après. Tout est donc questions de prudence, de surveillance et de bon sens. Pas de précipitation, mais des gestes appropriés sont à adopter au bon moment.

Ce qu’il faut absolument faire quand il gèle fort même si la plante a déjà subit le froid

Tout jardinier peut se laisser surprendre, et les prévisions météo ne sont... que des prévisions, pas certitudes. Des froids intenses et durables se produisent et vous n’avez pas eu le temps de protéger des plantes que vous savez fragile ? Rien ne prouve qu’il soit trop tard donc… agissez vite, car même deux nuits de gel fort sont moins graves qu’une semaine. Beaucoup d’informations vous sont présentées dans l’article « Bien protéger les plantes du froid, les abriter des forts gels  ». 

En résumé : regroupez et liez ensemble les rameaux (laurier-rose, callistemon, olivier…) ou les feuilles (palmier, cordyline, phormium ci-contre…). Entourez ensuite d’un voile de protection double ou triple épaisseur toute la plante, du ras du sol jusqu’en haut. Si vous n’en avez pas, protégez- la par du carton ou mettez provisoirement une couverture, de vieux draps ou même (en dernier ressort) un plastique à bulle (qui ne pourra être laissé que quelques jours sous peine de pourriture complète de la plante !), le temps que le gel s’atténue et que vous puissiez assurer une meilleure protection. Sur le sol, autour de la plante et de sa protection, déposez des cartons ou, si vous en trouvez encore, des feuilles mortes pour protéger les racines. S’il neige, remplacez les cartons par une couche épaisse de neige.

Pour une plante en bac ou en pot, entourez le contenant d’une toile épaisse, de carton, ou d’une couverture. Placez la plante contre l’embrasure d’une porte ou d’une fenêtre, sous le couvert d’une avancée de toit, à l’abri de tout courant d’air.

Ce qu’il ne faut absolument pas faire quand une plante semble gelée ou sur le point de l’être

  1. Ne protégez jamais avec du plastique une plante qui semble gelée (donc dans ce cas... surtout pas de plastique à bulle). 
  2. Ne la maintenez pas non plus dans l’humidité. Il faut l’aérer et lui faire profiter de tout rayon de soleil pour qu’elle se sèche. Ses principaux ennemis sont : la persistance du froid contre elle, l’obscurité, l’humidité, l’absence d’air. 
  3. S’il neige ou s’il pleut, il ne faut pas regrouper les feuillages car l’eau piégée entre les feuilles gèlera à nouveau ou (et) précipitera le pourrissement.

Une plante mal en point ne doit pas non plus être laissée livrée à elle-même :

  1. Empêcher là de se mouiller en lui mettant une protection sur le dessus, 
  2. abritez-la de l’agressivité des courants d’air glacés par une protection latérale, 
  3. ne la rentrez surtout pas dans une pièce chauffée, cela favoriserait la prolifération des moisissures notamment.

Comment intervenir sur les plantes, que faire quand le froid se calme ? 

Même si l’accalmie n’est que d’une ou deux journées, profitez-en pour agir utilement. S’il ne pleut pas et s’il fait suffisamment doux, ôtez la protection anti froid pour aérer correctement la plante et faire le point. Des branches et extrémités qui se dessèchent, se recroquevillent, moisissent ou sont carrément molles… coupez les sans hésiter nettement sous la limite d’atteinte observée. Supprimez aussi toute feuille qui noircit, brunit, moisit, ainsi que toutes les fleurs et tous les fruits même sains. Par contre, pour ce cypérus, ci-contre, l'idéal est d'écraser ses feuilles visiblement gelées sur le pied, puisqu'elles sont maintenant sèche, pour bien protéger la souche sans doute encore intacte. 

Si l’état général de la plante donne un aspect dépérissant n’hésitez pas à la rabattre assez vivement pour sauvegarder le pied (que vous abriterez sous du carton ou des feuilles mortes). Ce dernier point ne s’applique pas aux palmiers qui, coupés, ne repousseraient pas, comme pour le gros phoenix ci-contre dont les dégats ont commencé à se voir vraiment prs de 10 jours après le grand froid. Pour lui, si d'autres froids sont attendus, il faut regrouper les palmes (quitte à en supprimer le tiers supérieur). Sinon, il vaut mieux attendre une repousse par le coeur, durant au moins 5 mois !

Une fois la plante nettoyée, tentez une pulvérisation anti pourriture, sans « inonder » la plante, mais uniquement s'il est prévu plusieurs jours d'affilé de temps moins froid et sans pluie ou neige. Avant que le froid ne revienne, protégez à nouveau la plante avec des matériaux secs et suffisamment épais.

Pour les cactées et succulentes, et une froid le grand gel finit, à l’aide d’une lame de cutter et d’une spatule, voire d’une cuillère, éliminez tous les tissus pourrissants, quitte à curer l’intérieur des segments ou raquettes. Chez de nombreuses espèces la pourriture se fait par paliers successifs, ce qui facilite la tâche. Une fois ce travail minutieusement réalisé, la plante doit être protégée de toute humidité sur elle et au sol. Offrez-lui le maximum de soleil, le plus souvent possible pour que le cale de cicatrisation se forme.

Surveiller les plantes et intervenir aussi souvent que nécessaire

Considérez vos plantes gelées comme des grandes malades, surtout pas comme des mortes ! 

De grands « miracles » sont parfaitement possible à condition d’être au chevet du végétal. À chaque redoux, et jusqu’à ce que les gels disparaissent, opérez exactement comme indiqué précédemment : aération, taille ou suppression des parties mourantes ou pourries, traitement anti pourriture aux doses et fréquences indiquées par les fabricants et remise en place de la protection (comme pour ce jeune butia, ci-contre, dont la feuille n'a pas été coupée car elle possède encore quelques tissus vivants dont la plante va utiliser les ressources pour tenter de repartir). 

Pour toutes les plantes en pot ou bac, n’arrosez qu’avec une extrême parcimonie. Mieux vaut un sol sec ou presque humide, et le plein soleil pour toutes les plantes qui le supportent.

Surveillez attentivement le pied de la plante, surtout si elle est ligneuse (agrumes, olivier, laurier-rose, laurier-sauce, yuccas, eucalyptus, magnolias… ). Si de jeunes pousses s’y développent n’hésitez surtout pas à supprimer tout ce qui se trouve au-dessus, car de toutes façons la plante va concentrer son énergie sur les parties les plus saines, à savoir son pied, plutôt que d’essayer de reprendre une croissance à partir de tissus abîmés. Beaucoup de plantes on d'ailleurs tendance à reformer de nouvelles pousses plus énergiques vers le bas que vers le haut des tiges. ceci doit vous inciter à couper la tige au-dessus des pousses les plus fortes et non pas eu dessus des plus faibles ! Pour les palmiers, surveillez bien le cœur. Si la croissance d’une nouvelle feuille semble apparaître, tentez de l’aider en écartant et coupant les parties mortes et raides qui l’entourent, et faites en sorte qu’aucune pluie ne vienne mouiller trop tôt le cœur.

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