Mike Hands : contre la déforestation due aux cultures sur brûlis

Les cultures sur brûlis continuent d'être une des principales causes de déforestation dans les forêts tropicales. Mike Hands possède peut être la solution.
26 Oct

Le principe de cette pratique remonte à la préhistoire. Il s’agit d’un système agraire qui utilise le feu afin de créer un champ. En effet, bruler permet de transférer la fertilité dans le sol. Après ce défrichement, les champs sont cultivés sur une période courte de trois à quatre ans. A l’issue de cette culture, les sols sont épuisés et la parcelle est placée en jachère forestière.

Cette pratique est utilisée par plus de 500 millions de personnes, ce qui fait d’elle le système de production agricole le plus largement utilisé en zone tropicale.

Il existe différents types de culture sur brûlis, selon les pays. Elle s’effectue le plus souvent au niveau des zones tropicales et équatoriales, où il s’agit d’une bonne adaptation à l’environnement climatiques des forêts humides.

Cependant, l’augmentation démographique dans les pays concernés par la culture sur abattis-brûlis et l’utilisation des terres pour l’élevage font que les agriculteurs ne respectent plus les 40 ans entre deux défriches, et utilisent un roulement d’une seule décennie. La forêt ne peut donc pas se régénérer. Cela implique une érosion des sols qui laisse place à des formations dégradées telle que la garrigue ou le maquis. Selon la FAO, 15 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année.

Les risques de la culture sur brûlis

Cette technique apporte au sol qu’une faible quantité de carbone initialement présent dans les arbres. Celle-ci est sous forme de charbon de bois et ne constitue que 1,7% de la biomasse forestière brulée.

De plus, du fait du défrichement régulier par le feu, l’activité microbienne et la quantité de matière organique sont diminuées. L’épuisement du sol est aussi expliqué par une carence en phosphore.

Si le système de roulement des parcelles est accéléré, la culture sur brûlis rentre dans un cercle vicieux qui amène des conséquences néfastes. En effet, les surfaces de culture n’étant pas suffisantes, il faut les augmenter soit en défrichant de nouvelles zones (rares ou peu accessibles désormais) soit en diminuant la friche forestière. Le sol n’a donc pas le temps de renouveler ses ressources et sa fertilité diminue. Cette diminution de fertilité implique une diminution du rendement qui oblige les agriculteurs à augmenter la surface cultivée et le cercle recommence.

De nombreux pays: le Salvador et la Colombie, et de nombreuses forêts: les forêts vierges du Costa Rica ou celles du Brésil, sont donc touchés par cela. Mais les conséquences ne sont pas seulement locales, l’émission de dioxyde de carbone par cette méthode et la perte des forêts influent évidemment sur le reste de la planète.

Mike Hands: scientifique essayant de faire entendre sa voix

Mike Hands est un scientifique britannique qui a décidé de s’intéresser depuis plus de 20 ans à ce problème. Il a travaillé pour cela en collaboration avec les populations locales et des ONG locales (Pico Bonito Fundacion et MOPAWI) afin de bien cerner les problèmes.

Mike Hands a finalement trouvé une solution: la mise en place d’une culture intercalaire. Il propose de planter des ingas, un arbre amazonien, entre les différentes parcelles cultivées. Une fois la plantation réalisée, la parcelle se contente d’un faible apport en engrais.

Cependant, il se heurte à de nombreux problèmes dans la réalisation de son projet. Les agriculteurs locaux d’abord, qui ne voient en premier lieu que la perte de surface cultivable dans leurs parcelles. Mais au vu des résultats lors d’essai dans certaines fermes du Honduras, les paysans, voyant les bonnes récoltes et la fertilité conservée, commencent à s’y intéresser de près. Malheureusement, son projet réclame aussi des fonds pour créer les pépinières qui permettent de produire les quantités voulues d’ingas.

Comme tout projet durable, celui de Mike Hands a du mal à prendre son essor. Malgré cela il continu à véhiculer ses idées parce que, pour lui, le principal est d’agir car «si nous ne faisons rien, nous perdrons pour toujours cette chance de sauver la forêt vierge».

Mike Hands n’est pas le seul à s’intéresser au problème de la déforestation. On pourrait s’intéresser aussi à Akira Miyawaki et sa méthode Miyawaki qui permet une restauration des sols très dégradés ou déforestés avec des arbres natifs, ou au biochar : ce charbon de bois, qui peut enrichir durablement les sols en carbone.

Sources:

- Définition de culture sur abattis-brûlis sur w ikipédia et universalis .

- Article sur Mike Hands et sa technique sur courier international .

- Article sur The Ecologist (en anglais) sur le film qui retrace le parcours de Mike Hands: Up in smokes.

- Site du festival Pariscience où le film fut projeté en octobre 2011.

Pour en savoir plus:

- Foudation INGA (en anglais).

- Site du film U p in smoke ( en anglais).

- Bande annonce du film (en anglais avec le texte)

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