La bicyclette et la machine à coudre utilisent le même procédé.

C'est au 19ème siècle que bien des choses changent pour toute l'humanité: des engins améliorent la vie des hommes, comme le cycle et la machine à coudre.

Certaines machines, rêves inachevés, sont restées à l’état de projets, sous forme d’esquisses, de croquis et de maquettes oubliés au fond d’un grenier…

D’autres ont pris corps pour une durée limitée dans le temps. Mais s’il y en a deux que nous utilisons aujourd’hui encore, et même de plus en plus, à n’en pas douter, c’est bien le vélo et la machine à coudre qu’il faut nommer !

Barthélémy Thimmonier

Né en 1793 à l’Arbresle dans le département du Rhône, il veut devenir tailleur. Le métier est dur, assis à tirer l’aiguille dans des locaux froids et humides. Les conditions sont tellement mauvaises que les ouvriers s’assoient sur les tables, les jambes repliées, d’où le terme « assis en tailleur », isolant ainsi leurs pieds et le tissu de l’humidité et de la poussière.

Naissance du « métier à coudre »

C’est en étudiant le travail au crochet des brodeuses que B.Thimmonnier a pensé que c’était peut être possible de mécaniser celui de la couture. Après de nombreux essais, il parvient à intéresser un ingénieur des Mines, Auguste Ferrand. Celui-ci réalise les dessins et s’occupe de la dépose du brevet, qui fut délivré le 17 Juillet 1830, en récupérant ainsi la co-paternité.

Barthélémy Thimmonier ouvre en 1831, à Paris, le 1er atelier de confection au monde. Equipé de 86 machines, il lui permet d’avoir l’armée comme principal client, l’appareil rendant le travail six fois plus rapide et, bien sûr, moins fatiguant. Musée des arts et métiers

Son « métier à coudre » est visible à l’exposition universelle de 1855 et lui vaut les félicitations de Napoléon III.

Tout porte à croire que l’avenir va lui sourire...

Barthélémy Thimmonier, un génie non reconnu.

Il est connu que malheur des uns fait le bonheur des autres... Mais le contraire est vrai aussi.

En exécutant plus vite les travaux de couture, la machine à coudre supprimait des emplois et B. Thimmonier dut subir la colère des ouvriers qui voyaient leur gagne-pain disparaître. Il s’était aussi mis à dos tous les ateliers de confection manuelle parisiens dont il avait détourné la clientèle.

La colère grondait et a fini par éclater, l’atelier fut en grande partie détruit, une froide nuit de janvier…

Il insista et déposa d’autres brevets en 1841, 1845 et 1847, mais après bien des luttes et beaucoup de déboires, Barthélémy Thimmonier s’est éteint à Amplepuis à l’âge de 64 ans, dans la plus grande pauvreté. N’étant pas arrivé à la vendre, il ne profita jamais des bénéfices de son invention.

La machine à coudre et le cycle…

Quoi de commun entre la bicyclette, anciennement appelée vélocipède, et la machine à coudre ?

La pédale et la roue. En fait les deux systèmes sont semblables et les deux machines contemporaines.

Ce ne sont pas les seuls critères qui les rapprochent. Les fabricants sont les mêmes, Peugeot, Opel, entre autres, et les mêmes ateliers les réparent.

Leur pérennité et leur évolution se suivent également.

Depuis leur création, tous, les enfants, les adultes, ont au moins essayé une fois dans leur vie, faute de pratiquer régulièrement, l’une ou l’autre, voir les deux, de ces machines. Elles sont un des rares sujets de conversations intergénérationnelles !

Leur look, leurs prouesses techniques ont suivi le même parcours, évoluant et s’adaptant içi et là aux contraintes de fonctionnement des pays qui les ont adoptées, ou aux critères de mode du moment.

La machine à coudre et le vélo sont encore de nos jours présents de partout dans le monde, dans tous les pays, tous milieux confondus, du plus pauvres au plus riche.

Le Musée Barthélémy Thimmonier

Il se trouve à Amplepuis, là où a vécu une grande partie de sa vie et où est enterré celui qui lui a donné son nom. C’est dans la chapelle de l’ancien hopital/hospice que les objets, machines à coudre diverses datant du début de l’invention, meubles et accessoires, furent d’abord rassemblés en 1985.

En 1989 on a dû lui adjoindre la totalité de l’ancien hôpital afin d’augmenter la surface de stockage. C’est en effet cette année là que Mr et Mme Malartre (Musée de Rochetaillée) offrent la collection de cycles qui était en leur possession.

Aujourd’hui ces deux créations remarquables sont donc exposées côte à côte en ce lieu déjà plein d’histoire.

Les machines et les meubles y sont disposés selon leur évolution, des plus sommaires aux plus sophistiqués parés de fines décorations, ainsi que celles d’utilisation particulière et les autres, industrielles.

Images correspondant à machine a coudre ancienne

Des modèles concurrents, américains (Singer, Howe), créés dès 1850, viennent côtoyer les marques françaises (Peugeot, Berthier).

L’évolution des cycles a été tout aussi remarquable et rapide. Au début uniquement équipés de jantes et de rayons de bois, ils se voient attribuer un frein et une pédale sur l’axe de la roue avant.

Rapidité et confort sont traités en priorité dans tous les cas, mais quelques modèles ont des spécificités, comme le vélo-fauteuil pour les mutilés de la guerre de 14-18 ainsi que les gens du Clergé.

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De l’agréable ballade du week-end aux déplacements utilitaires, la bicyclette tient aujourd’hui, plus que jamais, une grande place dans notre vie.

Quant à la machine à coudre, avec l'esprit écologique actuel, en passe de devenir "écolo-chic", on ne va vraiment plus pouvoir s'en passer!

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