Vœux et bonnes résolutions de jardinier pour la nouvelle année

Bonne année au jardin, bien sûr, belles récoltes. Que tous les jardiniers prennent résolution de faire encore plus confiance à la nature qui nous nourrit.
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Que peut-on se souhaiter entre jardiniers lorsque vient la nouvelle année? Que peut-on souhaiter à un jardinier? Et quelles sont les plus belles résolutions que l’on puisse prendre pour faire de nos jardins un beau lieu d’entente entre l’homme et la nature?

Jardin secret et fruit de la passion

Tout jardinier passionné vous le dira: faire son jardin est un formidable moyen d’évacuer les soucis et préoccupations, de s’évader, d’entrer dans une sorte de communion avec les sources de la vie et avec la vie elle-même.

Chut! Ne dérangez pas le jardinier. Il n’y a pas plus égoïste qu’un jardinier quand il jardine. Laissez-le dans ses songes, dans son œuvre savante de semeur, laboureur, élagueur, planteur, cueilleur, penseur. Il n’y a pas plus généreux qu’un jardinier quand il sort de ses songes, qu’il vous offre le chou, la pomme, la bouture ou la fleur , résultat d’une savante alchimie dont il garde souvent, au moins pour partie, quelque secret.

Alors, bien sûr, le plus beau vœu que l’on puisse souhaiter à un jardinier est bien celui de pouvoir longtemps, souvent, partir dans son univers, son monde, son petit lopin de terre, pour continuer à nous offrir le résultat du mariage de son labeur et des forces de dame nature.

Par amour de la terre qu’il faut garder nourricière

« Je m’engage à mieux connaître et mieux respecter la terre, milieu vivant, complexe et fragile »

Première résolution, celle de faire encore et toujours plus attention à comprendre qu’un sol n’est pas qu’un support que l’on plie à son bon vouloir. Qu’est-ce qu’un sol, un bon sol? Le bel arbre, les jolies fleurs, les fruits savoureux et les légumes généreux ont un monde qui nous est inconnu, un espace presque secret dans lequel ils développent les racines, ces branches souterraines , que l’on finit presque par oublier.

Matière minérale, matière organique, eau et air s’organisent en de complexes processus physico-chimique et biologiques dans lesquels, nous le savons désormais, toute intervention lourde n’est pas la bienvenue. Faut-il adapter le sol à la plante? Sûrement pas. La Vieille France, riche de milliers d’années de culture possède toutes les variétés qu’il faut pour qu’il y ait forcément celles adaptées à notre petit coin de terre quel qu’il soit. Il suffit juste de se résoudre à accepter la culture de plantes moins gourmandes en eau, moins exotiques, moins fragiles, moins exceptionnelles.

Pourquoi vouloir un rhododendron en sol calcaire, «un oranger sur le sol irlandais»?

Pacte entre la taupe, le lapin, la chenille et le jardinier

« Je m’engage à partager l’espace en respectant mieux les autres animaux ». Nuisibles, parasites, puants et autres pestes ont la vie dure. Leur empreinte est si forte dans notre inconscient. Il est probable que l’on ne cloue plus les chouettes aux portes des granges. Mais que dire du sort que l’on réserve encore trop souvent aux taupes et campagnols , au corbeau et au renard, à de multiples insectes, vers et mollusques... Quand un sanglier vient saccager toute une pelouse ou un massif, quand un chevreuil vient anéantir toute une année de croissance de la plante, quand ce n’est pas toute la plante, quand les doryphores font disparaître en quelques jours nos chers légumes, il y a vraiment de quoi être découragé. Mais, cela prouve, d’un autre côté que notre travail ne plaît pas qu’aux hommes. Soyons philosophes «et cultivons notre jardin»!

Il existe des moyens passifs et non agressifs pour l’environnement pour éloigner ces naturels empêcheurs de jardiner en carrés: répulsifs, clôtures électriques, épouvantails, plantes malodorantes ou inappétentes…

Malesherbes et pestes végétales

« Je m’engage à ne plus anéantir à grand coups de désherbants les plantes qui s’invitent d’elles-mêmes dans mon jardin ».

Les mauvaises herbes… quelle drôle d’expression. En quoi une herbe peut-elle être mauvaise ? Disons qu’elle n’est peut-être pas là où nous le voulons au moment où nous le souhaitons. Mais, à la manière de Clément qui a initié le concept de «jardin en mouvement», ne peut-on pas apprendre à tirer meilleur parti de ces plantes?

Il existe de fort belles «mauvaises» herbes, certaines consommables, d’autres en réalité nullement gênantes, et plutôt que d’arroser plantes et terre d’herbicides qui polluent nos aliments et l’eau du sol, pourquoi ne pas utiliser des moyens biologiques et désherbants «doux» et de manière parcimonieuse.

Bien des «mauvaises» herbes apportent en réalité un équilibre dans les jardins, offrent refuge et nourriture aux insectes auxiliaires. Des légumineuses sauvages (Fabacées) permettent un enrichissement du sol en azote (grâce aux bactéries présentes dans leurs racines).

Par contre, soyons sans pitié pour ces plantes que nous introduisons pour notre seul plaisir et qui deviennent de véritables pestes végétales , y compris certains arbres et arbustes, en se disséminant de partout au dépens des plantes naturelles.

Engrais ou plantes à volonté: l’assiette du visiteur

« Je m’engage à apporter aux plantes des nutriments respectueux des sols et non polluants ». Évidemment que sans éléments nutritifs, les plantes sont comme tous les êtres vivants… incapables de donner le meilleur d’elles-mêmes.

En faisant des apports appropriés de matière organique lors du travail du sol, ou en surface, les micro-organismes et les phénomènes physico-chimiques naturels, notamment par l’eau, sont tout à fait aptes à procurer tout ce qu’il faut aux plantes.

Une idée consiste aussi à produire un peu plus que ce dont on a besoin, fruits, légumes, semis, boutures. Ces surplus ne sont jamais des gaspillages, mais de belles occasions pour faire plaisir aux amis et au petit monde vivant sauvage qui trouvera là de quoi se nourrir: l’assiette du visiteur...

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