Les Cichlidés sont très actifs, pourvus de magnifiques couleurs

Des Cichlidés dans un magasin attirent aussitôt les clients qui viennent les contempler et, ravis par leur beauté, rêvent d'en posséder.
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Les Cichlidés sont de superbes poissons. Malheureusement, ne pouvant être maintenus dans de petits volumes, les aquariophiles débutants s’en détournent et, parfois, les oublient.

Les Cichlidés, anciens poissons d’eau de mer

Mutants, leur biotope d’origine est l’eau de mer. Ils se sont adaptés à l’eau douce mais ont conservés une résistance à une certaine concentration de sel. Cela leur a permis de s’imposer dans les lacs africains dont les fonds en recèlent, comme au Tanganyika et au Malawi. Les autres espèces susceptibles de vouloir s’y introduire, n’ayant pas cette faculté, ont dû y renoncer.*

Il est conseillé d’ajouter du sel pour Cichlidés dans l’eau du bac ( www.aquariumsystems.com ), pour leur bien-être, leur résistance et leurs couleurs.

Leurs origines géographiques vont de l’Afrique à l’Amérique du Sud et pour quelques uns, l’Asie.**

Modes de reproduction des Cichlidés

Toutes espèces et origines confondues, on dénombre trois façons de se reproduire chez les Cichlidés :

  • L’incubation buccale

Ces motifs ont la couleur et la grosseur des œufs de l’espèce. Ce sont des leurres destinés à attirer la femelle. Celle-ci pond un nombre limité d’œufs variable de quelques unités à plus d’une dizaine. Pour qu’ils ne coulent pas et ne se perdent pas dans les fonds vaseux des lacs, elle les rattrape aussitôt et les garde à l’abri dans sa gueule.

Un mâle percevant son manège vient se pavaner devant elle, toutes nageoires ouvertes… La femelle voit les dessins qu’elle croit être des œufs, se précipite sur eux pour les mettre à l’abri dans sa bouche... Le mâle lâche alors sa laitance dans l’eau et celle-ci va féconder les œufs !

Les œufs, en sécurité dans la gueule de la mère, vont grossir et éclore. Pendant cette période la femelle ne peut pas manger grand chose, les œufs la gênent, surtout qu’elle garde la bouche entrouverte pour que l’eau circule et les oxygène. Le délai peut être de plusieurs semaines, selon les espèces.

Les alevins ne sortent pas tout de suite en pleine eau et, même une fois que c’est fait, au moindre danger leur mère les récupère pour les protéger et non pour les manger comme cela pourrait donner à penser en la voyant faire !

En aquarium, on peut observer que les femelles en incubation se tiennent souvent à la verticale, dans un angle protégé, la bouche à fleur d’eau : cela leur permet de capter un peu de nourriture qui flotterait, et d’oxygéner les œufs au mieux, tout en se tenant à l’abri d’éventuelles attaques.

  • La ponte sur substrat

Contrairement à l’incubation, les oeufs sont nombreux, parfois plusieurs centaines. Le mâle lâche sa laitance qui se répand dessus puis il part, très motivé, tenir les éventuels prédateurs en respect, en les empêchant d’approcher… Enfin, du moins, il essaie !

La maman reste au dessus des œufs en nageant activement sur place pour les ventiler.

Très rapidement, les alevins essaient de sortir du sac vitellin en le perçant avec leur queue. Leurs mouvements agités font que l’on a l’impression de voir des grains de sable sauter ! Toute cette activité attire aussi l’attention d’individus très intéressés pas cette nourriture juvénile et beaucoup de nouveaux nés n’iront pas plus loin.

Ce n’est pas parce qu’ils ont réussi qu’ils sont sortis d’affaire : ils sont lestés par la poche vitelline qui pend sous leur ventre et dont ils doivent absolument se débarrasser pour être en nage libre !

Pendant cette action, nombre d’entre eux vont encore perdre la vie.

Enfin en pleine eau, leur mère essaie de les tenir rassemblés autour d’elle, ce n’est pas chose facile, pendant que le père essaie de déjouer les attaques des voisins.

Bon gré, mal gré, une petite proportion de la portée arrivera à maturité.

  • Les conchylicoles

La femelle va entrer et pondre ses œufs en les plaçant dans la structure calcaire, les uns derrière les autres. Le mâle va ensuite entrer et lâcher sa laitance.

Les petits naîtront à l’intérieur de cet habitat et y reviendront, temps que leur taille le leur permettra, s’y mettre à l’abri en cas de danger.

Reconnaître l’origine des Cichlidés d’après leur anatomie

Les Cichlidés africains du Malawi ont une forme assez classique, un peu comme le poisson que les enfants dessinent, mais leurs couleurs sont chatoyantes: jaune citron, orange pulpeux, bleu métallique… Ajoutez un peu de noir velouté pour ourler les nageoires de certains, ou habiller de rayures verticales le corps de certains autres, et vous aurez déjà une bonne idée du spectacle !

Les Cichlidés africains du Tanganyika sont plus longilignes, moins « dodus », les couleurs plus neutres sont souvent noir et blanc, beige, jaune et les rayures horizontales.

Le corps des Cichlidés américains est plutôt plat et haut avec une tête massive qui représente environ un tiers de la longueur générale de l’animal.

Ils sont ornés de belles et grandes nageoires et leurs couleurs varient selon les espèces.

Très attachants dans leur comportement avec leur propriétaire, ils nécessitent, de part leur taille, de gros volumes d’eau.

Les Cichlidés en aquarium, si la population a été bien faite en terme de quantité et de cohabitation, ont une grande longévité par rapport à d’autres espèces d’eau douce. Sans doute tiennent-ils cela de leurs origines marines

* Tanganyika Cichlids (Ad Koning)

** Atlas de l’aquarium - Rûdiger Riehl Hans A. Baensch (Mergus)

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