Brel et les femmes en M

Jacques Brel a été entouré toute sa vie par des femmes réelles ou fictives dont le prénom commençait par M...Coïncidence ?
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La première femme, l'épouse fidèle, le premier prénom en M.

Thérèse Michielsen

Sa seule femme légitime, épousée en 1950, se prénommait Thérèse mais tout le monde l'appelait Miche, le chanteur y compris.

Comme il l'avoua lui même, elle était la terre et lui le feu, inconciliables a priori mais jamais ils ne se séparèrent malgré la vie dissolue du chanteur.

A la fin de sa vie Brel cessa définitivement toute relation avec sa femme et ses trois filles mais l'héritage alla à son épouse.

Sa famille gère la fondation qui porte son nom.

Deux femmes en M marquèrent l'année 1961.

Marieke et Madeleine en 1961

L'année 1961, deux femmes en M sont chantées par Brel : Marieke et Madeleine.

Marieke "que" j'aimais tant entre les tours de Bruges et Gand" : cette chanson ressemble fort à un amour de jeunesse, avec des paroles en flamand.

La nostalgie s'installe : "le ciel flamand pleure avec moi (...) revienne le temps où tu m'aimais".

Avec Madeleine "qui est trop bien pour moi","qui ne viendra pas", on découvre l'image de la femme idéale que l'on ne peut atteindre, qui vous fait souffrir et espérer à la fois .

Le chanteur s'accroche comme un désespéré à elle :"Madeleine c'est mon espoir, c'est mon Amérique à moi(...) Elle est toute ma vie".

Ces deux femmes en M sont significatives de l'idée que Brel se faisait des femmes.

Il eut de nombreuses maîtresses durant sa vie et son attitude envers les femmes apparaît très ambigüe, entre admiration et détestation, avec une misogynie naturelle.

L e donjuanisme ?

Brel peut apparaître à certains égards comme le type psychologique du Don Juan.

Le Don Juan aime l'amour mais pas les femmes, c'est un être révolté , antisocial, prêt à tous les défis, amoureux des hommes et misanthrope à la fois.

Pour lui la femme représentait l'élément stable et immobile, l'homme étant par nature instable et mobile, voyageur plus précisément.

Brel en recherche permanente et continuellement en action, ne pouvait se contenter d'une union trop rigide et sans surprise.

En 1964, Mathilde, magnifique chanson d'amour, enchante son public.

Maudite Mathilde

Mathilde représente le type même de la femme tentatrice, voire satanique: "ton Jacques retourne en enfer (...) je crache au ciel encore une fois".

C'est le combat -dans le texte- perdu d'avance d'un homme dont la chute est programmée.

A travers cette chanson, on sent pointer toute la misogynie de Brel.

Brel misogyne ?

Il suffit d'écouter La ville s'endormait, une de ses dernières chansons, pour en être convaincu :

"Mais les femmes toujours/Ne ressemblent qu'aux femmes/Et d'entre elles les connes/Ne ressemblent qu'aux connes/Et je ne suis pas bien sûr/Comme chante un certain/Qu'elles soient l'avenir de l'homme".

La charge féroce est toutefois nuancée ou adoucie par la fin de la chanson :

"Et vous êtes passée/Demoiselle inconnue/A deux doigts d'être nue/Sous le lin qui dansait."

Cet ambivalence pour les femmes mériterait d'autres études.

Un dernière femme en M l'accompagnera jusqu'au bout.

La dernière compagne

Connue sur le tournage de l'Aventure c'est l'aventure , Maddly Bamy sera sa dernière compagne, celle qui sera présente jusqu'au bout et le ramènera dans son île en 1978 où il sera enterré.

Elle écrira un livre sur les derniers jours passés ensemble : Tu leur diras , une espèce de testament que le chanteur voulait laisser à son public.

Et d'autres M...

Dans son répertoire, peu de prénoms de femmes, hormis La Fanette , Clara , Isabelle (sa fille) ou Frida de Ces gens là ...les femmes apparaissent dans Les biches , Les filles et les chiens ou encore Les bigotes sur le mode ironique et peu flatteur.

Son dernier album Les Marquises n'est pas un prénom féminin mais l'île est de genre féminin, une île semblable à celle où le chanteur voulait emmener sa mie en 1962.

La lettre M apparaît dans une de ses premières chansons en 1951, La Prière Païenn e.. .mais oui il s'agit de Marie, la Vierge Marie des chrétiens à l'époque de l'Abbé Brel comme l'appelait Brassens.

Alors facétie du destin ou volonté de l'artiste? Nul ne le saura.

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