Mais qui a re-tué Pamela Rose ?

Kad Merad et Olivier Baroux présentent leur premier bébé cinématographique. Bon sang ne saurait mentir
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Dès le générique, la voix off « délocalisée en Chine, dans un souci d’économie », donne le ton d’une comédie policière hilarante et déjantée. Fans des films noirs et des Buddy movies, Kad Merad et Olivier Baroux jouent avec les codes du genre. A la fois coscénaristes, réalisateurs et interprètes de « Qui a re-tué Pamela Rose », ils jonglent allègrement avec leurs multiples casquettes.

Une cascade de gags et de répliques cultes vous laissent à peine le temps de souffler. Comme ce brave agent Douglas Riper entraîné dans une sulfureuse enquête par Bullit, une ancienne gloire du FBI. Partis enquêter sur la profanation de la tombe de Pamela Rose, les deux amis se laissent piéger par un psychopathe, avant de découvrir un projet d’assassinat de la présidente des Etats Unis of America. Rien que ça !

Des retrouvailles jubilatoires

Rencontrés à l’occasion de l’avant-première de leur film au Cinéma Pathé Vaise, Kad Merad et Olivier Baroux reviennent sur des retrouvailles jubilatoires : « Si le public nous parle régulièrement de Bullit et Riper, l’idée de les retrouver ne vient pas de nous. Mais quand Cyril Colbeau - Justin –le producteur avec Jean-Baptiste Dupont- nous en a parlé, quelque chose s’est tout de suite mis en marche dans nos têtes.

« Ces personnages sont importants pour nous, poursuit Olivier Baroux. On a commencé avec eux à la radio, ils nous ont valu de grands moments de télévision sur Comédie et le premier Pamela Rose fut tout de même notre premier film comme vrais acteurs, il y a dix ans. » De là à en devenir les coréalisateurs, il n’y eut qu’un « Go, on y va ! » lancé par Kad Merad.

Un rythme trépidant

« La réalisation avait été proposée à Eric Lartigaux, il a décliné, c’est ce qui nous a donné l’idée de coréaliser. On ne s’est pas posé de question, on a tout de suite retrouvé nos réflexes de création commune à la radio, à la télévision où on écrivait quatre sketches par jour que l’on jouait le soir-même. »

Familier des rythmes trépidants, le duo a relevé le défi d’un tournage de neuf semaines dans quatre-vingt décors. Cerise sur le gâteau, la dernière semaine de tournage aux Etats Unis, avec une omniprésence de la Maison Blanche. « Champs ou contrechamps, on l’a mise partout, confie Olivier. Dans un film classique, ça s’appellerait un faux raccord, mais on a poussé le principe à fond et ça nous a fait rire. »

Une Fuego aux couleurs du FBI

Kad ne cache pas non plus son plaisir d’avoir joué sur une représentation de la France vue par les Américains : « On s’est amusés de certains clichés, un peu comme dans Armageddon, lorsqu’ils montrent Paris avec un béret, un pull rayé et la Tour Eiffel, juste avant l’arrivée de la météorite. »

Faire rouler une Fuego aux couleurs du FBI dans les rues de Washington, il fallait aussi oser ! « De la moquerie, on est passés à l’amour de cette voiture qui a un vrai fan club aux States, s’enflamme Kad. Dans les années 80, 20 000 Fuego ont été fabriquées aux Etats Unis et des gens sont même venus nous voir sur le tournage avec leur Fuego, ils sont aussi fans de cette voiture que ceux qui vouent un culte aux Mustang en France ! »

La rigueur dans la joie

Une devise de « rigueur dans la joie » s’est imposée tout au long ce film au rythme de tournage soutenu. Ce qui n’a pas empêché Olivier de peaufiner certaines scènes, notamment celle de la rencontre entre Riper, Bullit et une Présidente qui ne se déplace jamais sans ses codes nucléaires ni son doudou... Une scène surréaliste où l’un des héros tombe amoureux entre deux envolées de violon et un froid discours sur le marché des céréales.

Il faut dire que les acteurs, dont Omar Sy, ne sont pas seuls à se lâcher dans cette histoire désopilante qui doit beaucoup au talent d’Audrey Fleurot et Laurence Arne. La première dans le rôle de la Présidente des Etats Unis, la seconde dans celui de la séductrice Linda, s’éclatent dans le genre comique délirant. Signe que les meilleures fées n’ont pas hésité à se pencher sur le berceau du premier bébé cinématographique de Kad Merad et Olivier Baroux.

Sortie le 5 décembre 2012

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