Symbolique de vendange et résurrection… vigne, du raisin au vin

Vendanger, temps des vendanges, sont étroitement liés à l'automne. Associés à la culture méditerranéenne, le vignoble et le vin le sont aussi dans la Bible.
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Petite scène, en 1700 « et quelques » : même les plus pauvres ont, sur leur lopin de terre, une rangée de ceps plantés qui procurent le vin pour leur consommation personnelle.

Les grands vignobles existent aussi faisant l’objet de beaucoup de travail : lutter contre les mauvaises herbes et parasites, contenir la vigne, permettre la maturation des raisins. Si la vigne a résisté, fin septembre ou début octobre, le coupeur parcours le vignoble, serpette à la main, décroche les grappes une à une, et emplit son panier puis le verse dans les hottes, à dos de hotteurs, homme ou âne… direction le cellier, le pressoir, car le seigneur a proclamé le ban de vendange, date à laquelle tout vigneron doit se conformer. Les vendanges évoquent alors tant de symboles, d’ordres mystique et religieux, surtout (*).

La vigne est la culture qui porte en elle le plus de symbolique

300 ans plus tard, vigne, vendange, raisin et vin portent encore en eux ce quelque chose de sacré, si propre à cette culture, et la vendange est un moment célébré par toute la société.

Avant même la venue du Christ, dans les traditions anciennes, la vigne était déjà considérée comme arbre sacré, avec une signification éminemment positive. Rien ou presque n’était plus précieux que la vigne, pour qui la possédait, dans le bassin méditerranéen.

Dans la symbolique judéo-chrétienne, « Israël est la vigne et Dieu en est le propriétaire » représente le thème majeur ; un Dieu vigneron qui la soigne avec amour et l’entoure de bons soins. C’est tout logiquement que ce symbolisme se transfère ensuite à la personne du Christ : "Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron" (Jean 15, 1), puis s’étend à chaque être humain : "Je suis la vigne et vous êtes les sarments" (Jean 15, 5).

Point de hasard dans le fait que le Christ choisi le vin dans la Cène : la vigne (le Christ) engendre le raisin (l’homme) qui se développe et mature grâce aux soins attentifs du vigneron (le Père). Le vin est ainsi l’aliment parfait qui symbolise l’homme, la connaissance, la joie, la convivialité et la sagesse.

Vendange, vendanges, et la résurrection opère

Entre la vigne et le vin sont les vendanges à l'automne. Le raisin, cueilli, pressé, devient jus.

Après le dépouillement des pampres et l’écrasement des grains la transformation du jus en vin symbolise simultanément le tri opéré par le jugement divin et l’unité des grains qui, cueillis, ne font plus qu’un : le processus de vinification, complexe et lent, intervient, et de cuve en barrique, de barrique en bouteille, le jus puis le vin se métamorphosent en nectar merveilleux. L’image de la résurrection est figurée à travers cette transformation. De la grappe disparue naîtra autre chose, beaucoup plus subtil, incomparable à sa condition initiale, pourtant si indéfectiblement lié à elle…

Boire le vin est une invite au dépassement de soi. Le vin n’est pas fait pour la soif, ne se boit pas n’importe comment ; il est plaisir, aliment singulier propice à produire une émotion intense dont on parle longtemps après l’avoir consommé. Produit de mémoire, produit de fête, il est lié aux grands événements de la vie.

Par la vendange puis la vinification, le vin devient digne d’être le sang du Christ ; fruit de la terre et du travail des hommes, par l’action de l’Esprit-Saint voilà le vin de la vie éternelle.

Vigneron, riche… d’une vigne

Historiquement, l’important avec la vigne n’est pas de faire un vin meilleur que celui des voisins, ni le meilleur vin du monde, mais de pouvoir tirer tout le potentiel de la parcelle en vignoble. Voilà la fierté du vigneron, quels que soient les aléas du lieu et du climat.

Le savoir-faire vigneron doit s’exprimer par le vin, le meilleur qu’il puisse tirer de son terroir, puis tous les ans recommencer, toute la vie se renouveler sans cesse… la vigne s’exprime en une infinie récompense à l’heure de la vendange : le vin devient alors la véritable représentation de la vie chrétienne.

Un grand bienfait des vendanges est de porter la promesse de réjouissance pour le cœur de tous les hommes, vignerons ou pas, et le raisin alimente- le grand commerce depuis l’Empire romain et même avant. Les débits de boisson, traversant l’histoire, restent des lieux conviviaux incontournables dans notre société. « Arbre » au bois sans valeur mais aux grappes d’Or , la vigne est précieuse à l’homme, et la vendange reste entourée du mystère de la métamorphose. Qui souhaite connaître la chimie qui se cache derrière ?

Vin, symbole riche, vivant, parlant à tous, porte en lui tout le potentiel de la dimension sacrée, et doit le garder. L’homme a besoin de mystère, de sacré.

Les bienfaits merveilleux du raisin

Raisin et vins ont bien d’autres effets et vertus. La cure de raisin est conseillée pour assainir la peau, drainer foie et reins, soulager les intestins, désintoxiquer, reminéraliser, purifier le corps. Dans ses grains se cachent des trésors de vitamines (C, A, B1, B2, B5, B6, B9, E, PP, P), sels minéraux et oligo-éléments tels que phosphore, potassium, magnésium, calcium, manganèse, soufre, chlore, silice, fer, iode, zinc, cuivre. Le raisin est parmi les meilleurs aliments naturels énergétiques, à consommer sans modération dès la fin de l’été pour régénérer nos organismes agressés, stressés.

Quant à l’huile de pépins de raisin pressée à froid, elle est goûteuse et digeste, et ses propriétés lui assurent un rôle clé dans la prévention des maladies cardio-vasculaires, notamment.

Gorgé de polyphénols, le raisin s’utilise en cosmétique : effets rajeunissant et amincissant assurés par la cure de vinothérapie, des soins uniques pour détendre, et agir sur les effets du temps. Le raisin renforce la protection naturelle de la peau et permet de lutter contre les radicaux libres. Il se murmure que 90% des curistes qui se plaignent de fatigue voient leur état s’améliorer notablement grâce à la vinothérapie !

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(*) avec l’’information précieuse de L’église Gallicane et Art Sacré

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Du même auteur : L'arbre et la mort, réincarnation et immortalité, vie éternelle

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