Printemps : à quel moment sortir les plantes en pots et en bacs ?

Aux premiers beaux jours, plantes d'orangerie et en potées méritent lumière et bon air : conseils pour bien réussir cette opération un peu délicate.
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Tirées dans le garage, dans la véranda ou dans une dépendance, les plantes en pots et bacs ont été mises à l’abri des gels. Elles passent plusieurs mois à souffrir un peu en silence en attendant le printemps. Il faut maintenant les sortir, en respectant quelques consignes et en toute connaissance de cause. Faisons le point (*).

Vos plantes sont des êtres vivants à part entière

L’allongement de la durée du jour est un facteur prépondérant dans le déclenchement de la croissance des végétaux. Si les petits oiseaux ont « le zizi en fleur » et chantent à tout va dès le mois de février, et parfois même avant, ce n’est pas à cause de la chaleur, mais de la lumière. Ils réagissent physiologiquement aux jours qui s’allongent et qui déclenchent leur activité sexuelle.

Pour les plantes, c’est pareil. La plupart d’entre elles, dites de jours longs, sont photosensibles d’un point de vue du déclenchement de la croissance et de la floraison. Dès l’allongement sensible des journées, leur croissance se réactive, leur floraison se prépare en secret.

Ainsi, la plante n’est pas un objet que l’on sort au printemps pour décorer la terrasse ou le jardin et que l’on met au placard l’hiver « quand la saison est finie ». Il n’y a pas de saison qui tiennent, et les végétaux vivent toute l’année. Le froid n’est pas forcément le critère le plus important à prendre en compte pour savoir quand sortir les plantes.

L’erreur consiste à croire que, sous prétexte d’une activité plus modérée, le végétal peut se dispenser d’une certaine qualité de milieu de vie. L’expression « plante au repos » ne s’applique d’ailleurs pas vraiment aux plantes exotiques qui ne connaissent pas les hivers (abutilon, asparagus, citronnier , phoenix…).

Les plantes ont besoin de lumière et de grand air

Même au frais et à l’ombre, le déclenchement de la croissance s’opère dès la mi février, et les problèmes vont commencer :

  • Faute de lumière suffisante (garage, remise, buanderie sombre…) les nouveaux tissus produits sont dépourvus de chlorophylle, pigment vert qui se fabrique à la lumière et qui est indispensable à l’accomplissement de la photosynthèse, donc à la vie de la plante. Les nouveaux tissus sont blancs ou jaunes.
  • La plante répond à un phénomène appelé phototropisme : l’attirance vers la lumière, dont elle a besoin pour la raison évoquée ci-avant. Ainsi, elle va développer des pousses exagérément longues, pousses qui sont très fragiles et épuisent inutilement la plante.
  • Les jeunes tissus, mal constitués sont insuffisamment aptes à résister aux attaques parasitaires, et vont vite se trouver envahis de pucerons, cochenilles, pourritures et champignons parasites, invasions accrues par l’absence de grand air, dans des ambiances confinées.

Un peu de froid contre un peu de soleil et d’air pur

Grâce aux constat précédents, il est facile de comprendre qu’il y a un juste compromis à trouver pour offrir le plus vite possible du bien être aux plantes en pots ou en bacs. De très nombreuses espèces dites d’orangerie sont parfaitement capables de supporter la fraicheur, voire même de petits gels : laurier rose, citronnier et oranger, yucca, abutilon, brugmansia , géranium, chlorophytum, aloès, dipladénia , cycas, divers palmiers, etc.

Suivez la chronologie inverse des étapes appliquées à l’automne pour rentrer les plantes d’orangerie .

  1. profitez d’une journée ensoleillée pour sortir les plantes et les nettoyer, en supprimant toutes les parties sèches, les pousses fragiles ou malsaines. N’hésitez pas à raccourcir les branches pour favoriser une belle repousse plus dense. Les agrumes, avocatiers, bougainvillées , abutilons, lauriers roses, par exemple, gagnent à être reformés.
  2. rempotez les plantes qui n’ont pas été changées de pot à l’automne. Choisissez la taille de pot juste supérieure. Grattez la surface de la motte pour ôter la vieille terre épuisée. Utilisez un terreau riche et filtrant.
  3. un bon bassinage du feuillage (au pulvérisateur ou au jet doux) permet de supprimer la poussière. À éviter sur les cactées, par contre.
  4. placez les plantes les plus robustes (celles qui résistent à des petits gels) dans un lieu bien abrité, contre un mur bien exposé, par exemple, et à l’abri de la pluie, ou sous une terrasse couverte, hors courants d’air. Attention aux rayons directs du soleil si les plantes étaient à l’ombre.
  5. nettoyez avec soin l’orangerie , la véranda ou toute autre partie de local ou vous stockiez les plantes pour y replacer encore quelques temps les plantes les plus fragiles (coléus, Ficus benjamina , bananiers, etc.)

Précautions à prendre à la sortie des plantes durant les deux premiers mois

  • En cas de risques de gel de l’ordre de -2°C à -5°C, placez un voile sur les plantes à l’extérieur, « au cas où » !
  • Evitez les apports d’engrais qui forceraient leur croissance, tant que tous les risques de gel ne sont pas écartés.
  • L’arrosage doit se faire en fonction du temps. En période de brouillard ou de forte humidité de l’air, une terre à peine humide est préférable.
  • Quand les températures les plus basses sont supérieures à 2 ou 3°C, sortez les dernières plantes.
  • Vous pouvez mettre à leur place définitive celles sorties quelques semaines auparavant et leur apporter enfin les dosages d’engrais qui vont booster leur croissance et leur floraison.
  • Surveillez très attentivement le dessous des feuilles, les extrémités, le pied des plantes, le dessous des rebords de pot, pour vous assurer qu’il n’y a pas d’attaques parasitaires. Quelques pucerons ou cochenilles-? Écrasez les à la main immédiatement. C’est souvent plus efficace qu’un traitement. Même les cactées sont susceptibles d’être touchées par ces attaques. Pensez-y !

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(*) avec les conseils de :

Anita Pereire, Encyclopédie pratique du Jardin , Hachette – 1997

L’encyclopédie horticole Le Bon jardinier , tome 1, La Maison rustique, Paris, 153ème édition – 1992

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