Benicio Del Toro dévoile son film culte : L'Ile Nue

Hôte du Festival Lumière 2011, le héros du nouveau film d'Oliver Stone a sauté dans l'avion pour faire partager son admiration pour le cinéaste Kaneto Shind
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« Tu crois que j’ai une chance d’être assise à côté de Benicio ? »Moins cinéphiliques, certes, que celles du héros du jour, les motivations de l’une des centaines de jeunes spectatrices massées hier soir à l’entrée de la salle de l’Institut Lumière... Rien de tel en tout cas, pour initier les jeunes au cinéma d’auteur, qu’un Benicio à la beauté féline, se prêtant tout sourire au rituel des autographes.

Les deux amours de Benicio : Jean Vigo et Kaneto Shindo

« C’est très bien de présenter un film dans lequel vous n’êtes pas, cela s’avère un exercice très honnête car ce que vous dites reflète ce que vous avez retenu du film », explique l’interprète de grands films hollywoodiens, dont l’un , Che de Steven Soderbergh lui valut en 2008 un Prix d’Interprétation à Cannes. Au Festival Lumière 2011, l’acteur de Usual Suspects de Bryan Singer, de 21 grammes d’Alejandro Gonzalez et du prochain film d’Oliver Stone, s’efface derrière le cinéphile amoureux du cinéma de Jean Vigo et de Kaneto Shindo.

« J’ai découvert Kaneto Shindo au hasard de trois DVD de ses films des années soixante que quelqu’un m’a donnés. J’ai trouvé « L’Ile Nue » très différent de tous les autres et je l’ai adoré dès la première vision. Lorsque j’ai rencontré Kaneto Shindo au Japon il y a deux ans, j’ai fait une bêtise en parlant de l’Ile Nue comme d’un film muet. Une bêtise qu’il a corrigée en me disant qu’il s’agit d’un parlant sans dialogue ; à la place, il y a de la musique, des bruits humains, le son du vent et des vagues. »

Entre espoir et désespoir

Benicio Del Toro poursuit sur le ton de la confidence, le compte-rendu de son entretien avec le cinéaste nippon: « Je lui ai demandé comment il avait organisé le scénario et il m’a répondu que ce film était une expérimentation, qu’il avait voulu raconter une histoire seulement avec des images et des sons, le scénario reflète sa vision de la vie, évoquée d’un geste : le désespoir d’un côté de la main, l’espoir de l’autre », précise l’acteur en prenant soin de rendre hommage aux comédiens.

L’homme et la femme, interprétée par l’épouse de Kaneto Shindo, semblent incarner les deux premiers humains apparus sur terre, dans un film qui retrace leurs batailles et leurs joies sur une île de l’archipel de Setonaikai. Une île battue par les vents où le couple passe la journée à aller chercher de l’eau en barque sur l’île voisine, avant de la transporter le long de chemins escarpés , jusqu’aux cultures , afin d’irriguer leurs champs.

Un superbe poème filmique

Inspirée de l’enfance du cinéaste Kaneto Shindo, cette « lutte silencieuse avec la terre et la nature » a donné naissance à un superbe poème filmique. Ses images chorégraphiées par une musique sublime, lui ont valu en 1961, le Grand Prix du Festival de Moscou, gage d’une consécration internationale. Distribué dans plus de 70 pays, L’Ile Nue a suscité un tel engouement que l’on a considéré ce film comme le point de départ de la nouvelle vague japonaise.

www.festival-lumiere.org

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