user_images/133109_fr_allonge.jpg

JONATHAN ROHMAN-JANCOVICH

Publié dans : Les articles Sports de Jonathan Rohman-Jancovich

L'ambition du LOSC en question (2/4)

Depuis la débâcle de mercredi face au Bate Borisov, des interrogations sur l'ambition et la politique sportive du club se doivent d'être soulevées.

Une arrière garde dépourvue

Et que dire de l’imbroglio Isimat-Mirin le dernier jour du marché des transferts ? Annoncé à Lille par différentes sources et très désireux de rejoindre un club qualifié pour la Ligue des Champions, le jeune défenseur valenciennois a finalement été jugé trop cher par la présidence et/ou la direction sportive du LOSC. Jean-Raymond Legrand, le président valenciennois, avait finalement fixé le prix à 5 millions d’euros… Sacrée somme, certes, pour un joueur de 20 ans… Mais pouvait-il décemment en réclamer moins alors qu’il s’agissait du joueur le plus prometteur de son effectif, qu’il est international espoir et que le club intéressé n’était autre que son voisin et rival lillois ? A partir du moment où les décisionnaires lillois se sont intéressés à ce joueur, ils devaient s’attendre à ce genre de revirement et auraient dû soit avoir une solution de repli, soit accepter de prendre un risque pour un joueur qui présente quand même un certain nombre de garanties…

Résultat des courses, le LOSC évolue avec seulement deux défenseurs centraux de niveau international : Chedjou et Basa (ce dernier dont, on le sait, le physique est très fragile) un homme à tout faire, Franck Béria, qui peut dépanner à ce poste par sa vitesse et son engagement mais dont la taille (1,77m) ne l’avantage pas dans les duels aériens et qui est tout sauf un spécialiste, et un joueur, David Rozenhal, dont le LOSC n’arrive pas à se débarrasser ; et pour cause, à chacune de ses apparitions il semble postuler une place dans le bêtisier du foot de la semaine.

Un recrutement douteux

Cet épisode est révélateur de la timidité, pour ne pas dire de la pusillanimité économique qui règne autour du club depuis de nombreux mois. Depuis le doublé en 2011, le LOSC a vendu pas moins de cinq joueurs majeurs de son effectif (Cabaye, Rami, Gervinho, Sow et Hazard), bradé Obraniak, pourtant souvent décisif, à un concurrent direct qui plus est, et les a tous remplacés par des joueurs au pedigree bien moindre.

Ainsi, Pedretti, qui n’a jamais su s’imposer dans un grand club et traîne sa lenteur comme un boulet depuis le début de sa carrière, était censé éclairer le milieu de terrain en lieu et place de Yohan Cabaye. Pour ce qui est de Rami, sa place au sein de la défense lilloise est désormais propriété de Marko Basa, certes un bon joueur qui avait fait ses preuves en ligue 1 au Mans, mais qui faisait banquette au Lokomotiv Moscou lorsque le LOSC est allé le chercher. Surtout, sa résistance aux blessures qui faisait déjà débat au moment de son recrutement, lui a coûté de ne presque pas jouer la saison dernière. Moussa Sow, meilleur buteur de ligue 1 lors de la saison du titre, lui, a été remplacé par un Nolan Roux, qui fait de la peine tant il semble volontaire mais si peu en confiance ; lui aussi peine à trouver sa place sur le terrain. Pour en revenir à Eden Hazard, celui qui, à terme, pourrait s’apparenter à son (lointain) successeur, est un joueur que pas grand monde n’attendait : Ryan Mendes. Provenant tout droit de la Ligue 2, il est peut-être le seul joueur offensif de l’effectif lillois à donner l’impression de pouvoir faire des différences par sa vitesse et son explosivité.

Reste Dimitri Payet. Acheté 9 millions d’euros pour remplacer Gervinho à l’été 2011, il semble enfin s’être acclimaté à l’environnement et à la façon de jouer des Dogues. Il n’aura jamais le coup de rein de l’Ivoirien, mais sa technique et ses prises d’initiative représentent, certainement, la seule satisfaction du secteur offensif depuis le début de la saison. Le problème avec lui est qu’à chaque fois qu’il réalise une bonne prestation, le risque est grand qu’il pêche par excès de confiance lors de la rencontre suivante.

Où est passé l’argent ?

La vente des cadres précités a rapporté environ 70 millions au club, alors qu’il en a déboursé 32 pour leurs « remplaçants ». Le club a donc réalisé un bénéfice de 38 millions d’euros auxquels il faut ajouter les 15 ou 20, qu’il devrait récupérer du fait de la qualification pour la phase de poules de la Ligue des Champions. Cela représente plus de 50 millions d’euros, sans compter les recettes provenant de la billetterie et des droits TV de la Ligue 1… J’en conclus deux hypothèses : soit le club a un train de vie extrêmement dispendieux (supposons que Tulio De Melo ait le salaire d’Ibrahimovic et que le jardinier du Domaine de Luchin soit millionnaire, par exemple), soit l’objectif n’est pas d’offrir aux supporters l’équipe la plus compétitive qui soit, mais de continuer à gérer le club en Père Tranquille pour générer des bénéfices sous couvert de crise, d’appels à la prudence (pour ne pas finir comme nos amis lensois…) et de l’entrée à vigueur prochaine du Fair Play financier, qui à ce rythme-là ne risque pas de concerner le club. Le club avait certes été déficitaire ces dernières saisons, mais pas du tout dans ces proportions... Le doute sur les réelles ambitions sportives (et non simplement économiques) du club est donc permis…

http://suite101.fr/article/lambition-du-losc-en-question-14-a35533 (1/4)

http://suite101.fr/article/lambition-du-losc-en-question-34-a35530 (3/4)

http://suite101.fr/article/lambition-du-losc-en-question-44-a35529 (4/4)

À propos de l'auteur

user_images/133109_fr_allonge.jpg

JONATHAN ROHMAN-JANCOVICH

Tout juste arrivé sur suite101, je ne m'attends ni à combler ma
  • 6

    Articles
  • 1

    Séries
  • 0

    Abonnés
  • 0

    Abonnements

Poursuivez la discussion!