Pourquoi devenir franc-maçon ?

Quand on parle de devenir franc-maçon on pose toujours la même question du comment alors que la bonne question est pourquoi ?
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Si l’on peut trouver en tant que profane quelques bonnes raisons de devenir franc-maçon, un initié en trouvera au moins trois, le chiffre fétiche des francs-maçons.

La première: la liberté.

Un espace de liberté

La loge maçonnique se veut un espace de liberté. Pourquoi?

Les Constitutions d'Anderson, texte fondateur de la franc-maçonnerie de 1723, ont mis en place des règles qui s'appliquent encore aujourd'hui. Le rituel français précise ainsi que la personnalité du futur initié sera respectée et qu’en échange il devra respecter celle de ses nouveaux compagnons.

Nous ne sommes pas dans un lieu profane où il faut être dans la ligne générale pour réussir ou être accepté.

En entreprise, il faut être dans le moule voulu pour gravir les échelons, ne pas être hors norme ou alors se protéger par un contre-pouvoir type syndicat. L’appartenance à sa classe de travailleurs (cadre ou non, administratif ou technique, hiérarchique ou non) prévaut et le respect des codes ou rituels d’entreprise l’emporte.

En société, le politiquement correct est généralement également de mise.

En famille aussi, selon le degré de liberté qui y règne, difficile de ne pas approuver la pensée commune ou majoritaire, celle du doyen ou du «dominant» par la culture, l’aisance financière ou le niveau social reconnu. La remise en cause des idées ou opinions n’est pas toujours bien vue, dans un endroit qui devrait pourtant permettre l’épanouissement de l’individu.

Alors quelle différence apporte une loge? Une liberté totale de discussion, sans entrave mais dans le respect de l’autre et de ses opinions; seules les opinions racistes ou qui méprisent l’Homme sont exclues.

Pour illustrer ce propos, deux citations dont les frères raffolent: «Nos différences loin de nous léser doivent nous enrichir», de Saint Exupéry. Et: «Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire», une citation attribuée à Voltaire qui résume bien l’esprit de tolérance qui doit régner en loge.

Car liberté et tolérance vont de pair.

Discuter, débattre, se cogner à l’autre, à ses différences, se remettre en question, pour ouvrir son esprit et s’enrichir: «J’ai gagné mon salaire», disent les francs-maçons quand la tenue (la réunion) a été de qualité, un salaire tout symbolique.

La deuxième: la fraternité.

Une fraternité active

Quand on rentre en maçonnerie on trouve des gens qui s’appellent désormais vos frères et qui s’engagent à vous défendre si votre vie ou votre honneur était en péril. Réalité ou invention?

La constitution maçonnique contient dans ses articles l'obligation d'aider dans toutes circonstances ses frères.

La fraternité peut-elle se transformer en copinage et mener à l’affairisme? Ce côté obscur dont parlent les journaux existe mais il y a une autre réalité.

La loge composée d’hommes ou de femmes est une association humaine donc imparfaite qui peut certes dériver vers des combinaisons politiques ou vénales qui n’ont rien à voir avec la vraie franc-maçonnerie.

Cependant difficile de trouver en société ou en famille un groupe prêt à vous défendre ou simplement à vous soutenir quand la vie devient dure ou complexe: chômage, divorce, perte d’un proche, ennui d’argent, etc…

La loge doit vous aider moralement, parfois financièrement, mais surtout par la fraternité qu’elle dégage et met en œuvre.

Dans une société où le chacun pour soi règne, la loge maçonnique se veut une exception.

La troisième: la recherche de l’absolu.

Idéal et utopie

Le Grand Orient de France, principale obédience maçonnique française, souhaite que ses loges deviennent des laboratoires d’idées, le franc-maçon ne doit s’interdire aucun débat, aucune discussion si le but à atteindre peut l’être: l’amélioration matérielle et morale, le perfectionnement intellectuel et social de l’humanité.

Une parfaite utopie? Oui, car les francs-maçons sont des utopistes, des idéalistes que rien ne doit détourner du but poursuivi. La franc-maçonnerie n’est pas un parti politique avec une idéologie dominante ou une religion avec des dogmes… ou alors ce serait la religion de l’Homme et pour l’Homme.

Ce n’est pas demain que tous les Hommes seront frères et que l’idéal de perfection sera atteint mais encore faut il avoir l’envie et l’énergie pour mettre tous les moyens en œuvre afin de l’approcher.

Oswald Wirth, grand penseur franc-maçon, disait: «La franc-maçonnerie vise à former des initiés, c'est-à-dire des hommes dans la plus haute acceptation du mot.» Ce sont ces initiés qui dans leur vie de tous les jours mettent en pratique la philosophie et les valeurs maçonniques.

Oswald Wirth, encore lui, pour conclure: «La franc-maçonnerie est appelé à refaire le monde. La tâche n’est pas au-dessus de ses forces à la condition qu’elle devienne ce qu’elle doit être». Ou elle disparaîtra.

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