Que faire pour s'isoler du bruit chez soi, quelles solutions ?

Le confort acoustique des intérieurs, appartement ou maison, est une nécessité pour le bien-être psychologique. Comment se protéger des bruits? Réponses.
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« Je ne supporte plus les bruits de mes voisins du dessus, de la cage d’escalier, de la rue… » Comment être moins stressé par le bruit quand on est dans son logement ou son bureau ? La réponse est rarement unique. Le produit idéal n’existe pas et la solution est généralement plurielle (1).

Le fait est, en plus, que nous ne sommes pas tous égaux face au bruit. Problème de culture, ou d’éducation, histoire personnelle et sensibilité individuelle sont autant de raisons qui font que ce qui laisse indifférent certaines personnes, ou reste acceptable pour elles, est insupportable pour d’autres. Quand on se met à entendre le bruit, celui-ci peut devenir petit à petit, source de stress, d’angoisse et d’agressivité, faire perdre le sommeil et la concentration, réduire l’attention au travail ou à l’école, rendre plus compliquée la vie familiale jusqu’à reporter sur ceux que l’on aime la colère que l’on ne peut exprimer à autrui qui nous gêne (2).

Plus le logement est « vide », plus il est sonore

Murs et plafonds de béton ou de plâtre peints ou recouverts d’un papier de qualité ordinaire, ameublement minimaliste, simple vitrage, logement de type pièce à vivre sans portes ni cloisons… voilà les ingrédients parfaits pour laisser entrer et se propager tous les bruits chez soi. Sur le même principe que les idées pour se protéger du bruit quand on est au jardin , il faut comprendre qu’un intérieur sera d’autant moins sonore que l’on va augmenter le nombre de couches et de natures de matériaux, et remplir le vide pour renvoyer ou absorber les bruits.

Les solutions techniques existent et permettent de bloquer ou d'atténuer la transmission des vibrations sonores. Hétérogénéité et multi couches sont les règles de base, du sol au plafond, des murs aux fenêtres !

Les bruits du dessous, que faire avec les sols ?

Il ne faut pas hésiter à choisir l’option « doublage », sans forcément dépenser beaucoup. Si la hauteur sous plafond le permet largement, il est intéressant de créer un coussin d’air de 3 à 4 cm entre l’ancien sol et le nouveau :

  1. Créez une armature porteuse en bois brut avec des liteaux plats de 3 ou 4 cm d’épaisseur et de 4 à 6 cm de large (écartement entre bois : 60cm), sur laquelle vous fixerez des panneaux de particules de 22mm d’épaisseur.
  2. Privilégiez des produits classés E1 (sans effet négatif sur la santé), notamment par rapport aux formaldéhydes, dont la toxicité est largement reconnue dans les habitats, est important pour la qualité de l’air intérieur et vaut pour tous les produits.
  3. Couvrez toute la surface du sol avec un film isolant fin et souple, qui permet de corriger les imperfections et peut recevoir tous les revêtements de sol.
  4. Posez dessus un parquet flottant, massif ou en matériaux composites suivant vos goûts et votre budget.

Si vous les aimez et les supportez, quelques tapis posés au sol amélioreront encore l’efficacité de l’ensemble.

Les bruits du dessus, que faire avec les plafonds ?

Pas de miracle non plus… il faut doubler. Le principe peut être le même que pour le sol, à savoir avec ou sans coussin d’air. Attention, un faux plafond réalisé simplement avec une armature aluminium et des dalles de particules ou polystyrène est à peu près totalement inefficace.

Préférez un matériaux multicouche à peindre ou à tapisser, si le plafond est lisse. Si vous possédez des poutres apparentes, le choix peut être fait d’utiliser celles-ci pour doubler avec un plafond lambrissé, après avoir disposé une épaisse couche d’isolant naturel entre les poutres (chanvre, lin…).

Les bruits d’à côté et du dehors, que faire avec murs et fenêtres ?

Certes assez coûteuses, les fenêtres triple vitrage sont très efficaces contre le bruit. De même, il existe des portes dites phoniques, tant pour l’entrée que pour celles intérieures.

Pour les murs, un isolant phonique fin, souvent multicouche, est une bonne solution, recouvert d’un papier tissu épais ou de panneaux de liège. Le mur le plus sonore peut être aussi doublé, comme pour les sols, mais une bonne astuce consiste à créer sur toute sa longueur des meubles de rangement ou un dressing fermé qui serviront de zone tampon, après avoir tapissé le fond avec un isolant phonique.

Meubles, tentures et cloisons pour s’isoler du bruit

Des armoires en bois massif contre les murs, des canapés et fauteuils en mousse et toile au salon, des paravents épais et des cloisonnement judicieux, même partiels, des doubles rideaux de tissus épais, des tentures murales, de grands tableaux et des plantes vertes de grande taille… Vous l’aurez compris, il faut meubler, remplir, pour casser les bruits, les absorber, les étouffer…

Faites du bruit, pour lutter contre le bruit !

Dispenser des sons agréables chez soi est à la fois apaisant et apte à limiter la propagation des bruits extérieurs : l’ effet apaisant des bruits d’eau n’est plus à prouver. Il existe des fontaines d’intérieur bienvenues, à placer près d’un bureau ou d’un lieu de détente et de lecture, par exemple. Une musique douce est parfaite aussi en disposant des hauts parleurs dirigés vers l’intérieur, contre les murs les plus sonores. Mais la nuit, un simple bruit de climatisation peut suffire à retrouver le sommeil !!!

Le bruit n'étant pas une fatalité, il est important aussi d’être soi-même vigilant quant à ceux que nous produisons. Ainsi, par exemple, s’équiper d’appareils émettant peu de décibels (quand vous renouvellerez les anciens) est facile.

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(1) Nos propositions s’appuient notamment sur les propos de L’ ADEME et du site Tout sur l’Isolation .

(2) Source alsace.sante.gouv.fr

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