Festival Lumière 2011, le plus grand cinéma du monde

Près de 5000 spectateurs ont applaudi en avant première « The Artist » et la galaxie de stars réunies à Lyon sous les arches de la Halle Tony Garnier

Bien partie pour rivaliser avec le Raj Mandir, cinéma aux mille places de Jaipur, voire avec le Grouman’s Chinese de Los Angeles, théâtre des « Première» des superproductions hollywoodiennes, la Halle Tony Garnier a accueilli hier soir près de 5000 spectateurs en ouverture du Festival Lumière 2011. Une soirée festive, conviviale, dont les maîtres de cérémonie Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux font scintiller une galaxie de stars sous les arches métalliques de la Halle Tony Garnier.

La version lyonnaise des marches cannoises

La cérémonie, réglée comme une montée des marches cannoises, braque tour à tour les projecteurs sur Agnès Varda, les frères Dardenne, Sylvie Testud, Frédéric Diefenthal, Gilles Lellouche, Laurent Gerra, « venu à condition de pouvoir assister à la projection des deux films de 1899 qui mettent en scène les acrobaties désopilantes de la famille Kremo » s’amuse Thierry Frémaux.

Avant de surprendre Laurent Gerra et Helmut Berger en pleine séance d’initiation à la Rumba à la Plate-Forme, rendez-vous nocturne des festivaliers, on a vu danser les robes drapées roses , turquoise, les smockings et les fourreaux noirs et ivoire sur le plateau où se succèdent Charlotte Rampling, Clothilde Courau, Elsa Silberstein, Anouk Aimée, Dominique Blanc, le directeur de la Cinémathèque Française, celui d’IMDB, leader mondial des sites Web consacrés au 7ème art…Une petite pause.

Charlotte Rampling, Benicio Del Toro, Stephen Frears et les autres

Le temps pour Gérard Collomb de confirmer que « la plus grande salle du monde est à Lyon » et pour Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, de célébrer les 20 ans de Rhône-Alpes Cinéma qui a permis le tournage de deux cents films vus par 50 millions de spectateurs, un tonnerre d’applaudissements salue l’arrivée de Benicio Del Toro, venu de Porto-Rico, sa ville natale où il tourne avec Oliver Stone, pour inaugurer le Festival Lumière et présenter son film fétiche « L’Ile nue » à tous ceux qui partagent son admiration pour le cinéaste japonais Kaneto Shindo.

Ex æquo à l’applaudimètre avec Benicio Del Toro, Jean Dujardin emboîte les pas d’Andrzej Zulawski et Stephen Frears pour bondir sur scène aux côtés de sa partenaire Bérénice Béjo , de Michel Hazanavicius et Thomas Langmann, réalisateur et producteur du film The Artist, présenté en avant-première au public lyonnais. « Mais vous êtes combien ici ? ça donne envie de chanter ! » s’écrie le comédien. Prix d’interprétation à Cannes, Jean Dujardin nous donne lui, quelques minutes plus tard , une furieuse envie de danser, de jouer des claquettes à la manière de Gene Kelly ou Fred Astaire.

The Artist, en salle le 12 octobre

Attendu en salle le 12 octobre, ce bijou de film donne d’emblée une sensation d’immersion dans la poésie des films muets. L’élégance de la photo, le raffinement des décors et des tenues du plus pur style années folles, restituent l’ambiance et l’esthétique de l’un des âges d’or d’Hollywood. Tourné en noir et blanc en format 1 :33 et quasiment

muet, il nous entraîne au rythme débridé de la musique symphonique de Ludovic Source, dans les aventures rocambolesques de Georges Valentin, alias Jean Dujardin.

Star du muet mise au chômage, comme des bataillons d’acteurs et de musiciens de plateau, par l’invention du cinéma parlant, Georges Valentin ne trouve le réconfort qu’auprès de son majordome et de sa mascotte, jusqu’à ce qu’une actrice espiègle, Peppy Miller, interprétée avec brio par Bérénice Béjo, retrouve sa trace. La spontanéité et l‘inventivité du tandem Bejo-Dujardin sont telles que le public applaudit à tout rompre leur époustouflant numéro de claquettes, bien avant que n’apparaisse le générique de fin. Présent dans la salle, Max Lefrancq-Lumière ne pouvait rêver meilleure illustration des propos de son aïeul Louis Lumière : « Le Cinématographe amuse le monde entier. Que pouvions-nous faire de mieux et qui nous donne plus de fierté ? »

www.festival-lumiere.org

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