Rénover et entretenir le bois à l'extérieur, quand, comment ? Conseils

Tous les équipements extérieurs en bois doivent être entretenus et rénovés pour affronter durablement humidité, chaleur, tâches et attaques parasitaires. Suivez le guide.
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Volets, cabane, abri, pergola, terrasse, portail, mobilier de plein air… beaucoup d’équipements et aménagements liés à la maison et au jardin sont en bois . Matériau exceptionnel, le bois peut durer des décennies et même s'embellir avec le temps, à la réserve d'être entretenu régulièrement. Explications.

Que devient le bois sans entretien ? 

Beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte. Certains bois comme le teck ou le robinier (l’acacia) durent très longtemps, même sans traitements réguliers. De bons piquets en chêne pubescent, par exemple, sont très longévifs, en témoignent les piquets de vigne ou de pâturage...

En climat sec avec de faibles amplitudes thermiques, le bois se conserve longtemps sans entretien ; la photo ci-dessus montre du mobilier en bois dur, non entretenu, qui pourtant résite très bien au temps malgré les lichens et les algues qui le colonisent. La sécheresse de l'air y est pour beaucoup ! Mais le plus généralement, on ignore d’où vient le bois, de quelle essence il s’agit exactement, et nos climats tempérés offrent des contrastes thermiques et d’humidité forts propices aux dégradations. L’humidité fait gonfler le bois, favorise l'apparition et le développement de champignons voire d’insectes. Il noircit et pourrit.

La sécheresse provoque la diminution du volume et des dimensions du bois. Celui-ci joue, se voile, se fendille, voire se fend ou se courbe. Quant à l’air plus ou moins pollué, il favorise le grisaillement , tandis que la lumière le fait jaunir. Mais ce ne sont que de simples problèmes d’esthétique et un entretien régulier et une protection adaptée limitent tous ces effets.

Les traitements de surface sont préventifs et décoratifs 

Certaines essences comme le pin absorbent abondamment les produits de traitement. D’autres non. Pin ou pas, il est important de prendre des bois déjà traités, classe 3, voire classe 4, si vous envisagez de nouveaux équipements. Les traitements en surface n’en seront que plus efficaces.

Les meilleurs produits de traitement se déclinent essentiellement en 3 catégories (nous excluons  peintures et vernis glycérophtaliques ou polyuréthanes trop « étanches » à l’air) :

  1. Huiles : très utilisées pour certains bois exotiques, comme teck ou ipé, ou les résineux. Il peut s’agir d’huile de lin ou d’huile de bois de Chine, notamment, à fort pouvoir pénétrant et hydrofugeant.
  2. Lasures : hydrofuges, microporeuses, résistantes aux intempéries, perméable à la vapeur. La plupart rehaussent le veinage naturelle du bois. En extérieur, il est déconseillée de les prendre incolores.
  3. Les peintures micro poreuses : elles protègent très efficacement le bois tout en le laissant respirer, et offrent toutes les gammes de couleur possibles.

Tous ces produits existent en « naturel », beaucoup moins toxiques pour la santé et l’environnement que les peintures traditionnelles.

Alors… bois « naturel » ou bois peint ?

Le choix peut sembler cornélien, car relatif surtout à des questions de goûts. En réalité, il y a tout de même des réponses claires, si l’on souhaite durabilité et esthétique.

  • Le bois naturel huilé ou lasuré est parfait quand on a des bois locaux parfaitement adaptés au climat et de bonne qualité ; le mélèze est irremplaçable en montagne par exemple. Le bois naturel convient également si il est parfaitement traité à cœur ( Pin  Classe 4, par exemple) ou particulièrement résistant (teck, robinier). Notons qu’un bois naturel en bon état peut toujours se peindre le jour venu.
  • Le bois peint est très durable, notamment du fait de l’efficacité exceptionnelles des peintures microporeuses, une invention géniale qui a révolutionné l’usage du bois peint en extérieur. Partout où les variations climatiques sont importantes et chaque fois que l’on ignore l’origine et la valeur du bois acheté, la peinture est le bon choix.

À quels moments faut-il protéger et rénover les bois extérieurs ?

La question mérite d’être posée, car les interventions ne doivent pas être faites n’importe quand.

Les périodes d’excès climatiques sont à éviter. Humidité ou sécheresse interviennent notablement sur le comportement du bois. Trop humide, un bois, gonflé, se ponce mal, se traite mal, se peint mal. Chaud ou froid influent beaucoup sur le comportement des traitements et peintures. Bien lire les notices qui indiquent des seuils de température à ne pas dépasser. Par temps chaud, l’efficacité du travail est compromise : les produits sont épais, les pinceaux s’engluent. Par temps froids, le produit ne sèche plus, ou trop lentement. La meilleure saison est début d’automne, pour bien protéger les bois des pluies puis des froids ; sinon, intervenez lors d’une belle journée de début de printemps.

Réalisez toujours le travail à l’ombre et à l’abri de la pluie de telle sorte que bois et produits puissent interagir comme il se doit. Pour cela, travaillez sous abri très ventilé chaque fois que les bois peuvent être transportés, ou profitez d’un temps clair et d’une fin d’après midi ou d’un temps d’exposition à l’ombre suffisamment long pour intervenir. ; ou déployez un parasol pour provoquer l’ombrage.

Comment protéger et rénover les bois extérieurs ?

Pour que des bois durent longtemps, ne les laissez pas en contact avec des boues humides, des projections d’herbes de tonte… nettoyez régulièrement bas de portes et de volets, par exemple. N’attendez pas que les bois soient vermoulus. Les durcisseurs de bois et les pâtes à bois ne sont pas les meilleures solutions et reviennent cher. Une rénovation à la juste fréquence est assez vite faite et très efficace : 2 à 3 ans pour les huiles, 3 à 4 ans pour les lasures et 5 ans environ pour les peintures.

Dans tous les cas, la préparation est l’étape très importante ; soignez-là. Un ponçage bien fait, d’abord avec du gros grain puis du grain plus fin, dans le sens des fibres du bois, suivi d’un dépoussiérage minutieux, assurent une bonne base.

Huile et lasure doivent être passées en geste lents et réguliers, de préférence à saturation. Le résultat sera visible à la première pluie. Comme le montre la photo ci-dessus, un bois correctement huilé n'absorbe pas l'eau. Celle-ci s'écoule en surface. Certaines huiles se passent en une seule couche. Avant une lasure teintée ou une peinture, une couche de produit de préservation du bois, fongicide et insecticide, peut-être utile (volet, bardage, ossature bois, fenêtre). Les peintures microporeuses se passent en une ou deux couches suivant les marques, mais respectez scrupuleusement les consignes et le temps de séchage.

  • Note : les ferrures doivent être traitées avec des peintures antirouilles et spécial fer.

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