Quels sont les meilleurs bois de chauffage, quelles essences choisir ?

La qualité du bois influe directement sur la qualité de chauffe. Quelles sont les arbres qui ont le meilleur pouvoir calorifique, le bois qui chauffe le mieux ?
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Pour se chauffer, certains bois conviennent beaucoup mieux que d’autres. C'est globalement une question d’essence d'arbre, de conditionnement (quartier, plaquettes...) et de séchage du bois.

La connaissance des bois s’est pas mal perdue avec la "déruralisation" des campagnes; et certains en profitent pour vendre "n'importe quoi" comme essence. De plus, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup d’idées reçues. Faisons le point sur ces questions.

Faire feu de tout bois : le bois un combustible depuis très longtemps

Le bois est le plus ancien combustible utilisé pour le chauffage. En France, il est localement disponible dans la plupart des régions en grande quantité. Energie renouvelable par excellence, c’est une ressource facile d’accès. Dans une France majoritairement rurale, ce type de chauffage correspondait bien aux usages et pratiques de la campagne : chacun utilisait le bois disponible localement et faisait un peu feu de tout bois.

Considéré durant une partie du XXe siècle comme contraignant, difficile à stocker et salissant, cela tient essentiellement au fait qu’il en fallait de grandes quantités vues les faibles performances des appareils de chauffe (8% pour une cheminée ouverte). Depuis l’an 2000 environ, il fait son retour en force grâce aux performances exceptionnelles des appareils de chauffe (de l’ordre de 60 à 80%), ou comme moyen pour agrémenter une soirée, dans un feu occasionnel dans l’âtre. On peut toutefois se poser la question de savoir si le bois est le meilleur choix de combustible pour se chauffer.

Beaucoup d’idées fausses concernant les bons et mauvais bois de chauffage

Parmi tout ce qui peut se lire ou s’entendre, voici quelques idées fausses :

  • Les résineux ont un bois de mauvaise qualité qui chauffe peu : FAUX : le problème du bois résineux est à la fois la présence de résine qui encrasse rapidement les conduits et appareils de chauffage (pins par exemple) et la densité qui est plus faible que les bons bois feuillus. Ce phénomène n’a d’incidence que dans le cadre du combustible bois bûche pour les arbres les plus chargés en résine. Mais pour les granulés ou pellets, les résineux (épicéa, sapin, douglas…) constituent une base courante, autant ou plus que les bois feuillus. La qualité est alors très bonne puisque la densité est égale pour les deux.
  • Le chêne est le meilleur de tous les bois de chauffage : FAUX ; excellent bois de chauffage, il est tout de même devancé par le charme d’une part, et d’autre part, la qualité d’un bois de chauffage se juge à la qualité de son séchage. Du bois de chêne trop fraichement coupé peut contenir 60 à 70% d’eau et donc très mal brûler et être aussi très encrassant. Enfin, il y a plusieurs espèces de chêne qui ne sont pas toutes égales en qualité.
  • Le bois de saule ne vaut rien et le bois de bouleau pas grand-chose : FAUX ; les saules fournissent un bois au pouvoir variable suivant les espèces (le bois de saule marsault est plytôt un bon bois), quant au bouleau sont bois est tout a fait intéressant.
  • Le bois de peuplier ne vaut rien : FAUX en partie ; tout dépend de quel peuplier il s’agit ; le peuplier tremble a un bois de qualité tout à fait correcte. De plus, même un « mauvais peuplier » n’a un pouvoir calorifique qui n’est que de moitié moins bon que celui des meilleurs bois.
  • Le bois d’acacia est excellent, par contre il faut éviter le châtaignier : FAUX en partie ; le robinier faux acacia fournit un bois intéressant, mais produit beaucoup de cendres. Le châtaignier, est un bon bois de chauffage, mais a réserver aux foyers fermés car il « éclate » souvent en brûlant, au risque d’envoyer des flammèches à distance.

Ce qui est VRAI en tout cas, c’est d’affirmer qu’un arbre qui pousse lentement fournit un meilleur bois de chauffage qu’un arbre poussant rapidement. Par exemple, le bouleau de montagne donne un bien meilleur bois de chauffage qu’un bouleau de zone humide en plaine.


Quels bois utiliser pour se chauffer ?

Rares sont les bois vraiment sans intérêt pour le chauffage, presque toutes les essences étant aptes à délivrer de la chaleur. L’important réside beaucoup sur plusieurs points : à quelle époque de l’année a été coupé le bois de chauffage ? Depuis combien de temps sèche-t-il ? Quels sont les bois qui existent localement ? En effet, un bois très bien séché est très important : on le considère de très bonne qualité de séchage lorsque son taux d’humidité est inférieur à 12%. Fraîchement coupé il peut contenir jusqu’à 75 % d’eau : il se consume mal, entraîne un dégagement important de gaz polluants et provoque la formation de goudron (bistre) dans le conduit de fumée et l’appareil de chauffe. Ensuite, faire venir de loin un bois dit de très bonne qualité coûte très cher, et le gain final est loin d’être assuré.

Notre astuce : plus vous achetez un bois sec, plus il coûte cher, dans la mesure où le fournisseur a dû le stocker longtemps avant de vous le vendre. Aussi, il est avantageux d’acheter le bois après seulement 6 à 12 mois de séchage (voire même fraichement coupé) et d’établir chez soi une rotation en le laissant sécher un an de plus avant usage.

Il y a une question de fond que chacun doit se poser avant d’adopter une essence plutôt qu’une autre : vaut-il mieux un bois qui chauffe correctement sans être le meilleur et qui est facilement disponible localement ou un bois qui chauffe très bien mais que je dois faire venir de loin ?

De manière globale, la réponse à la question "quel est le meilleur bois de chauffage" est un compromis entre les points suivants : un bois dense, un bois sec, un bois facilement disponible, un bois financièrement compétitif à d’autres (rapport prix/pouvoir calorifique).

  • Pour les granulés de bois, ils sont denses puisque composés de sciure compressée (mais la densité varie selon les fabricants) ; la nature de l’essence utilisée n’est pas primordiale. Par contre, il faut s’assurer qu’ils soient IMPÉRATIVEMENT secs sous peine de gros problèmes de moisissures, et disponibles localement, sous peine de les payer cher.
  • Pour les plaquettes de bois, le séchage est aussi primordial, à l’achat (pour les mêmes raisons).
  • Pour les bûches, le séchage (et même le débitage et la fente en quartier) gagne à être réalisé chez soi, après achat (c’est moins cher !). Pour les plaquettes comme pour les bûches, la disponibilité locale chez les fournisseurs est un critère important, ainsi que l’essence choisie (voir ci-après).

Pour un poêle à bois, votre réflexion sera utilement complétée en consultant l'article sur : "L’interdépendance entre bois et poêle à bois".

Quels sont les essences d'arbre qui ont le meilleur pouvoir calorifique ?

Après avoir évoqué le séchage et la présence locale ou non des bois, quelles sont les meilleures essences pour du bois de chauffage ?

Les plus performantes, par ordre décroissant : le charme (grande photo), les chênes pédonculé, sessile, tauzin et pubescent (photo macaron du haut), les frênes (photo macaron du bas), les érables, les ormes, les chênes méditerranéens (vert et liège), les bouleaux de montagne, le hêtre (photo macaron du milieu), l’olivier.

Les essences intéressantes bien que moins performantes : le châtaignier, le robinier (l’acacia), les fruitiers cultivés ou sauvages (alisier, sorbier, merisier…), certains eucalyptus, le peuplier tremble, les saules à larges feuilles, les bouleaux de zones humides.

Les moins performantes : les résineux (épicéas, sapins, pins, cèdres, cyprès, mélèzes…), les tilleuls, les noyers, les aulnes, les autres saules (à feuilles étroites) et peupliers, le platane…

Et pour faire de la braise de qualité ? Les meilleures essences pour obtenir une braise abondante et de qualité : frênes, chênes, olivier, et dans une moindre mesure, robinier (acacia), orme, noyer, hêtre, érables, bouleau, châtaignier et charme.



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