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JOCELYNE VIDAL

Publié dans : Les articles Culture de Jocelyne Vidal

De Lyon à New York avec Douglas Kennedy

Amoureux de Lyon qu'il a découvert avec Bertrand Tavernier, Douglas Kennedy parraine l'exposition « New York New York » à Eurexpo

« Vous savez j’ai lu tous vos livres, sauf le dernier… »- Moi aussi…et le dernier, je puis vous assurer que je l’a lu aussi! » rétorque Douglas Kennedy à l’une des nombreuses groupies venues faire dédicacer « Cet Instant là », avant –dernier ouvrage de l’un des auteurs favoris des Français avec plus de cinq millions d’exemplaires vendus. Humour à fleur de lèvres, le gentleman de Manhattan ne boude pas le plaisir de redécouvrir sa ville natale à la Foire Internationale de Lyon.

« On dit que la vie d’un homme peut se lire sur son visage, mais comment lire celle de New-York sur ses traits changeants ?» interroge Douglas Kennedy ; « le quartier des classes moyennes et des immigrés russes, polonais et allemands, comme ma grand’tante arrivée en 1933 à New York, est devenu hyper bobo. »Et ce n’est là qu’un exemple parmi d’ innombrables mutations révélées par « une ville absolument flexible »commente l’écrivain qui parraine l’exposition New York New York. Sur 3000m2, Véronique Szkudlarek, directrice de la Foire de Lyon et Alexandre Cavalli, Commissaire Général, nous emportent dans un étonnant voyage au cœur de la ville-galaxie.

Le temps de sauter dans un taxi jaune, « élément le plus représentatif de New York dans cette exposition », s’amuse Douglas Kennedy, vous voilà propulsé dans le Nouveau Monde à la manière des immigrants d’Ellis Island. Accueillis par une réplique géante du flambeau de la statue de la Liberté , on voyage au fil des époques et des quartiers. Des premiers buildings de Manhattan au projet de Ground Zero , en passant par Little Italy, la ville qui ne dort jamais dévoile ses mille facettes et anecdotes. Ici la boîte à outils d’un maître charpentier des gratte-ciel, là une parfaite reconstitution de bureau de détective privé où trône une machine à écrire Remington.

Des villes pour personnages

De l’atmosphère électrique de Broadway à l’effervescent quartier de Time Square, Big Apple nous rappelle qu’elle s’enflamme aujourd’hui comme hier pour « l’ambition et le succès, les drogues new-yorkaises », note Douglas Kennedy. L’écrivain n’a pas choisi par hasard de faire de New York le cadre, voire même l’un des premiers rôles de L’Homme qui voulait vivre sa vie, des Désarrois de Ned Allen, ou encore de La Poursuite du Bonheur. « Ce qui m’intéresse en tant que romancier, c’est d’utiliser des villes comme des personnages et d’y découvrir les frontières visibles ou invisibles qui les traversent. »

Lyon pourrait-elle jouer un rôle marquant dans une prochaine œuvre de l’écrivain américain ? « J’aime l’atmosphère particulière de Lyon que j’ai découverte à la fin des années 70, dans le film de Bertrand Tavernier, Une Semaine de vacances ; elle pourrait m’inspirer un polar », confie ce « grand amateur des villes », de leurs secrets qui en font des personnages littéraires à part entière. « Lorsqu’on me demande comment j’ai découvert La Femme du Vème, je réponds « à pied » tout simplement », poursuit l’inlassable « flâneur urbain. »

Cinq Jours en octobre

Si le nomade s’est sédentarisé « pour respirer, rester en dehors des mondanités dans le Maine », état le plus septentrional de la Nouvelle Angleterre où il a écrit « Cinq Jours, son nouveau roman qui sort cette semaine en Angleterre, en octobre prochain en France, Douglas Kennedy vit six mois en Europe, six mois aux Etats Unis. Et prend soin de garder un appartement à New York, une ville qu’il se refuse à qualifier de mythique « puisque c’est chez moi », sourit-il avant de chuchoter : « Tout est supportable et vivable avec un billet aller-retour…»

Sur la ligne Lyon - New York, les visiteurs de la 95ème Foire Internationale de Lyon voyagent donc en first class aux rythmes des Tambours du Bronx, du Gospel et des frénésies jazzy et hip hop qui électrisent l’ambiance d’une manifestation généreuse et anti - crise avec un prix d’entrée en baisse de 25% cette année. Les premiers des deux cents mille visiteurs de cette foire aux mille exposants ont déjà fait honneur par milliers le week-end dernier, à ce nouveau ticket chic et choc.

Organisée par GL Events Exhibitions, la Foire Internationale de Lyon se tient jusqu’au 1er avril à Lyon-Eurexpo www.foiredelyon.com

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