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JOCELYNE VIDAL

Publié dans : Les articles Culture de Jocelyne Vidal

Une Nuit de Philippe Lefebvre décroche le Prix Jacques Deray

La projection de Par un beau matin d'été a ouvert les festivités en présence de Roschdy Zem, Agnés et Laurence Deray, Sara Forestier et Samuel Le Bihan

Arrivé le jour - même de Bombay où il présentait les films Lumière dans le cadre du centenaire du cinéma indien, célébré du 15 au 26 mai prochain sur la Croisette, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière a retrouvé à Lyon, son président Bertrand Tavernier, pour la remise du Prix Jacques Deray à Une Nuit de Philippe Lefebvre.

Une résonance particulière

Décerné chaque année à un film policier pour honorer la mémoire du réalisateur lyonnais Jacques Deray, ce prix revêt une résonance particulière en cette année anniversaire des dix ans de la disparition du réalisateur de La Piscine, Borsalino, On ne meurt que deux fois… Mais aussi d’un bijou de film beaucoup moins connu, Par un beau matin d’été.

« L’un des derniers films dont Michel Audiard ait écrit les dialogues ne méritait pas l’opprobre subi à sa sortie en 1965 », s’exclame Bertrand Tavernier, ravi de découvrir en même temps que les spectateurs de l’Institut Lumière, un film qui brille par la qualité des dialogues et de l’interprétation de Jean-Paul Belmondo, Sophie Daumier, Georges Géret et Géraldine Chaplin. Un peu moins par la construction du scénario.

L’humour acidulé de Sophie Daumier

« Entre le drame et l’idée comique du kidnapping par une équipe de ratés, le film a du mal à trouver son ton », note Bertrand Tavernier, avant de saluer la qualité des plans, du montage lent et posé de ce film à l’élégance sublimée par la technique du 35 mm scope en noir et blanc.

Le décor Vintage des villas des années 60, âge d’or des vrombissantes Triumph et rutilantes 4CV donne un charme fou à l’histoire de deux tendres voyous. Un frère qui plume, sur l’air de la grande scène de l’honneur familial bafoué, les victimes de son ingénue de sœur.

L’interprétation solaire de Jean-Paul Belmondo et l’humour acidulé de Sophie Daumier font merveille dans cette histoire d’escrocs de petite envergure. Lesquels vivent d’expédients sur la Côte d’Azur, avant de se lancer avec un troisième larron, dans le kidnapping d’une belle héritière américaine interprétée avec naturel par Géraldine Chaplin.

L’esthétique des grands films noirs

Georges Géret est admirable dans le rôle du faux dur qui a du mal à quitter les jupes de sa mère…Même aux heures les plus chaudes de ce kidnapping raté, il faut toujours qu’il lui téléphone pour prendre de ses nouvelles ! Ce cocktail d’humour et d’élégance servi par une sobre et solide mise en scène dont Jacques Deray avait le secret, se retrouve dans le film lauréat du Prix 2013 : Une Nuit de Philippe Lefebvre.

Stupéfiante de réalisme, la tournée de nuit d’un commandant de « la Mondaine », magistralement interprété par Roschdy Zem, « reprend une mythologie chère à Melville mais beaucoup moins tributaire du cinéma américain par la densité du temps, des lieux filmés avec l’esthétique des grands films noirs qui vous immergent dans un monde que l’on n’avait vu jusqu’ici que furtivement », souligne le président de l’Institut Lumière.

Rendez-vous cet automne au

Une Nuit de Philippe Lefebvre décroche le Prix Jacques Deray a été créé le 18 Fév 2013 - dernière mise à jour : 02 Mar 2015

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