Lumière 2012 Un festival peut en cacher un autre

Cris du Monde entre en gare de La Ciotat le 20 novembre 2013, en présence de l'arrière-petit fils de Louis Lumière

Les fondus de salles obscures avec décibels ont été comblés. En prélude aux riffs torrides de Jimmy Hendrix, d’ Elvis Prelsey et des Beatles, stars de la longue nuit Rock et Cinéma, Thierry Frémaux a comparé la vie des festivals à celle d’ «un chanteur de rock qui va de salle en salle de cinq cents à mille spectateurs, pour se faire connaître, conquérir un public, laisser une trace… » Le maillage français et mondial des festivals s’avère tout aussi vital pour les créateurs, cinéastes contemporains, déclare le directeur du Festival Lumière, délégué général du Festival de Cannes.

Un temps fort de Marseille-Provence 2013

Ses deux casquettes amenaient naturellement Thierry Frémaux à accueillir le 19 octobre à Lumière 2012, les organisateurs du tout nouveau festival international de cinéma Cris du Monde (1). Présenter en compétition des oeuvres originales de courte durée – huit à douze minutes - , tournées spécialement pour l’occasion, telle est l’originalité du festival qui frappera du 20 au 23 novembre 2013, les trois coups de la restauration de l’Eden, première salle de projection de l’histoire du 7ème art, dans le cadre de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture.

« Les gens de La Ciotat où Antoine Lumière avait sa propriété, sont montés vers le Nord », s’est amusé Thierry Frémaux en évoquant la jalousie éprouvée par les cinéphiles lyonnais à la vue du panneau « La Ciotat , berceau du cinéma. »Mais à cette époque, déjà lointaine, de « non sensibilité lumièriste » nous ne nous sommes pas vexés car La Ciotat où vit depuis plus de trente ans Gilles Trarieux Lumière, arrière-petit-fils de Louis Lumière, ne s’est jamais approprié l’invention du cinématographe !

Le déclic de l’Usine Wonder

« Le berceau vient d’ailleurs après la naissance », note avec humour Thierry Frémaux à l’heure de porter sur les fonts baptismaux le festival Cris du Monde créé et organisé par Emmanuelle Ferrari, Jean-Michel Frodon et Jacques Willemont. Occasion pour ce dernier, anthropologue et cinéaste à l’origine du festival Cinéma du Réel au Centre Georges Pompidou, de rappeler la genèse de Cris du Monde. « En juin 68, je suis arrivé dans une usine avec un étudiant de l’IDHEC, une femme a pris la parole en s’opposant vivement à la reprise du travail qui venait d’être votée par les ouvriers de l’usine Wonder, j’ai dit à l’étudiant, ne coupe pas, filme…Nous sommes réunis aujourd’hui pour cela… »

La magie du plan séquences

Renouer avec la magie du plan séquences, cher aux opérateurs Lumière, à travers des films qui feront écho à des engagements forts, à travers des cris de colère, d’espoir, de souffrance, de joie filmés par tous les moyens, du téléphone portable à la Panaflex 70mm…C’est le principe du Festival Cris du Monde où l’on découvrira les œuvres de longs ou courts métrages de cinéastes accordant une attention particulière au plan séquence, avant de connaître les sept lauréats d’une compétition qui soumettra au jury les trente courts-métrages sélectionnés à partir des milliers d’œuvres qui seront parvenus aux organisateurs entre le 15 novembre 2011 et le 15 avril 2013.

Temps forts des manifestations cinématographiques inscrites dans le cadre de Marseille-Provence Capitale de la Culture, rappelle Bernard Latarjet, le festival Cris du Monde assure à ses lauréats la visibilité de leurs œuvres en France et dans le monde entier, par le biais des festivals, des chaines de télé et des institutions culturelles françaises à l’étranger.

4000 cœurs de rockers à la Halle Tony Garnier

Parrainé entre autres, par Juliette Binoche, Jean-Louis Comolli, Costa Gavras, Isabelle Huppert, Abbas Kiarostami et Elia Suleiman, le Festival Cris du Monde se projette naturellement dans l’histoire du cinéma en marche. Une histoire toujours recommencée. A peine sortie des Usines Lumière, la saga du 7ème art s’engouffre dans le train de La Ciotat, mais laisse ses passagers de first class – Gilles Trarieux-Lumière et Jean-Louis Tixier - faire une longue halte nocturne à la Halle Tony Garnier où plus de 4000 spectateurs ont vibré et parfois dansé jusqu’au petit matin aux rythmes des films cultes de l’histoire du rock’n roll, présentés par Thomas Sotinel, journaliste au Monde et auteur de l’ouvrage Rock et Cinéma (La Martinière.)

Photocall rue du Premier Film

Entre nostalgies rock échappées d’American Graffiti, facéties de Quatre Garçons dans le Vent, aventures de Spinal Tap et délires de Walk the Line, le film culte le plus hilarant de l’histoire du rock, les passagers de cette longue nuit ont quitté les lits élégants qui donnaient des allures d’installation d’art contemporain aux coulisses de la Halle Tony Garnier, pour aller chiner.

Des trésors de vieux appareils photos, caméras, matériel de projection, affiches, livres, photos et objets insolites ont été réunis par soixante exposants dans le cadre de la troisième Bourse Cinéma Monplaisir. Créé sous l’impulsion du Grand Lyon, de l’nstitut Lumière et de l’association Lyon Brocante Ciné Photo, l’événement vous invite jusqu’à dimanche soir rue du Premier Film à jouer les stars du jour , le temps d’un PhotoCall plus vrai que nature !

(1)Voir le site www.crisdumonde.fr

Programme complet du Festival Lumière sur le site www.festival-lumiere.org

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