Les animaux sont de parfaits semeurs… de graines !

Toute la végétation que nous voyons autour de nous n'est pas forcément originaire du lieu, les animaux ont participé à la propagation de certaines espèces.

En manipulant ou en ingérant diverses semences, pratiquement tous les animaux aident à la sauvegarde, à la reproduction et parfois à l’amélioration de graines florales ou potagères.

Les plantes ont un lieu d’origine de prédilection

Sans l’eau et le vent, les espèces de plantes resteraient sur leur lieu d’apparition, où toutes les conditions sont réunies pour leur développement.

L’homme essaie et ne réussi pas toujours, de faire pousser des végétaux sous d’autres horizons que leur lieu d’origine.

Ce sont bien les animaux qui sont les premiers acteurs de la délocalisation des graines, souvent enrichies après être passées dans leurs intestins.

Les rongeurs sont très actifs dans la récolte des graines.

Le hamster, pas plus gros qu’un rat, réussit à transporter des dizaines de kilos de graines de divers légumes, principalement de blé, en les stockant dans ses bajoues qui lui servent de sacs.

Il ne les consommera pas toutes, certaines germeront.

D’autres animaux, comme la civette, ont un gros penchant pour les baies de caféier qu’elles consomment en grande quantité. Les graines sont rejetées dans les excréments, enrichies par cet engrais naturel.

Les écureuils font leurs emplettes en prévision de l’hiver et cachent en les enterrant, de çi, de là, des glands, des châtaignes, entre autres… Mais ils ont la mémoire courte, et oublient bien souvent ces fruits qui pourront alors germer.

Les oiseaux transportent les semences !

Collées à leurs pattes par des fientes, de la boue, les graines vont voyager, loin, très loin, et arriver bonifiées sur une terre où elles sont peut-être inconnues. Si les conditions le permettent (climat, qualité du sol) de nouveaux légumes, fruits ou fleurs verront alors le jour.

On pourrait penser que, dans ces conditions, les quantité de graines transportées sont ridiculement petites. Darwin, intéressé par la question, s’est un jour mis en tête d’analyser de la boue séchée restée collée à une patte de perdrix…

Rien que dans cette petite quantité de substrat, il a pu comptabiliser quatre vingt deux espèces de graines différentes, dont l’avoine qui y était proportionnellement plus importante ! Ebahi par cette découverte, il renouvela l’expérience sur un peu de vase prélevée dans un étang et là, ce furent plus de cinq cents espèces qu’il put décompter.

Les oiseaux migrateurs sont les rois de l’exportation des graines.

Après avoir pataugé dans les étangs, hérons et oies partent sous d’autres cieux, leurs larges pieds enduits de boue et de vase, environ 200 gr par individu. ce qui correspond à la quantité analysée par Darwin.

Les oies voyagent de la Sibérie au sud de l’Espagne, les migrations des hérons les emmènent du Nord de l’Europe jusque sous les Tropiques… On peut donc en déduire que chaque animal déplace quelques cinq cents plantes de plusieurs milliers de kilomètres !

Autre mode de transport de graines pour les oiseaux : leur jabot.

Cette fois l’animal va choisir les graines selon son goût personnel. Les geais préfèrent les glands, alors que les grives ont une prédilection pour le gui, permettant ainsi sa propagation rapide.

La grive mange le fruit blanc du gui. Celui-çi est gorgé d’un jus gluant et le bec de l’oiseau s’en trouve tout recouvert. Gêné il vole un peu plus loin, sur un autre arbre aux branches duquel il frotte son bec pour le nettoyer.

Ses frottements répétés fendillent l’écorce de son hôte et du coup des graines s’accrochent sur ce support devenu râpeux. Elles germeront en ce lieu, leurs racines pénétrant dans le tronc de l’arbre, se nourrissant de sa sève.

Les merles préfèrent les sorbiers, pour les rouges-gorges ce seront les fusains, alors que les loriots s’occuperont des cerisiers, des charmes, des hêtres. Ce ne sont que quelques exemples entre autres.

Les graines rejetées dans les excréments sont bonifiées, une aubaine pour tenter leur culture, même en un lieu improbable.

Les horticulteurs anglais tirent parti de ce fait : ils ont pour habitude de donner à manger des graines d’aubépine à des dindons. Celles qui ressortent en bon état sont récupérées, replantées, faisant gagner une bonne année sur la pousse des végétaux.

L’oiseau digère rapidement, vole encore plus vite. Les graines, souvent dans des noyaux, comme la cerise, n’ont pas le temps d’être détériorées par les sucs digestifs, sont lâchées dans la nature avec les excréments, à des dizaines, voir des centaines de kilomètres de leur lieu de prélèvement.

Ainsi, les cailles nous apportent des plantes africaines et il y a deux cents ans le Capitaine Cook sur son île du Pacifique, en chassant des pigeons, a trouvé des noix de muscades dans leur jabot alors que l’arbre dont elles sont le fruit n’existait pas en ce lieu .

Pour espérer avoir des plantes exotiques là où elles ne poussent naturellement pas, en montagne par exemple, l’astuce consiste à récupérer les excréments des faucons ou hiboux.

Ces animaux, pourtant carnassiers, transportent aussi des graines dans leurs intestins, en mangeant des oiseaux qui en ont avalées !

Les mammifères sont de grands transplantateurs.

Autrefois le crottin du cheval ensemençait les champs d’avoine… Sous les Tropiques les roussettes, chauve-souris frugivores, les singes et autres herbivores, participent ainsi à la répartition des végétaux. Les graines se déplacent aussi en s'accrochant à la toison de quadrupèdes herbivores. Près de Montpellier, depuis le XVIIIème, des lavoirs traitent des laines de moutons d'origines géographiques diverses. Des plantes sont alors apparues dans les prairies avoisinantes, inconnues jusqu'alors. (Sciences& Voyages n°71)

Images correspondant à dispersion des graines par les animaux -

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