JULIE WICZECK

Publié dans : Les articles Économie & Finances de Julie Wiczeck

CICE : un temps d'ajustement nécessaire

Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et choc de simplification, les réformes se succèdent sans discontinuer, sans résultat concret pour le moment.

Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et choc de simplification, le gouvernement met en place des dispositifs d'aide pour soutenir la compétitivité mais les entreprises ne s’en emparent pas forcément. Une inertie avec laquelle il faut compter.

Le premier rapport d’étape pacte pour la compétitivité avait lieu le jeudi 18 avril à Matignon. Jean Marc Ayrault et une vingtaine de ministres faisaient le point sur les 35 mesures du pacte engagées depuis début novembre après la remise du rapport de Louis Gallois. Il semblerait que l’heure de la réussite n’ait pas encore sonné.

Selon le 1er ministre, "les choses avancent mais il faut encore booster tout ça". Il a notamment regretté que crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) de 20 milliards d'euros ne soit "pas encore suffisamment utilisé alors qu'il est très efficace". "C'est facile d'usage mais ce n'est pas encore assez connu ».

Fin mars, La Banque publique d’investissement avait fait savoir que 1 300 entreprises avaient réclamé une avance de crédit d’impôt, pour 310?millions d’euros. De bien maigres demandes que le gouvernement justifie en prétextant un manque de communication.

Des causes principalement administratives

La CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises) parle d’« une usine à gaz invraisemblable au début ». Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de l’organisation patronale a fait valoir qu’il y avait eu « beaucoup d’atermoiements dans la mise en place. Ça a brouillé le message ».

Il y a effectivement eu un problème de communication, mais il n’était pas quantitatif. Le lancement du CICE s’est fait dans la cacophonie, les procédures administratives étant beaucoup trop compliquées.

Le syndicat des PME fait notamment référence à un sondage Ifop réalisé en mars pour la CGPME selon lequel 70% des chefs d’entreprise ne comptaient pas utiliser le crédit d’impôt. Il a fallu une période d’adaptation: « Il y a eu des allers-retours au début. Il fallait remplir trois formulaires. Là, ça a été catastrophique en terme d’image. On a travaillé avec le gouvernement pour simplifier. Ce qui a été fait », observe le responsable de la CGPME.

Continuer dans la voie de la simplification

M. Ayrault a fait savoir qu’il comptait préserver dans une logique de simplification en reproduisant des mesures comme celle annoncée jeudi dans Les Echos concernant la suppression de l'obligation de déclarer les comptes pour 1,4 million de très petites entreprises.

Le problème réside également sans doute dans le manque de visibilité qu’ont les entreprises sur leur situation fiscale, qui font qu’elles n’estiment sans doute pas nécessaire d’effectuer les démarches, coûteuses en temps donc en argent. Le calculateur en ligne mis en place par le syndicat des ETI, l’ASMEP-ETI, permettrait de faire le point pour un certain nombre d’entre elles.

Il fallait sans doute une période d’ajustement après cette vague de réformes plutôt lourdes. Gageons que dans quelques temps, quand les entreprises auront pris conscience de l’intérêt des outils mis à leur disposition, les résultats concrets des efforts engagés par le gouvernement se manifesteront.

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