Bilan artistique 2010

En cinq points, retour totalement subjectif sur ce qui aura fait 2010 du point de vue des arts (musique, cinéma, livres, exposition...).

Comme la dinde et le champagne font partie du reveillon, les fins d'année ne vont pas sans bilan : retour sur les artistes qui auront marqué l'année 2010. Des choix totalement subjectifs.

2010 : un groupe

Connus des circuits undergrounds français depuis 2006, l'année 2010 aura (enfin) vu l'éclosion de l'excellent tandem Electro Sexy Sushi.

Un groupe français catalogué artiste de l'année, ce n'est pas si courant, mais quiconque aura assisté à un live du tandem grenoblois admettra que ce titre n'est pas usurpé. Energie, provo, sueur et attitude totalement décomplexée, les Sexy Sushi offrent non seulement une relecture trash des Rita Mitsouko remixé par un dj Berlinois mais aussi ( surtout? ) une alternative à l'horrible pseudo-nouvelle chanson française. A surveiller !

2010 : un film Attendu comme le messie, Gaspard Noé a suscité des réactions mitigées avec son controversé Enter The Void : trip urbain et hallucinné pour les uns (comme l'auteur de ces lignes), arnaque sans fil narratif et ronflante pour les autres, l'auteur de Seul Contre Tous n'en finit pas de diviser.

Commençant comme une sorte de numéro de Paris Dernière délocalisé en territoire nippon, le film bascule dans sa seconde partie dans la zone où s'etait achevé son précèdent Blueberry et renvoie aux meilleures réalisations de Jodorowsky.

2010 : deux bouquins Double évènement dans le landernau: habitués à des remises totalement à côté de la plaque par les vieilles barbes squattant les jurys de ces deux institutions, on n'attendait pas grand chose des prix Goncourt et Renaudot.

Surprise : en attribuant le premier à Michel Houellbecq pour La Carte Et Le Territoire et le second à Virginie Despentes pour Apocalypse Bébé , ce sont rien de moins que les deux meilleurs écrivains français vivants qui ont vu leurs travaux récompensés.

Partageant la même vision désenchantée du monde, ces deux-là montrent avec brio qu'on peut être adoubé (bien tardivement...) par l'establishment sans perdre sa lucidité et sa rock'n'roll attitude.

Respect !

2010 : deux expos

Alors que la nuit n'en finit pas de s'eteindre à Paris, le musée d'art moderne de la ville a réussi un tour de force significatif en programmant en simultané les deux expos les plus gonflées de l'année, résolumment placées sous le signe de la contre-culture.

Les rétrospectives consacrées à Jean-Michel Basquiat ainsi qu'à Larry Clark (malgré une scandaleuse interdiction aux moins de 18 ans pour cette dernière) montrent qu'en terme de vulgarisation et de visualisation de la contre-culture, les artistes américains sont décidément les meilleurs.

Allez la Mairie, le même effort pour redonner un souffle à la vie nocturne !

2010: une série Le 23 Mai dernier, la série Lost a diffusé son cent quatorzième et ultime épisode aux Etats-Unis.

Pendant six saisons, des millions de téléspectateurs auront suivi le voyage irréel de Sawyer, Jack, Kate et les autres ; d'où des réactions vives face à un final disons...controversé.

Si la fin de la fin de la série laisse effectivement un goût d'inachevé (voir les nombreux commentaires déçus, amers, voire haineux sur n'importe lequel des innombrables sites consacrés à Lost ), rien au monde ne nous fera jeter aux orties le reste de la série : les occasions d'assister à de telles audaces narratives n'étaient plus arrivées depuis Twin Peaks .

Et comme le dit le personnage de Locke: "L'important, ce n'est pas la destination, mais le voyage".

Belle conclusion pour boucler 2010 et envisager une année 2011 au moins aussi riche et variée au niveau culturel.

Bonne année à tous les lecteurs !

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