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JÉRÔME HUET

Publié dans : Les articles Culture de Jérôme Huet

Miss Kittin, "Calling from The Stars"

Le nouveau double album de la dj grenobloise balaie toute l'étendue de ses influences, de la pop à l'electro.

Culture rave

Née en 1973 à Grenoble, Caroline Hervé est à l'image de ce que les sociologues désignent comme la génération X : une génération, née entre 1965 et 1980, ayant connu l'explosion de la précarisation, des ravages du sida et du chômage de masse pour qui l'arrivée d'internet et des nouvelles technologies a été une révolution.

En parallèle, l'explosion de la culture rave et des musiques électroniques au début des années 1990 est également l'un des piliers générationnels de la jeunesse de l'époque: aucune raison que la jeune Caroline, passionnée d'art et de design, n'échappe au phénomène.

Aussi, dès le milieu des années 1990, après avoir rencontré un certain Michel Amato, lui aussi originaire de Grenoble avec qui elle partage la même passion des musiques et cultures électroniques, le duo décide de se rebaptiser Miss Kittin and The Hacker.

Electroclash

Après avoir beaucoup tourné dans les clubs et sorti avec The Hacker leur "First Album" en 2001, Miss Kittin se prend de passion pour l'electroclash, cette forme hybride de la techno fusionnant le son synthétique de la new wave et le son désincarné des pionniers de Detroit.

Afin de prendre le pouls du mouvement, Miss Kittin s'exile alors à Berlin, LA ville techno par excellence, où elle est immédiatement adoubée par l'underground local. Cette reconnaissance donne lieu à de nombreuses collaborations artistiques, dont le mémorable "Silver Screen" avec Felix Da Housecat.

Reconnaissance

Si ses premières réalisations studio sur son seul nom connaissent un succés critique et public plus que correct, ce sont ses prestations live qui valent à Miss Kittin la reconnaissance: la captation de son set au festival Sonar de Barcelone en 2006 est de nouveau publié sur une major.

Son style très caractéristique, comme son phrasé traînant et lanscinant avec son accent français délibérement très marqué sur les parties chantées en anglais, fait de Miss Kittin un des grands noms de la scène française electro, aux côtés d'artistes de même tendance comme Vitalic ou Chloé.

Placée désormais sur orbite, Miss Kittin est prête pour larguer la bombe "Batbox" en janvier 2008.

"Batbox"

La sortie de l'album "Batbox" fait l'effet d'une bombe: d'une noirceur assumée, gothique dans l'esprit, l'album est la bande-son parfaite d'une rave post-apocalyptique sous les catacombes, dont chaque titre aurait parfaitement illustré un thriller comme "Seven" .

Signe des temps, l'album obtiendra son statut de disque culte chez les amateurs exigeants d'electro, mais connaitra des ventes moyennes au regard de sa qualité.

"Calling From The Stars"

Lancés en éclaireurs de l'album ,"Calling From The Stars", les singles "Life is My Teacher" et "Bassline" sont du Miss Kittin pur jus, mais tendance première période: des passages aériens cotoient des ambiances beaucoup plus electro au sein d'un même morceau.

Conçu comme un hommage à ses racines et influences de jeunesse, de la pop à l'electro en passant par la house progressive et l'ambiant, Miss Kittin propose aujourd'hui un double album; un concept presque à l'ancienne en ces temps de crise du disque mais occasion pour une artiste mature de dresser un panorama de ses influences sans tomber dans le piège du rétro et de la nostalgie.

Le premier cd, très electro, est calibré pour les clubs technos: "Flash Forward", "Maneki Neko", "Eleven" ou "Blue Grass" sont redoutables d'efficacité, et la reprise tout en douceur et en apesanteur du "Everybody Hurts" de REM vient assurer la transition avec le deuxième cd, lorgnant bien plus sur l'ambiance chill out d'une fin d'after.

Décousue

Mis à part un "Mind Stretching" tout en montée progressive, force est de constater que la deuxième partie de l'album, trop décousue, ne tient pas la route: c'est même une désagréable sensation de remplissage qui prédomine, alors qu'un simple album aurait permis d'obtenir un résultat plus que correct, mais sans pour autant retrouver l'éclat noir et désincarné qui faisait de "Batbox" un chef d'oeuvre.

À propos de l'auteur

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JÉRÔME HUET

Formateur en Anglais et Français Langue Etrangère, j'enseigne
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